In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 4 janvier 2026

Ragnar Axelsson - Faces of the North
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe islandais Ragnar Axelsson (b.1985), déjà présenté en décembre 2019. Photoreporter depuis la fin des années 1970 pour le quotidien islandais Morgunblaðið, c’est dans ce contexte qu’il commence à travailler, très tôt, dans les régions arctiques. Il n’y va pas ponctuellement : il y retourne, encore et encore, pendant des décennies. Aujourd’hui encore, il poursuit un projet au long cours consacré aux populations des huit pays de l’Arctique.

R.A. - Behind mountains
Son noir et blanc tient lieu de méthode. Il ne cherche pas l’effet ni la dramatisation : il réduit l’image à l’essentiel, pour rendre lisibles des situations complexes – le travail, la chasse, les déplacements, la relation aux animaux, à la glace, au vent. Les chiens de traîneau, par exemple, ne sont jamais des symboles : ils sont des partenaires de travail, au cœur d’un mode de vie menacé par la transformation rapide de l’environnement.
Axelsson a vu les paysages changer, les saisons se dérégler, les pratiques se raréfier. Il photographie ça sans commentaire, en restant au plus près des personnes concernées. Ce que ses images enregistrent, c’est un monde en train de disparaître sous nos yeux.

samedi 3 janvier 2026

KA3

ICI

I.A.
Une image et des mots. Un buste de femme "en marbre polychrome" faussement attribué à Francisco Laurana (1430-1502). Cette image est en réalité une création de l'intelligence artificielle.
Et pour l'accompagner, un court poème de René Char, La passante de Sceaux, extrait de Les Matinaux (1950).

Mèches, au dire du regard,
Désir simple de parole ;
Ah ! jongle, seigneurie du cou
Avec la souveraine bouche,
Avec le bûcher allumé
Au-dessous du front dominant.

J'aimerais savoir vous mentir
Comme le tison ment aux cendres,
Mèches, qui volez sans m'entendre
Sur le théâtre d'un instant.
VB2

ICI

dimanche 28 décembre 2025

L.S. - Manhole, Times Square, NY (1954)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe américain Louis Stettner (1922-2016).
Né à Brooklyn dans une famille juive ashkénaze d’origine autrichienne, il découvre très jeune la photographie à travers les revues du début du XXᵉ siècle, notamment Camera Work. Cette découverte le convainc que la photographie peut être autre chose qu’un simple usage domestique. Il commence alors à photographier sérieusement, encouragé par ses parents.
À New York, dans les années 1930 et 1940, il fréquente des photographes engagés comme Berenice Abbott, Lisette Model ou Weegee, et reçoit l’attention de figures comme Alfred Stieglitz et Paul Strand.

L.S. - On a ferry, Holland (1958)
Après la guerre, une série réalisée dans le métro new-yorkais attire l’œil de Sid Grossman et l’amène à la Photo League, où il rencontre Willy Ronis. C’est dans ce contexte qu’il découvre Paris, où il s’installe en 1947.
Entre New York et Paris, Stettner photographie la rue, le travail, les déplacements, sans chercher l’événement. Il reste fidèle au noir et blanc et à une pratique directe, nourrie par le temps long et les allers-retours entre les deux villes. Cette constance, peu spectaculaire, a sans doute tenu son œuvre à distance des effets de mode. Elle lui donne aujourd’hui une unité rare, faite de situations simples, regardées sans distance ni commentaire.

samedi 27 décembre 2025

Alan Maley - Untitled
Une image et des mots. L'illustrateur anglais Alan Maley (1931-1995) est une référence dans le monde du cinéma pour son travail sur les effets spéciaux, en particulier avec le procédé de la peinture sur cache ou matte painting. Mais aujourd'hui, c'est sa peinture de la Belle Époque (ou de l'époque édouardienne selon qu'on se place du côté français ou du côté britannique) que je veux mettre à l'honneur.

Et pour aller avec, je pense à ces quelques mots de Jean-Michel Maulpoix, extraits de Pas sur la neige (2004) : Nous ne sommes que pas sur la neige, empreinte légère, fugace, brouillée souvent, mais brillante, puisque le poids de notre corps comprime en cristaux la précaire poudre de ce monde.

O. Redon - Cinq papillons (1912) Le vide-grenier du dimanche. Deux œuvres du peintre et graveur français Odilon Redon (1840–1916), figure s...