In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 10 juillet 2016

Eamonn Doyle - série End (2016)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés de Eamonn Doyle (b. 1969), icone de la photographie de rue irlandaise. Né à Dublin, il obtient en 1991 son diplôme de photographie à l’Institute of Art, Design and Technology (IADT) avant de consacrer vingt ans au développement de la scène musicale indie de sa ville comme fondateur du label D1 Recordings et du Dublin Electronic Arts Festival (DEAF). Il revient à la photographie en 2008, concentrant son regard sur les rues du Nord de Dublin.

E. Doyle - série End (2016)
La photographie de Doyle, à la croisée de l’expérience musicale, des textes de Beckett dont il se réclame et de la grande tradition de la street photography (Klein, Levinstein, Moriyama), fait de lui un héraut contemporain de ce genre, où l’image seule, sans texte, parle de la ville et de ses habitants, de leurs mouvements et de leur présence.
Cent ans après l'insurrection de Pâques, le soulèvement qui allait mener l'Irlande vers l'indépendance, il livre une série de clichés pris dans l'artère dublinoise où tout a commencé. C'est là, sur O'Connell Street, que le 24 avril 1916 Pádraig MacPiarais a lu la déclaration d'indépendance de la République d'Irlande.

dimanche 3 juillet 2016

A. Frahm - Falling panties serie (1950)

Le vide-grenier du dimanche. Deux illustrations de l'américain Art Frahm (1906-1981), fortement influencé par Haddon Sundblom, dont il fut l’assistant (voir publication du 27/12/2015). Né à Chicago, il étudie à l’Art Institute de Chicago avant de s’installer à New York, où il devient illustrateur commercial et publicitaire. Frahm se spécialise dans des scènes de genre légères et humoristiques, toujours avec une attention méticuleuse aux détails et à la couleur.
Il est particulièrement célèbre pour ses « ladies in distress » : des jeunes femmes dont la jupe se soulève malencontreusement, dans un mélange d'érotisme suggestif et de comédie légère.
Ces compositions, très stylisées, témoignent de l’esthétique populaire américaine de l’après-guerre et de la culture pin-up.

A. F. - Traveling hobo serie
La première illustration en est un exemple ; elle appartient à sa très célèbre - et joliment sexiste - série Falling panties, où de ravissantes demoiselles perdent leurs dessous dans toutes sortes de situations de la vie ordinaire, le plus souvent, comme ici, embarrassées par leur sac de courses d'où émerge immanquablement une branche de céleri.
La seconde fait partie de sa tout aussi sympathique série Traveling Hobo, qui met en scène les tribulations d'une joyeuse bande de vagabonds à travers la pimpante Amérique des années 50.

samedi 2 juillet 2016

VC Ferry - New York (2013)
Une image et des mots. Un cliché du photographe new-yorkais VC Ferry. Les mots pour l'accompagner sont un poème de Bukowski, The laughing heart.

your life is your life
don't let it be clubbed in dank submission.
be on the watch.
there are ways out.
there is light somewhere.
it may not be much light but
it beats the darkness.
be on the watch.
the gods will offer you chances.
know them,
take them.
you can't beat death but
you can beat death in life, sometimes,
and the more often you learn to do it,
the more light there will be.
your life is your life.
know it while you have it.
You are marvelous
the gods wait to delight 
in you.

AO3
ICI

dimanche 26 juin 2016

T. Roberts - Twenty minutes past three (1900)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre britannique Thomas William Roberts (1856-1931), naturalisé australien et figure centrale de l’École de Heidelberg, mouvement fondateur de l’impressionnisme australien. Il ne faut pas le confondre avec l'irlandais Thomas Roberts, peintre paysagiste du 18ème.
Natif de Dorchester, dans le Dorset, Tom Roberts arrive à Melbourne à l'âge de 13 ans mais il retourne plus tard en Angleterre, de 1881 à 1884, pour y étudier la peinture à la Royal Academy de Londres.
Il voyage également en Espagne et en France où il découvre l'Impressionnisme qu'il va introduire en Australie.
T.R. - Shearing the rams (1890)

De retour à Melbourne en 1885, il fonde à Box Hill, dans le bush australien, la première communauté d'artistes avec Frederick McCubbin ; par la suite, il se joindra à Charles Conder et Arthur Streeton, qui feront tous deux l'objet de futures publications. Shearing the rams (ci-contre), qui célèbre la vie rurale dans le bush australien, fait partie de ses toiles les plus emblématiques. We went to the bush and, as was always our ambition, we tried to get it down as truly as we could.

dimanche 19 juin 2016

Émile Savitry - Sam Granowsky (1930s)

Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe et cinéaste Émile Savitry (1903-1967), figure discrète mais essentielle de la photographie humaniste française et témoin des heures chaudes de Montparnasse. On lui doit un regard unique sur la vie nocturne parisienne des années 30 et 40, et plus largement sur l’art et la culture française.
Formé aux Arts décoratifs de Valence, Savitry s’installe à Paris dans les années 1920, d’abord comme peintre surréaliste.
Sa première exposition à la galerie Zborowski, introduite par Louis Aragon en 1929, le propulse… puis l’inquiète, au point qu’il s’embarque pour la Polynésie.

E.S. - Nu à l'oreiller (1950s)
À son retour, une simple image captée sur un bateau fantôme séduit le cinéaste Murnau et l’oriente définitivement vers la photographie.
Il débute dans les années 30 pour le magazine Vu, avant de travailler en indépendant pour diverses publications.
Montparnasse devient son pays : ses cafés (Le Dôme, La Rotonde, La Coupole), ses ateliers, ses nuits. Il y photographie Giacometti dans son atelier, Neruda ou Prévert en confidence, les artistes, les musiciens...
Artiste polyvalent, Savitry s’est aussi exprimé par la peinture, la sculpture et la poésie. Ci-dessus, j’aime particulièrement ce portrait pris dans les années 30 à La Rotonde, à Paris : il s’agit du peintre d’origine ukrainienne Samuel Granowsky, que je présenterai prochainement.