In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 8 juin 2008

J. Vermeer - Petite rue (1657)

Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres de Johannes Vermeer (1632-1675), poète de la lumière et de l'intimité, disait Marcel Proust, maître aussi éblouissant que parcimonieux du Siècle d'or néerlandais, et sur qui n'écrire que quelques lignes est une gageure.

J.V. - Vue de Delft (1660)

Deux scènes d'extérieur, malgré la tentation de publier au moins l'une de ces merveilles que sont la laitière, l'astronome, le géographe, ou encore le verre de vin.... La paix suave et délicate qu’expriment les intérieurs de Vermeer, écrit Mikel Dufrenne dans sa "Phénoménologie de l'expérience esthétique", elle n’est pas contenue entre ces murs où le tableau l’enferme, elle peut rayonner sur une infinité d’objets absents, elle compose le visage d’un monde qu’elle est en puissance. Et c’est pourquoi nous pourrons la retrouver ailleurs, lorsque nous reviendrons au réel, dans la douceur d’un paysage, dans la sérénité d’un visage, n’importe où.
Ce sera donc pour une prochaine fois...

samedi 7 juin 2008

Guy Le Querrec - Palais des Congrès (1979)
Une image et des mots.
Aristote, dans La Métaphysique, aborde la distinction entre l'audible et l'inaudible.

Le son est ce qui tombe sur l'oreille.
Le sonore est donc audible. Ce qui n'a pas cette qualité est inaudible. Mais le son est sensible à l'ouïe, et l'ouïe est la faculté de percevoir le son. Il en est de même pour l'odorat, le goût, le toucher. Le sensible, c'est ce qui peut être perçu par les sens, et le sens est la faculté qui le perçoit.
Ainsi l'audible et l'inaudible sont déterminés par notre faculté à percevoir le son.

Dans cet extrait, Aristote souligne la relation étroite qui existe entre les sens et le monde qui nous entoure, ainsi que l'importance de nos facultés sensorielles dans notre compréhension de la réalité. Ce qui est inaudible ne peut être perçu par notre ouïe, mais cela ne signifie pas que cela n'existe pas. Cette réflexion peut s'étendre à d'autres aspects de la réalité qui échappent à notre perception, et souligne l'importance de reconnaître les limites de notre connaissance.
Maurice Merleau-Ponty, dans sa Phénoménologie de la perception (1945), traite aussi de cette distinction entre l'audible et l'inaudible, et souligne le rôle crucial de la perception subjective dans notre compréhension et notre interprétation du monde.
RB1

ICI

dimanche 1 juin 2008

George Tooker - Jukebox (1953)

Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre américain George Tooker (b.1920), un artiste emblématique dont l’œuvre s’inscrit à la croisée du réalisme magique et d’une réflexion profondément humaniste.
À la Art Students League of New York, Tooker suit l'enseignement de Reginald Marsh et Kenneth Hayes Miller - tenants de ce que l'on appelle le Réalisme Social américain, mais il se dit autant inspiré par les maîtres de la Renaissance que par des courants modernistes.
Il a développé une esthétique à la fois intemporelle et profondément introspective ; ses œuvres, généralement réalisées à la tempera sur bois, sont marquées par une grande minutie technique et une luminosité douce et éthérée.

G.T. - Government Bureau (1956)
Les thèmes abordés par Tooker oscillent entre l'aliénation urbaine, les angoisses existentielles et les questions sociales. Des tableaux comme The Subway (1950) ou ici Government Bureau (1956) traduisent un malaise collectif, explorant l'isolement et la bureaucratie oppressante à travers des compositions où des figures humaines anonymes évoluent dans des environnements froids et labyrinthiques. À l'inverse, des œuvres plus spirituelles ou symboliques, comme The Waiting Room, évoquent des états émotionnels universels, mais toujours chez lui empreints de mystère et de métaphysique.
My art is an attempt to transform a reality that I consider tragic into an image of beauty.

dimanche 25 mai 2008

Algernon Newton - The house by the canal (1945)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres de l'anglais Algernon Cecil Newton (1880-1968), d'abord formé à la Franck Calderon's School, spécialisée dans la peinture animalière, puis à la London School of Art.
En 1903, Newton fait sa première apparition à la Royal Academy. Cependant, sa carrière est mise en suspens par la Première Guerre mondiale et une pneumonie sévère qui l’oblige à quitter Londres. Il s’installe alors dans les Cornouailles, où il demeure jusqu’à son retour en 1919. 

A.N. - The Surrey Canal (1935)


Formé à la peinture en plein air, Newton mesure les limites de sa technique, et il entreprend pour progresser de se replonger dans l’étude des maîtres anciens. C’est en observant de près les œuvres de Canaletto à la National Gallery qu’il trouve sa véritable inspiration, et à partir des années 1920, il va se spécialiser dans les représentations de canaux et de l’architecture des quartiers populaires de Londres ; le vif succès qu'elles rencontrent vont lui valoir le surnom de "Canaletto de Regent’s canal".
La beauté est partout, il suffit de la chercher. Un gazomètre peut donner une aussi belle image qu'un palais sur le Grand Canal de Venise. Cela ne dépend que de l'oeil de l'artiste.
GL1

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samedi 24 mai 2008

Monty Python - Ministry of Silly Walks
Une image et des mots. Voici ce qu'en 1833 Sophie Gay écrivait dans sa "Physiologie du ridicule".

"Vu des hauteurs de la philosophie, le ridicule est le lien le plus solide de tous ceux qui unissent les hommes : c'est la seule réciprocité constante, inaltérable, à l'abri des caprices du coeur et des faiblesses de l'esprit. Les exemples d'amitié héroïque que nous ont transmis les anciens ne sont rien en comparaison de l'attachement dévoué de deux êtres enchaînés par le plaisir sans cesse renaissant de se dénigrer l'un l'autre. Avec quelle gaieté ils se bafouent, se taquinent, se trahissent ! quitte à se battre ensuite avec le mauvais plaisant qui rit des travers qu'ils dénoncent !"

O.S. - Nature morte (2015) Une image et des mots. " L’escargot est naturellement héroïque, disait Alexandre Vialatte, car il ne recule...