In girum imus nocte et consumimur igni

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samedi 17 mars 2012

Terence Davies - Of time and the city (2008)
Une image et des mots. L'image est tirée du film Of time and the city, le documentaire qu'a consacré le réalisateur Terence Davies à sa ville, Liverpool.
Les mots sont extraits du petit essai publié par Pierre Bergounioux chez Fata Morgana, avec des illustrations de Joël Leick : Les restes du monde (2010).

La face du monde a été bouleversée, voilà deux siècles, par les initiatives conjointes d'entrepreneurs anglo-saxons protestants et d'intellectuels français radicaux. Les uns ont inventé l'économie en vue du profit, introduit le calcul des chances pacifiques de gain pécuniaire dans l'activité productive, les autres institué l'égalité formelle assortie à l'exploitation rationnelle du travail salarié. La révolution industrielle pouvait commencer.
[.....]
L'activité sacrilège qui a éventré la terre pour en extraire le combustible et les minerais, lancé vers les cieux les hauts fourneaux et les cheminées, oppose à la destruction, à l'oubli, la même ténacité qu'elle a mise à asservir l'étendue, la matière. Trente ans après le démantèlement de la sidérurgie, le paysage se souvient. Le souvenir occupe le terrain, se confond avec lui parce que, à la différence des champs, du frêle habitat paysans, des temps agraires, la révolution industrielle a mordu profondément dans la chair du monde, opposé à la nature une culture matérielle qui lui empruntait sa roideur, sa puissance, ses permanences, [.....] De là ces aires fantomatiques, ces édifices blêmes, lavés de leur suie et de leur crasse par les pluies, rendus au vide et au silence mais non au néant.
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dimanche 11 mars 2012

Victor Hugo - Ma destinée (1867)
Le vide-grenier du dimanche. "En art point de frontière", disait Victor Hugo. Voici deux dessins parmi les plus de 4000 qu'il a réalisés, le plus souvent sur papier au stylo et à l'encre noire délavée.
"L'encre, cette noirceur d'où sort une lumière" (Océan, Oeuvres posthumes)

V.H. - Paysage avec 3 arbres (1850)





Ces dessins, où l'imagination pour s'exprimer est délivrée des contraintes de l'écriture, Victor Hugo les faisait disait-il "à des heures de rêverie presque inconsciente, avec ce qui restait d'encre dans ma plume".
Restés de son vivant dans le cercle des intimes, ils n'ont été portés à la connaissance du public qu'après sa disparition.
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dimanche 4 mars 2012

Wallace Berman - 7 (1965)

Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres de l'artiste plasticien américain Wallace Berman (1926-1976), associé à la Beat Generation et à la scène artistique californienne des années 1950 et 1960.
Né à Staten Island, New York, mais installé très tôt en Californie, Berman développe une œuvre très personnelle mêlant collages, photographies, objets récupérés et fragments typographiques. Passionné de musique, de poésie, de spiritualité et de cultures marginales, il fréquente les milieux beat et fonde Semina, une revue artisanale et expérimentale où paraissent notamment William S. Burroughs, Allen Ginsberg ou Michael McClure.

W.B. - See you soon (1965)

The creative act is a way of reclaiming our humanity, of asserting our freedom, of expressing our deeper truths.
Sa série la plus connue, les collages Verifax, est composée de montages photographiques reproduits grâce à un procédé proche de la photocopie. On y retrouve souvent une main tenant un petit transistor dont l’écran montre des images énigmatiques. Ces compositions étranges et répétitives mêlent éléments de pop-culture, références mystiques et langages codés ; en voici un exemple.
Longtemps resté en marge du monde officiel de l’art, Wallace Berman a exercé une influence importante sur toute une contre-culture artistique américaine.
KS1

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