In girum imus nocte et consumimur igni

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samedi 29 mars 2025

John Brack - Collins St., 5 pm
Une image et des mots. Une oeuvre du peintre australien John Brack (1920-1999), membre du groupe des Antipodeans, déjà présenté en mars 2008.
Pour l'accompagner, un extrait de "Psychologie des foules" (1895), de Gustave le Bon (1841-1931).

Les civilisations n'ont été créées et guidées jusqu'ici que par une petite aristocratie intellectuelle, jamais par les foules. Les foules n'ont de puissance que pour détruire. Leur domination représente toujours une phase de barbarie. Une civilisation implique des règles fixes, une discipline, le passage de l'instinctif au rationnel, la prévoyance de l'avenir, un degré élevé de culture, conditions que les foules, abandonnées à elles-mêmes, se sont toujours montrées absolument incapables de réaliser.
Par leur puissance uniquement destructive, elles agissent comme ces microbes qui activent la dissolution des corps débilités ou des cadavres. Quand l'édifice d'une civilisation est vermoulu, ce sont toujours les foules qui en amènent l'écroulement. C'est alors qu’apparaît leur principal rôle, et que, pour un instant, la philosophie du nombre semble la seule philosophie de l'histoire.
BS9

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dimanche 23 mars 2025

Roger Shall - Le Normandie (1935)
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe français Roger Schall (1904-1995), déjà présenté en mai 2008 avec Le balayeur de la rue Visconti et Le marché au timbres de l'avenue Matignon.
Voici donc deux nouvelles images, prises la même année, que je n’ai pu m’empêcher de rapprocher : d’un côté, le Normandie, paquebot emblématique de l’entre-deux-guerres, dont Schall photographie le voyage inaugural aux côtés de Blaise Cendrars (voir ma première publication) ; de l’autre, une vue du Normandy, restaurant parisien aujourd’hui disparu.

R.S. - Le Normandy (1935)
Deux lieux de passage, deux expressions d’une certaine idée de l’élégance française – flottant pour l’un, bien ancré rive droite pour l’autre –, mais aussi deux façons de raconter une époque par ses façades, ses volumes, ses reflets. Deux lieux très différents, mais où Schall nous montre plus qu’une architecture : une atmosphère, une manière de vivre. Le Normandie et le Normandy sont des symboles de prestige, mais ces deux photographies montrent aussi les imaginaires qu’ils portent : une confiance dans la modernité, une certaine idée du progrès et de la France des années 1930.
ZS1

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dimanche 16 mars 2025

R. Rowland - Night shift (1984)
La veillée du dimanche. Deux œuvres de l'artiste britannique Rob Rowland (b.1939), dont le travail est profondément lié aux paysages et au patrimoine industriel du Royaume-Uni.
Né et élevé dans les Midlands, il grandit dans un décor de rues pavées, de réverbères à gaz, de canaux et de viaducs ferroviaires : un environnement dont il conservera toute sa vie la mémoire visuelle. Après avoir travaillé dans les effets spéciaux, les affiches de cinéma et le graphisme, il se forme au Gloucestershire College of Arts & Technology avant de devenir graphiste indépendant. Son passage dans une brasserie nationale, où il conçoit des enseignes traditionnelles de pubs, participe sans doute aussi à son goût pour ces images familières de la culture britannique.
R.R. - Stanier and Issigonis

C’est en 1985, lors du 150ᵉ anniversaire du Great Western Railway, qu’il découvre une véritable passion pour l’univers ferroviaire et, plus largement, pour les traces d’un monde industriel en voie de disparition.
À partir de 1991, il se consacre entièrement à la peinture. Son œuvre s’élargit alors aux paysages marins et aux scènes de la vie quotidienne, nourrie par l'influence d’artistes victoriens et post-impressionnistes comme John Singer Sargent, Lamorna Birch ou Stanhope Forbes, figures majeures de l’école de Newlyn.
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C.C. - All on a summer's day (1888) La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre anglais Charles Conder (1868-1909), qui fut, avec To...