In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 10 novembre 2013

Ata Kandó - Venezuela (1965)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés de la photographe néerlandaise d'origine hongroise Ata Kandó (b.1913), au parcours aussi romanesque que ses images. Formée au graphisme à Budapest, elle s’initie à la photographie auprès de Klára Wachter, Mariann Reismann et József Pécsi. Dans les années 1930, elle s’installe à Paris avec son mari, le peintre Gyula Kandó, mais la guerre les contraint à retourner en Hongrie. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle et son mari participent à la Résistance, cachant des Juifs et fournissant de faux papiers, ce qui leur vaudra plus tard, en 1998, la distinction de Juste parmi les Nations

A.K. - Self portrait (c.1935)

Après la guerre, elle retourne à Paris et travaille pour l’agence Magnum, où elle rencontre Robert Capa et Ed van der Elsken (voir septembre 2012) dont elle sera brièvement l'épouse après que le rideau de fer se soit abattu entre elle et son mari revenu en Hongrie.
Elle se spécialise alors dans la photographie de mode, tout en réalisant des séries plus personnelles, notamment avec ses enfants comme modèles. Son livre Droom in het woud (1957) mêle rêve et réalité dans une mise en scène poétique de l’enfance.
C'est à l'occasion d'un voyage à Caracas qu'elle découvre en 1961 l'Amazonie vénézuélienne où elle reviendra quatre ans plus tard pour y réaliser une série de portraits comme celui de cette jeune fille Yekuana, une ethnie du Haut-Orénoque géographiquement voisine des Yanomamis. « Peu importe où j’ai été dans le monde, j’ai toujours eu le sentiment que lorsque je ne prenais pas de photos, je perdais mon temps »
DY1
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dimanche 3 novembre 2013

Victor Brauner - Nepotopen (1945)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre français Victor Brauner (1903-1966). D'origine roumaine, il sera l'un des des membres de l'importante communauté intellectuelle de ses compatriotes à Paris : Brâncusi, Ionesco, Eliade, Cioran, Tzara ...

V. Brauner - Portraits (1954)
Formé à l'École des beaux-arts de Bucarest de 1919 à 1921, d'où il est exclu pour ses œuvres jugées trop provocantes, Brauner commence à exposer dès 1924. Il publie cette même année le manifeste de la picto-poésie, une tentative originale d'unir formes géométriques et lettres manuscrites ou tracées au pochoir.
En 1930, il s'installe à Paris, où il rencontre André Breton et rejoint le mouvement surréaliste en 1933. Dès lors, il va développer un univers peuplé de figures hybrides, mi-hommes mi-animaux, traversé de symboles ésotériques puisés dans l'alchimie, le tarot et la kabbale.
La peinture, ayant surgi des régions les plus profondes de mon instinct, fait également appel à l'instinct... , une sorte de communication sans préjugés. Le sujet du tableau est totémique ; la peinture est donc magique, elle établit des relations incantatoires et directes avec les plus grandes rêveries, rêveries primitives et matérielles.
CB1

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samedi 2 novembre 2013

Arianna Arteaga Quintero - Amazonas
Une image et des mots. L'image est une photo prise en Amazonie par la vénézuélienne Arianna Arteaga, au coucher du soleil. Ce massif à droite, c'est le Cerro Autana, "le tronc de l'arbre des fruits de la terre", la montagne sacrée des indiens Piaroas. L'atteindre n'est pas très difficile : une journée en gros de navigation sur l'Orénoque en pirogue motorisée ou en voladora depuis le port de Samariapo, lui-même à une heure de route environ au sud de Puerto Ayacucho.
Puis on s'engage sur le rio Sipapo, et enfin sur le rio Autana, en remontant une succession quasi ininterrompue de rapides.
À partir de la communauté piaroa de Mapuei il y a une jolie balade de quelques heures à faire dans la jungle, par des voies assez escarpées, jusqu'à atteindre le sommet du Cerro Guahari puis, de là, le Raudal de Seguera, un torrent qui - à un certain endroit - dévale une roche lisse sur une bonne centaine de mètres jusqu'à une piscine naturelle en pleine jungle.
Ses eaux fraîches sont une bénédiction après quelques heures de grimpette, et c'est un coin excellent pour la capture des mygales qui y abondent.

Les mots qui suivent sont extraits de Minima Moralia, réflexions sur la vie mutilée (1951), de Theodor Adorno.
"Rien faire comme une bête, se laisser aller au fil de l'eau et regarder tranquillement le ciel ; rien de plus, sans autre détermination ni désir d'accomplissement. [.....] De toutes les notions abstraites, aucune ne se rapproche autant de l'utopie réalisée que celle de paix éternelle."
MO2

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Shellie Garber - Still waters (2025) Une image et des mots. Un tableau de l'artiste américaine Shellie Garber.