| NY3 |
In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0
dimanche 6 novembre 2016
samedi 5 novembre 2016
Une image et des mots. L'image, c'est cette couverture d'un épisode des aventures du Club des 5, imaginées par la très prolifique Enid Blyton. Ce groupe d’amis pré-adolescents à la morale irréprochable a bercé toute mon enfance…
Et voilà que j’apprends que l’œuvre d’Enid Blyton – une œuvre que, dans les années 1930 à 1950, la BBC refuse de diffuser au motif de sa « pauvreté littéraire » – fait depuis 2004 l’objet de rééditions régulièrement « retravaillées », afin d’en supprimer tout ce qui pourrait sembler trop compliqué pour le jeune lecteur d’aujourd’hui.
Exit, par exemple, le passé simple, remplacé par le passé composé… Les phrases sont raccourcies, le vocabulaire et la syntaxe simplifiés. Ainsi, ce qui était autrefois disqualifié pour indigence littéraire, considéré comme de la mauvaise littérature enfantine, est aujourd’hui jugé trop exigeant pour le lecteur contemporain.
Pour aller avec cette illustration, j'ai choisi une célébration de l'amitié par Walt Whitman, extraite de Leaves of grass (1855)
In paths untrodden,
in the growths by margins of pond-waters,
[.....]
clear to me now standards not yet publish'd,
clear to me that my soul,
that the soul of the man I speak for rejoices in comrades...
[.....]
I proceed for all who are or have been young men,
to tell the secrets of my nights and days,
to celebrate the need of comrades.
***
Dans des sentiers non frayés,
parmi les plantes qui poussent au bord des eaux stagnantes,
[.....]
claires sont pour moi aujourd'hui des valeurs non encore proclamées,
il est clair pour moi que mon âme,
que l'âme de l'homme au nom de qui je parle trouve sa joie en des camarades.
[.....]
J'entreprends, à l'intention de tous ceux qui sont
ou ont été de jeunes hommes,
de dire le secret de mes nuits et de mes jours,
de célébrer le besoin de camarades.
À quand les Fables de La Fontaine en pictogrammes ?
Pour aller avec cette illustration, j'ai choisi une célébration de l'amitié par Walt Whitman, extraite de Leaves of grass (1855)
In paths untrodden,
in the growths by margins of pond-waters,
[.....]
clear to me now standards not yet publish'd,
clear to me that my soul,
that the soul of the man I speak for rejoices in comrades...
[.....]
I proceed for all who are or have been young men,
to tell the secrets of my nights and days,
to celebrate the need of comrades.
***
Dans des sentiers non frayés,
parmi les plantes qui poussent au bord des eaux stagnantes,
[.....]
claires sont pour moi aujourd'hui des valeurs non encore proclamées,
il est clair pour moi que mon âme,
que l'âme de l'homme au nom de qui je parle trouve sa joie en des camarades.
[.....]
J'entreprends, à l'intention de tous ceux qui sont
ou ont été de jeunes hommes,
de dire le secret de mes nuits et de mes jours,
de célébrer le besoin de camarades.
dimanche 30 octobre 2016
![]() |
| B. Buffet - Bouquet de marguerites (1957) |
« le peintre tragique de la condition humaine ».
Son style anguleux, austère et immédiatement reconnaissable lui vaut un succès fulgurant après-guerre, avant de traverser une longue période de rejet critique. En 1943, à quinze ans, il réussit le concours d’entrée à l’École des Beaux-Arts de Paris et intègre l’atelier d’Eugène Narbonne. Il a à peine vingt ans lorsqu’il connaît déjà une immense célébrité. « Ce garçon fait à vingt ans ce que je voudrais faire à mon âge », dira un jour André Derain.
Buffet sera aussi membre du groupe de l’Homme Témoin, fondé en 1948 par de jeunes peintres français désireux de défendre un réalisme social expressif face à l’abstraction triomphante.
« La peinture, disait-il, est un cri. »
Ses toiles sombres, peuplées de figures décharnées, portent la trace des ruines de la guerre. Céline, en 1952, envisage même de lui confier l’illustration d’une édition de luxe du Voyage au bout de la nuit, un projet qui ne verra finalement jamais le jour.
Je ne suis pas moi-même très friand de ses clowns tristes ni de ses paysages dépressifs – question de goût. Mais j’aime certains tableaux, comme la plupart de ses marines, quelques vues de Paris, et bien sûr ceux que je présente ici aujourd’hui.
© Veilleur de Nuit – 2016
dimanche 23 octobre 2016
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| Jules Aarons - Paris (1950s) |
La veillée du dimanche. Deux clichés du physicien et photographe américain Jules Aarons (1921-2008). Né dans le Bronx, il étudie la physique au City College de New York, puis à l’Université de Boston, avant de soutenir sa thèse de doctorat à Paris en 1953. En parallèle, il devient un expert reconnu de la propagation des ondes radio dans l’ionosphère et construit une œuvre photographique attentive aux passants anonymes, aux gestes et aux visages ordinaires du quotidien urbain. Son usage de la lumière naturelle et ses cadrages instinctifs produisent une photographie très spontanée.
Contrairement à d'autres photographes de rue de son époque qui documentent la misère ou la détresse, il préfère montrer la dignité et l’élan des communautés qu'il photographie : des enfants qui jouent, des adultes qui discutent sur les trottoirs, des scènes de marché… Un regard proche du réalisme humaniste.
Ses images font aujourd’hui partie des collections permanentes de grandes institutions comme la Bibliothèque nationale de France, le Museum of Fine Arts de Boston et le MoMA de New York. Elles dessinent le portrait d’une Amérique populaire d’après-guerre, faite de vie de quartier et de liens communautaires, et conservent la trace de lieux aujourd’hui disparus ou profondément transformés.
© Veilleur de Nuit – 2016
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