In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 19 janvier 2020

M.B. - The daydreamer (1931)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe mexicain Manuel Àlvarez Bravo (1902-2002), considéré comme l'une des figures fondatrices de la photographie moderne mexicaine. Autodidacte, il débute dans les années 1920 et s'impose rapidement comme l'un des grands représentants de la photographie latino-américaine.
Ami de Diego Rivera et de Frida Kahlo, proche d'Edward Weston et de Tina Modotti, il puise son inspiration dans l'histoire, les traditions et les imaginaires de la culture populaire mexicaine, tout en restant attentif à ce qui se fait ailleurs dans l'art de son temps.
M. Bravo (1934)

C'est sans doute ce qui explique les rapprochements fréquents avec le surréalisme auquel pourtant Álvarez Bravo n'a jamais adhéré, pas plus qu'à aucune autre chapelle. Le surréalisme, dans son cas, est moins une filiation qu'un regard porté après coup sur son œuvre profondément mexicaine...
On a aussi souvent parlé à son propos de "photopoésie". Le terme me paraît finalement plus juste que celui de photographe surréaliste auquel on l'a parfois réduit. Ses images ne quittent jamais le réel ; elles en révèlent simplement les résonances les plus discrètes.
« Je ne cherche pas la réalité, disait-il, mais l’écho poétique qu’elle contient. »
Une jeune fille pensive appuyée à une rambarde, une baigneuse dans un courant d'eau claire... Le poète Matthew Zapruder parle d' "unsayability", ces moments où une œuvre atteint une limite où les mots cessent d'être suffisants. C'est ce que j'éprouve devant certaines images d'Álvarez Bravo : elles ne livrent pas une histoire, elles ouvrent une possibilité.

SA1 ICI