In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 11 mai 2008

R.S. - Le balayeur de la rue Visconti (1935)
La veillée du dimanche. Deux clichés du français Roger Schall (1904–1995). Je ne connaissais de lui qu'un nom, vaguement associé à la photographie de mode.
C'est un livre publié en 2005, consacré à ses photographies de Paris sous l'Occupation, qui me l'a véritablement fait découvrir. Actif dès l’entre-deux-guerres, Schall est pourtant l’un des photographes les plus prolifiques de son temps. En 1931, il fonde avec son frère, à Montmartre, un atelier qui devient rapidement une agence de presse.

Roger Schall
Le marché aux timbres, av. Matignon
(1940)
Il photographie Paris sous tous les angles, de jour comme de nuit, mais aussi les grandes figures de son temps : Colette, Coco Chanel, Matisse, Marlène Dietrich ou Blaise Cendrars, qu'il accompagne lors du voyage inaugural du Normandie. Il révèle aussi le modèle Assia, figure marquante du nu des années 1930, et entre dans le milieu de la mode après avoir été introduit chez Vogue en 1934.
Son œuvre se situe à la croisée de deux courants qui marquent l'entre-deux-guerres : la modernité de la Nouvelle Vision et de la Nouvelle Objectivité, , avec leurs cadrages audacieux et leur goût de la photographie "pure", mais aussi un regard plus simple, plus direct, attentif aux gens et à la vie quotidienne, qui annonce parfois la photographie humaniste. Même lorsqu'il répond à des commandes, il conserve cette manière discrète de regarder.
Il est aussi l'un des rares à avoir photographié Paris sous l'Occupation. Il cache alors ses négatifs, qui ne seront redécouverts que plusieurs décennies plus tard – notamment dans ce livre grâce auquel je l'ai découvert à mon tour.

TW1
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dimanche 4 mai 2008

Ch. Levier - Vase à la fenêtre
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre franco-américain Charles Levier (1920-2003). Il entre à dix-sept ans à l’École nationale des Arts décoratifs à Paris, mais la guerre interrompt ses études.
Engagé en Afrique du Nord, il sert comme agent de liaison entre l’armée française et les services américains, sa maîtrise de l’anglais jouant alors un rôle décisif.
Après le conflit, il ne reprend pas le chemin de l’école.
Il s’installe aux États-Unis tout en conservant des liens étroits avec la France. Sa première exposition personnelle a lieu en 1949, à la galerie Constantine de Lyon ; l’année suivante, une exposition à Los Angeles rencontre un succès immédiat.
Charles Levier - Sans titre

En 1955, il est remarqué par le galeriste new-yorkais Dr Lilienfeld, qui contribue largement à faire connaître son travail auprès des collectionneurs américains. Il expose également à Paris, mais c’est surtout aux États-Unis qu’il connaît la reconnaissance, porté par l’intérêt du public et des collectionneurs.
En France, l’accueil est plus réservé. Son style figuratif, qui emprunte au cubisme tout en restant lisible,et son optimisme discret nourri par l’imaginaire du cinéma hollywoodien, trouvent moins d’écho dans une époque où l’abstraction occupe une place centrale dans la vie artistique.
J'aime beaucoup sa peinture, sa façon d'épurer les formes tout en gardant intact leur pouvoir d'évocation : ses personnages, ses cafés, ses scènes urbaines semblent appartenir à une mémoire heureuse, entre réalité et souvenir.

NC1
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samedi 3 mai 2008

W. Reed - Shoeing a horse (1921)

Une image et des mots. Pour célébrer la Fête du travail, j'ai choisi ce beau cliché du photographe écossais William Reed. J’ai toujours admiré ceux qui travaillent de leurs mains, en partie parce que j’associe le travail manuel à un travail bien fait, ce qui est bien sûr abusif…
Le poème, Le forgeron, est de Émile Verhaeren.

Sur la route, près des labours,
le forgeron énorme et gourd,
depuis les temps déjà si vieux, que fument
les émeutes du fer et des aciers sur son enclume,
martèle, étrangement, près des flammes intenses,
à grands coups pleins, les pâles lames
immenses de la patience.

Il n'y a pas de cafard, disait Cioran, qui résiste au travail manuel.

BP2

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E.L. - Les travaux aux champs (1918) La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre belge Eugène Laermans (1864-1940). J’ai eu plusieurs fo...