| TT2 |
In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0
dimanche 29 mars 2015
samedi 28 mars 2015
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| Untitled |
Une image et des mots. J'ignore de qui est cette photo, sa date et son contexte.
Les mots sont un passage du roman de Carson McCullers, La ballade du café triste.
Toute la journée, c'est le bruit des pioches dans la terre glaise, le soleil implacable, l'odeur de transpiration. Et chaque jour, c'est la musique. Une voix sombre amorce une phrase, à peine modulée, comme une question qu'elle pose. Bientôt, une seconde voix la rejoint, et peu à peu le groupe entier se met à chanter. Voix sombres dans l'incendie doré du soleil, inextricablement fondues, musique déchirante et joyeuse à la fois. Et voici qu'elle prend de l'ampleur. Une ampleur si vaste qu'elle semble ne plus venir des douze hommes, mais de la terre elle-même ou de l'immensité du ciel. Musique qui force le coeur à s'ouvrir. Celui qui l'entend demeure figé de stupeur et d'émerveillement. Peu à peu, elle va s'éteindre. Il n'y aura plus qu'une voix solitaire, comme un long soupir enroué, et le soleil, et le bruit des pioches dans le silence.
Quelle sorte de groupe peut ainsi donner souffle à une si belle musique ? Simplement douze mortels, sept Noirs et cinq Blancs du comté. Simplement douze condamnés à mort enchaînés l'un à l'autre.
dimanche 22 mars 2015
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| Arthur Leipzig - Rain (1945) |
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe documentaire américain Arthur Leipzig (1918-2014), qui a consacré une grande partie de son œuvre à la vie urbaine de New York au cours de la première moitié du XXe siècle. Originaire de Brooklyn, il commence la photographie en 1941 en rejoignant la Photo League, un collectif engagé dans la documentation sociale et urbaine. Sous la direction de Sid Grossman, il découvre notamment le travail de Paul Strand et de W. Eugene Smith.
Leipzig saisit la ville dans toute sa vitalité quotidienne : les enfants qui jouent dans les rues, les promeneurs à Coney Island, les travailleurs sur le pont de Brooklyn...
Ses photographies mêlent le regard documentaire à une poésie discrète.
Il photographie l’ordinaire, les petits moments de la vie quotidienne, avec une attention particulière aux gens et à ce qui se passe autour d’eux.
Dans l'introduction de son ouvrage Growing up in New York (1995), il confie :
« The city was my home. As I look back at the work I did during that period I realize that I was witness to a time that no longer exists, a more innocent time. [.....] Of course the "good old days" were not all sweetness and light. There was poverty, racism, corruption, and violence in those days, too, but somehow we believed in the possible. We believed in hope.»
En 1955, Arthur Leipzig est invité à participer à la monumentale exposition d'Edward Steichen au MoMA – ensuite itinérante – The Family of Man, ce qui constitue une reconnaissance majeure de son travail.
dimanche 15 mars 2015
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| Joaquín Sorolla - Cosiendo la vela (1896) |
À 15 ans, il entre à l’Académie des Beaux-Arts de San Carlos, avant de poursuivre ses études à Madrid, Rome et Paris. Loué pour son art de la lumière et son emploi virtuose du blanc, ce que l’on a appelé le luminisme de Sorolla, il disait :
« Je hais l'obscurité. Je suis d'accord avec Monet quand il dit que la peinture en général n'est pas assez lumineuse. Mais nous, les peintres, nous ne pouvons pas reproduire la lumière du soleil telle qu'elle est vraiment. Je ne peux que m'approcher de sa vérité. »
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| J.S. - Otra Margarita (1892) |
On trouve dans ses nombreuses toiles méditerranéennes, comme la célèbre Promenade sur la plage (1909), conservée au musée madrilène qui lui est consacré, l’éclat de cette lumière qu’il poursuit toute sa vie. Sorolla considère Velázquez comme son maître et est également influencé par John Singer Sargent ou Anders Zorn.
Mais avec Otra Margarita, c'est un tout autre univers, celui d'une peinture « sociale ». Dans ce tableau, qui lui vaut une grande réputation aux États-Unis après avoir été primé à Chicago en 1893, Sorolla montre une scène à laquelle il aurait assisté dans un compartiment de troisième classe du train reliant Madrid à Valence : une jeune femme, une prisonnière escortée par deux gardes civils, prostrée par la honte ou le découragement. Une Margarita, en argot de Valence, c'est une prostituée. C'est aussi le prénom de la jeune mère infanticide séduite par Faust.
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