In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 16 mars 2025

R. Rowland - Night shift (1984)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres de l'artiste britannique Rob Rowland (b.1939), dont le travail plonge ses racines dans le patrimoine industriel et paysager du Royaume-Uni.
Né et élevé dans les Midlands, il grandit dans un décor de rues pavées, de réverbères à gaz, de canaux et de viaducs ferroviaires — un univers qui nourrira durablement son imaginaire.
Très tôt attiré par les arts visuels, il explore divers métiers : effets spéciaux, affiches de cinéma, art commercial. Après un passage dans un atelier de restauration, il étudie au Gloucestershire College of Arts & Technology, puis devient graphiste indépendant avant de rejoindre le département artistique d’une brasserie nationale, où il conçoit des enseignes traditionnelles de pubs.

R.R. - Stanier and Issigonis
C’est en 1985, à l’occasion du 150ᵉ anniversaire du Great Western Railway, que naît sa fascination pour la représentation du monde ferroviaire et, plus largement, pour le patrimoine industriel britannique. À partir de 1991, il se consacre entièrement à sa carrière d’artiste. Son œuvre s’élargit alors aux paysages marins et aux scènes de la vie quotidienne, sous l’influence d’artistes victoriens et post-impressionnistes tels que John Singer Sargent, Lamorna Birch ou Stanhope Forbes, figures majeures de l’école de Newlyn.

dimanche 9 mars 2025

A.M. - Vieux coeur de frêne
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe français Albert Monier (1915-1998), l’un de ces artistes dont l’œuvre a profondément marqué son époque sans obtenir la reconnaissance qu’elle méritait.
Né dans une famille modeste, il grandit entre l’Auvergne et la Normandie, où ses parents s’installent après la Grande Guerre. Rien ne le prédestinait à la photographie, qu’il découvre enfant au contact de ses cousins agriculteurs.
À dix ans, il observe déjà le monde avec curiosité ; il s’essaie à l’aquarelle, puis, à dix-huit ans, acquiert ses premiers appareils et commence à photographier son Auvergne natale – la rudesse des terres, la dignité des visages.
Il n'y avait pas besoin de moi pour montrer les gens importants. J'ai fait le contraire, je me suis fait grandir avec des gens humbles.
A.M. - Prolongement

Après la guerre, Monier part au Maroc, où il perfectionne son art entre 1948 et 1950 : il y capte la vie quotidienne et les traditions locales avec une sensibilité à la fois documentaire et poétique. De retour en France, il s’installe à Paris et photographie les quais de Seine, les ruelles, les figures anonymes, en cherchant toujours à révéler l’âme cachée des lieux et des gens, dans une capitale à la fois vivante et mélancolique.
Mais Albert Monier comprend que la photographie peut être un art à la fois intime et universel. Pour la partager, il choisit un médium inattendu : la carte postale. Ce geste, révolutionnaire à sa manière, rend son œuvre accessible à tous. Ses images, aux compositions soignées et aux titres poétiques, tranchent avec les clichés touristiques de l’époque. Plus de 80 millions de cartes postales seront diffusées à travers le monde – un succès populaire immense.
Et pourtant, malgré ce succès planétaire, Albert Monier ne connaîtra jamais la reconnaissance du monde de la photographie ; lorsqu'il s’éteint en 1998, c'est dans une relative indifférence.
PF1

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samedi 8 mars 2025

Suffragette-defaced penny (1913-14)
Une image et des mots. À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, voici un symbole méconnu de la lutte suffragiste : le Suffragette-defaced penny (ou penny altéré par les suffragettes). Il s'agit d'une pièce de monnaie britannique du début du XXe siècle, modifiée par des militantes de ce mouvement d'émancipation pour promouvoir leur cause.
Elles gravaient ou estampillaient des slogans comme celui-ci sur des pennies en cuivre, transformant ainsi un objet du quotidien en un outil de propagande politique.
Cette pratique visait à contourner la censure et à diffuser leur message de manière discrète mais efficace, puisque ces pièces continuaient à circuler dans la population. C’était un acte de protestation symbolique, qui exprimait la détermination des suffragettes à obtenir le droit de vote malgré la répression gouvernementale.
Et pour aller avec, j'ai choisi quelques vers du chant de ralliement de Winifred Banks, dans le merveilleux film de Robert Stevenson pour les studios Disney : le chef-d'oeuvre Mary Poppins.

"Well done, Sister Suffragette!"
From Kensington to Billingsgate
One hears the restless cries!
From ev'ry corner of the land:
"Womankind, arise!"
Political equality and equal rights with men!
Take heart! For Missus Pankhurst has been clapped in irons again!
No more the meek and mild subservients we!
We're fighting for our rights, militantly!
Never you fear!
So, cast off the shackles of yesterday!
Shoulder to shoulder into the fray!
Our daughters' daughters will adore us
And they'll sing in grateful chorus
"Well done! Well done!
Well done Sister Suffragette!"
GJ1

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dimanche 2 mars 2025

W.M. Chase - Meditation (1886)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres de l'américain William Merritt Chase (1849-1916), figure majeure de l’impressionnisme outre-Atlantique et membre du groupe des Ten American Paintersfondé en réaction au mercantilisme de la Society of American Artists.
Né dans l’Indiana, Chase manifeste très jeune un talent précoce pour la peinture qu’il étudie d’abord auprès de deux artistes locaux, Jacob Cox et Barton Hays, avant de partir à New York en 1869. Élève à la National Academy of Design de Joseph Oriel Eaton, puis de Lemuel Wilmarth – lui-même ancien élève du français Jean-Léon Gérôme et fondateur de la Art Students League of New York – il perfectionne sa formation à Munich et en Italie, où il assimile les leçons des maîtres européens.

W.M. Chase - A city park (1887)
De retour aux États-Unis, il devient une figure essentielle de la scène new-yorkaise – professeur admiré, influent, et peintre célébré pour ses intérieurs lumineux, ses scènes de plein air et ses portraits d’une grande élégance.
Il comptera parmi ses élèves Edward Hopper, Georgia O’Keeffe, Charles Sheeler, et Rockwell Kent.
Ce beau pastel, Méditation, est un portrait de son épouse.

dimanche 23 février 2025

G. Cummins - Toronto (2022)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe irlandais Gary Cummins, déjà présenté en décembre 2023, et dont je sais toujours aussi peu. Deux images où la ville apparaît sous un prisme à la fois irréel et cinématographique.
Dans la première, le brouillard dense et la lumière incandescente donnent à la scène une dimension presque dystopique : on y devine une ville en expansion, comme avalée par ses propres constructions, dans une atmosphère à la fois apocalyptique et futuriste.

G.C. - Toronto (2020)
La seconde image repose sur un contraste d’éclairages : la lumière froide des néons des tours s’oppose aux reflets chauds des lampadaires et des vitrines. Cette tension colore toute la composition — entre la froideur de l’environnement et une vitalité discrète, presque souterraine. Au centre, la silhouette d’un passant paraît absorbée par la perspective, perdue dans cette géométrie urbaine qui attire le regard vers le point de fuite. On pense à certaines scènes de films noirs ou de récits cyberpunk : la ville y devient décor et personnage à la fois, miroir d’un monde où l’humain semble encore résister, minuscule mais présent.

B. Fleetwood-Walker - Amity (1933) Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre britannique Bernard Fleetwood-Walker (1893-1965), f...