In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 3 avril 2016

A. Altdorfer - Suzanne au bain (1526)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre et graveur Albrecht Altdorfer (1480-1538), figure de proue de l’« école du Danube » et de la Renaissance allemande. Moins connu aujourd'hui que Dürer ou Baldung Grien, il participe avec eux et quelques autres à l’illustration des marges du Livre d’Heures de l’empereur Maximilien d’Autriche. Proche des cercles humanistes il a aussi illustré d'aquarelles Vita Federici et Maximiliani de Josef Grünpeck (auteur par ailleurs d'un fameux traité sur la "mentulagre").
A.A. - Départ de Saint Florian
(c.1516)

Plutôt que son Adoration des Mages ou sa monumentale Bataille d'Alexandre à Issos – qui mêle vision cosmique et miniaturisme extrême –, j'ai choisi son Départ de Saint Florian et surtout l'épisode biblique de Suzanne au bain, tiré du Livre de Daniel : l'histoire d'une jeune femme accusée d'adultère par deux vieillards auxquels elle se refuse, et qui pour se venger cherchent à la faire condamner à mort.

dimanche 23 mars 2014

J-B. Santerre - Suzanne au bain
(1704)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du "Corrège français", le très réputé - en son temps - portraitiste Jean-Baptiste Santerre (1651-1717), actif à la charnière du règne de Louis XIV et de la Régence, et connu pour son art de fondre le portrait, la peinture d’histoire et la scène de genre dans une même élégance. Élève de Bon Boullogne, il entre à l’Académie royale en 1704 avec un Suzanne au bain resté célèbre, où le nu féminin emprunte autant aux canons classiques qu’à une sensualité plus intime, presque galante.

J-B.S - Jeune fille lisant une lettre
à la bougie (c.1700)
C'est cette interprétation de l'épisode biblique de Suzanne et des vieillards libidineux - dont je publierai un jour prochain la version d'Albrecht Altdorfer - que j'ai choisi de présenter aujourd'hui (ci-dessus).
Sans doute son tableau le plus connu... mais je lui préfère le second : une jeune fille lisant une lettre à la lueur d'une bougie. À sa mise, on imagine qu’elle s’est relevée, une fois la maison endormie, pour la lire et la relire. Elle sourit : ce sont des mots d’amour.

Peter Turnley - New York (2013) Une image et des mots. Un cliché du photographe américain Peter Turnley, et quelques vers d'Emma Lazaru...