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| PS2 |
In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0
samedi 18 juin 2011
dimanche 12 juin 2011
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| Paul Klee - Conte de Fées (1929) |
La veillée du dimanche. Deux œuvres du musicien suisse Paul Klee (1879-1940). C’est une boutade. À moitié.
Klee a appris le violon dès l’enfance et a longtemps hésité entre une carrière musicale et la peinture. Même après avoir choisi cette dernière, il continuera à jouer toute sa vie, notamment en musique de chambre avec sa femme Lily, pianiste.
La musique n’est donc pas seulement une influence parmi d’autres dans son œuvre : elle en est une sorte de structure intérieure. Klee cherche à transposer dans la peinture le rythme, la mesure, les répétitions, les variations et la polyphonie. Certains de ses tableaux sont construits presque comme des partitions.
J’ignore pourquoi précisément, mais sa peinture me fait souvent penser à la musique de Philip Glass.
Est-ce que j’ai pour la première fois entendu Metamorphosis II en regardant un de ses tableaux ? C’est possible, je ne m’en souviens pas.
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| P.K. - Comédie (1921) |
À Munich, Paul Klee se rapproche de Kandinsky et du groupe Der Blaue Reiter, puis il découvre à Paris, en 1912, les recherches de Robert Delaunay sur la couleur. Mais c’est surtout son voyage en Tunisie, en 1914, avec August Macke et Louis Moilliet, qui va bouleverser sa manière de peindre. La couleur cesse peu à peu chez lui de servir simplement à représenter ce qu’il voit. Elle devient une matière à organiser, à faire dialoguer, comme les voix d’une composition musicale.
À partir de 1921, Klee enseigne au Bauhaus, d’abord à Weimar puis à Dessau. Il y développe ses recherches sur la couleur et la construction du tableau, tout en continuant à puiser dans la musique et dans le théâtre. Car ses recherches sur la musique ne relèvent pas simplement d’une comparaison de vocabulaire : au Bauhaus, il réfléchit réellement à la manière de transposer en peinture la polyphonie, le rythme et la mesure. Ses figures de théâtre, ses masques et ses personnages témoignent aussi de son intérêt pour la scène.
À partir de 1921, Klee enseigne au Bauhaus, d’abord à Weimar puis à Dessau. Il y développe ses recherches sur la couleur et la construction du tableau, tout en continuant à puiser dans la musique et dans le théâtre. Car ses recherches sur la musique ne relèvent pas simplement d’une comparaison de vocabulaire : au Bauhaus, il réfléchit réellement à la manière de transposer en peinture la polyphonie, le rythme et la mesure. Ses figures de théâtre, ses masques et ses personnages témoignent aussi de son intérêt pour la scène.
Il y a chez Paul Klee une idée très forte : « L’art ne reproduit pas le visible, il rend visible. »
Cette phrase, tirée de sa Schöpferische Konfession de 1920, résume assez bien son projet.
Comme Glass, Paul Klee est pour moi un créateur d’atmosphères. Une narration sans récit. Chez l’un comme chez l’autre, il est question de répétitions, de déplacements et de petites variations, parfois imperceptibles… Mais là s’arrêtent pour moi les rapprochements que je peux raisonnablement faire entre ces deux artistes que j’aime vraiment beaucoup. Ne sutor ultra crepidam, comme disait Apelle…
© Veilleur de Nuit – 2020
dimanche 5 juin 2011
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| A. Dove - The critic (1925) |
La veillée du dimanche. Deux oeuvres de l'américain Arthur Dove (1880-1946), considéré comme l’un des pionniers de l’abstraction aux États-Unis. Né à Canandaigua, dans l’État de New York, il étudie au Hobart College puis à Cornell University avant de se consacrer à la peinture.
Lors d'un séjour en France, il découvre les avant-gardes européennes et notamment le fauvisme de Matisse.
De retour aux États-Unis, il devient l’un des artistes les plus proches du photographe et galeriste Alfred Stieglitz, qui l’expose dès 1910 dans sa galerie « 291 ».
Ses tableaux, aux formes simplifiées et aux couleurs très libres, s’inspirent souvent de la nature : le vent, les arbres, l’eau, la lumière ou les changements de saison.
« Nature is not only what is visible to the eye - it also shows the inner images of the soul - the images on the back side of the eye.»
La nature est donc pour lui bien plus que ce que l’œil peut voir. Sa peinture, influencée aussi par la musique et la poésie, cherche moins à représenter ce qui nous entoure qu’à traduire ce qu’il en ressent. On pense parfois, devant ses tableaux, à d'autres grands modernistes américains comme Georgia O’Keeffe ou Marsden Hartley (voir publication du 9/08/2009).
samedi 4 juin 2011
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| Man Ray |
Une image et des mots. L'image est une oeuvre de Man Ray, les mots sont quelques lignes de la Psychologie des foules (1895) de Gustave Le Bon.
Aussi est-ce une bien inutile banalité de répéter qu'il faut une religion aux foules. Les croyances politiques, divines et sociales ne s'établissent chez elles qu'à la condition de revêtir toujours la forme religieuse, qui les met à l'abri de la discussion. L'athéisme, s'il était possible de le faire accepter aux foules, aurait toute l'ardeur intolérante d'un sentiment religieux, et, dans ses formes extérieures, deviendrait rapidement un culte. L'évolution de la petite secte positiviste nous en fournit une preuve curieuse. Elle ressemble à ce nihiliste, dont le profond Dostoïevski nous rapporte l'histoire.
Éclairé un jour par les lumières de la raison, il brisa les images des divinités et des saints qui ornaient l'autel de sa petite chapelle, éteignit les cierges, et, sans perdre un instant, remplaça les images détruites par les ouvrages de quelques philosophes athées, puis ralluma pieusement les cierges.
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