In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 8 janvier 2023

David Gentleman
Primrose Hill under snow (1968)

La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre et illustrateur anglais David Gentleman (b.1930). 
Formé à la St Albans School of Art puis au Royal College of Art de Londres auprès d’Edward Bawden et de John Nash, il est devenu l’une des grandes figures de l’illustration britannique du XXᵉ siècle.
Artiste d’une étonnante polyvalence, il a travaillé l’aquarelle, la lithographie, la gravure sur bois, mais aussi la peinture murale - comme en témoigne la frise monumentale de la station de métro de Charing Cross (Northern Line), réalisée en 1978, où il retrace la construction de la croix médiévale d’Eleanor dans une suite d’images gravées à la manière d’une bande dessinée.
D.G. - Suffolk garden under snow
(2020)

Né à Brentford, dans l’ouest de Londres, dans une famille d’artistes écossais, il s’est très tôt intéressé aux liens entre dessin, mémoire et observation : « Dessiner les choses les rend plus réelles et me rend plus vivant. Cela m’aide à retenir ce qui, sans cela, se dissoudrait dans la mémoire – paysages, saisons, visages, moments. »
Tout au long de sa carrière, David Gentleman a mis son art au service de sujets très variés : paysages britanniques, affiches engagées, campagnes environnementales, commandes publiques et illustrations de livres. Dessiner n’est pas seulement représenter : c’est une manière de regarder plus longtemps et de mieux retenir ce qui pourrait disparaître.

JM1

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samedi 7 janvier 2023

Jeune mère Yanomami
Une image et des mots. L'auteur de ce cliché m'est inconnu, les mots sont du psychiatre et psychologue des profondeurs suisse Carl Gustav Jung (1875-1961), pour qui tous les organismes partagent un même "substrat universel" d'où naissent toutes les pensées et toutes les émotions.

À mesure que la connaissance scientifique progressait, le monde s'est déshumanisé. L'homme se sent isolé dans le cosmos, car il n'est plus engagé dans la nature et a perçu sa participation affective inconsciente, avec ses phénomènes. Et les phénomènes naturels ont lentement perdu leurs implications symboliques. Le tonnerre n'est plus la voix irritée d'un dieu, ni l'éclair son projectile vengeur. La rivière n'abrite plus d'esprits, l'arbre n'est plus le principe de vie d'un homme et les cavernes ne sont plus habitées par des démons. Les pierres, les plantes, les animaux ne parlent plus à l'homme et l'homme ne s'adresse plus à eux en croyant qu'ils peuvent l'entendre. Son contact avec la nature a été rompu, et avec lui a disparu l'énergie affective profonde qu'engendraient ses relations symboliques.
C.G. Jung, L'Homme et ses symboles (1961).

EN2

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dimanche 25 décembre 2022

Anton Pieck
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre et illustrateur néerlandais Anton Pieck (1895–1987).
Son univers, imaginaire et familier à la fois, est fait d'images aux couleurs douces, d'aimables scènes d'une vie quotidienne rêvée. Inspirées de l'Europe ancienne, elles semblent venues d’un autre temps - ruelles pavées, vitrines d'autrefois, marchés enneigés, artisans penchés sur leur ouvrage. C'est un monde de lenteur et de paix où – comme l'aurait dit Bachelard –, « une lueur d'éternité descend sur la beauté du monde. »
 
A.Pieck - Gebakkraam
Formé au dessin académique, Pieck commence comme professeur d'art avant de se consacrer à l'illustration. Il met d'abord son trait précis au service des classiques – Gulliver, les frères Grimm –, puis développe dès les années 1920 un style immédiatement reconnaissable : minutieux, chaleureux, doucement mélancolique, mais profondément enraciné dans l'imaginaire populaire.
Ce sont les images merveilleuses – dont on goûte chaque détail – des beaux livres de contes pour enfants qui se feuillettent avec eux devant la flambée. Mais quelle heure est-il à l'horloge du grand beffroi ? Et qui, en France, éditera enfin l'œuvre féerique d'Anton Pieck ?

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