In girum imus nocte et consumimur igni

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samedi 3 septembre 2016

Kevin McCollum - Black sheep, Isle of Lewis
Une image et des mots. Ce cliché de Kevin McCollum me rappelle une scène du film de La vie de Brian, évoquée par ailleurs dans l'ouvrage La vie liquide (2005) du sociologue Zygmunt Bauman, dont je me risquerai à recommander la lecture.

Brian, le héros du film des Monty Python, furieux d'avoir été proclamé messie, et poursuivi où qu'il aille par une horde d'adorateurs, s'efforce, mais en vain, de convaincre ses poursuivants de cesser de se comporter comme un troupeau de moutons et de se disperser.

"Vous êtes tous des individus!" leur hurle-t-il.
"Nous sommes tous des individus!" répondent en choeur les adeptes, comme prévu.
Seule une petite voix objecte: "Pas moi...". Brian essaie un autre argument. "Vous devez être différents!". Et le choeur de confirmer frénétiquement : "Oui, nous sommes tous différents!".
Là encore, une seule voix objecte ! "Pas moi....". Entendant cela, la foule, furieuse, cherche le dissident à lyncher, à condition de le trouver dans la masse des sosies.

dimanche 28 août 2016

E.D.O. - Femme en robe verte (1912)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre autrichien Erwin Dominik Osen (1891-1970), proche compagnon d'Egon Schiele - à qui il servira également de modèle -, au sein du Neukunstgruppe (groupe art nouveau), et avec qui il signera le manifeste de la rupture avec l'Académie.
Le père de Erwin Olsen meurt avant sa naissance, et sa mère est une descendante de l'écrivain autrichien Adalbert Stifter, une des figures littéraires majeures de la période Biedermeier.

E.D.O. - Paysage au soleil (1914)
Osen entre à l'âge de six ans à l'école de ballet de l'Opéra de Vienne, où Gustav Mahler le remarque et prend en charge son éducation ; il bénéficiera ainsi de l'enseignement privé d'Alfred Roller, un membre du mouvement de la Sécession viennoise, et plus tard de celui de Gustav Klimt.
Osen étudie ensuite à l'Académie des Beaux-Arts de Vienne dans la classe de Christian Griepenkerl, où il rencontre Egon Schiele. Il sera avec lui, en 1909, l'un des cofondateurs du Neukunstgruppe. De leur rencontre naît une amitié marquée par une intense collaboration : Osen pose pour plusieurs dessins de Schiele, tandis que Schiele exécute de saisissants portraits de lui, dans un style épuré et tendu. Osen lui-même développe une œuvre où se mêlent inspiration expressionniste et regard attentif sur les personnes qu’il dessine ou qu'il peint ; il y a dans ses portraits, au crayon ou à l'aquarelle, un vrai sens des attitudes et des expressions. Peu connu de son vivant, Erwin Osen a surtout été redécouvert grâce aux recherches sur Egon Schiele, qui ont révélé le talent discret de cet artiste de la Vienne en pleine effervescence du début du XXᵉ siècle.

JM2
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dimanche 21 août 2016

Paul Rockett - Glenn Gould's hands (1956)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe de mode canadien Paul Rockett (1920-2010). Il quitte l'école à treize ans et commence à travailler comme office boy puis dans la chambre noire du Toronto Star, avant de rejoindre la Royal Canadian Air Force comme photographe.
Dans l'Europe des années 40 un nouveau courant s'affranchit des poses statiques sous les spotlights. Rockett sait alors tirer partie des progrès technologiques pour renouveler la photo de mode, où le modèle sera saisi dans des attitudes et des mouvements naturels.

P.R. - Leonard Cohen (1979)
Voici les mains de Glenn Gould de qui il était le photographe préféré parce que le seul à ne pas lui parler de musique.
Glenn Gould n'aimait pas le public (comme entité bien sûr, pas les individus qui le composent), et il aurait voulu que l'on interdise les applaudissements et toute manifestation d'enthousiasme de sa part.... Le propos de l'art, disait-il, n'est pas (de provoquer) la libération d'une soudaine décharge d'adrénaline, mais plutôt la construction lente, tout au long d'une vie, d'un état d'émerveillement et de sérénité.
Le beau portrait de Leonard Cohen était la photo favorite d' Eve Rockett, son épouse.
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dimanche 14 août 2016

O.B. - Portrait de deux filles (1896)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres d'Olga Boznanska (1865-1940), personnalité marquante de la peinture polonaise de la fin du XIXᵉ et du début du XXᵉ siècle. Formée à Munich dans les écoles privées de Karl Kricheldorf et Wilhelm Dürr (les femmes n’étaient pas admises à l’Académie des Beaux-Arts), elle s’installe à Paris en 1898 et se consacre surtout aux portraits et aux scènes intimistes. Contrairement aux impressionnistes auxquels on l’a parfois associée, elle utilise volontiers le noir et des couleurs sourdes, peint presque toujours en atelier et privilégie l’analyse psychologique à la capture d’un instant fugitif.
O.B. - Dans l'orangerie (1890)

Le portrait le plus célèbre de Boznanska est sans doute La jeune fille aux chrysanthèmes, mais celui-ci me semble tout aussi intense, peut-être même plus énigmatique. Quant à cette jeune fille dans une orangerie, le critique William Ritter, dans un article de 1896 pour la Gazette des Beaux-Arts, l’avait rapprochée de Serres chaudes, un recueil de poèmes publié en 1889 par Maeterlinck.
                                               O serre au milieu des forêts !
Et vos portes à jamais closes !
Et tout ce qu'il y a sous votre coupole !
Et sous mon âme en vos analogies !

Shellie Garber - Still waters (2025) Une image et des mots. Un tableau de l'artiste américaine Shellie Garber.