| ST1 |
In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0
dimanche 17 octobre 2021
dimanche 10 octobre 2021
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| F. McCubbin - The letter (1884) |
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre australien Frederick McCubbin (1855-1917), un des cofondateurs de la Heidelberg School (voir sept. 2016), - qu’on appelle aussi l’impressionnisme australien.
Le courrier, missive officielle ou billet doux, est un motif récurrent dans l'histoire de la peinture. Forcément illisible pour le spectateur (ou le "regardeur" comme disait Marcel Duchamp), la lettre consacre l'intime ; elle est un élément empli de mystère dont le sens, le contenu, restent à deviner dans l'attitude de celui ou celle qui en prend connaissance, dans l'expression de son visage, ou dans le contexte de sa lecture....
De celle qui donne son titre à ce tableau, décachetée ou relue au cours d'une promenade solitaire, on a envie d'imaginer qu'elle porte un message intime, et qui s'adresse au coeur de cette élégante jeune femme.
Le second tableau, lui, montre un swagman, un de ces travailleurs saisonniers itinérants qui parcouraient l'Australie pendant les grandes périodes de crise économique. Leur baluchon roulé dans la toile qui leur servait aussi de couche (the swag ou bedroll) évoque une vie rude, libre et précaire, comme celle des hobos américains chantés plus tard par Woody Guthrie.
dimanche 3 octobre 2021
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| K. Sluban - Lettonie (2002) |
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe franco-slovène Klavdij Sluban (b.1963). Né à Paris, il passe son enfance dans un petit village slovène avant de revenir en France pour ses études. Titulaire d’une maîtrise de littérature anglo-américaine, il séjourne un an en Italie grâce à une bourse d’agrégation.
Il se passionne pour la photographie dès l’adolescence, qu’il apprend en autodidacte, avant d’effectuer un stage de tirage noir et blanc chez Georges Fèvre, le tireur de Cartier-Bresson, Koudelka, Doisneau et Lartigue.
Installé quelque temps avec sa famille dans la campagne slovène, il traduit de la poésie avant de devoir repartir à cause de la guerre en Yougoslavie et de la sécession de la Slovénie. De retour en France, il décide de se consacrer entièrement à la photographie.
Installé quelque temps avec sa famille dans la campagne slovène, il traduit de la poésie avant de devoir repartir à cause de la guerre en Yougoslavie et de la sécession de la Slovénie. De retour en France, il décide de se consacrer entièrement à la photographie.
Cherchant à comprendre ce qui se passe dans son pays d’origine, il repart vers les zones de combat - sans y prendre de clichés :
« Je voulais comprendre, mais je n’ai pas compris pourquoi un homme saisit un fusil et court tuer son voisin. Parce que c’était ça, la guerre en Yougoslavie, déclarée un beau jour, par une belle matinée ensoleillée. Voilà. Je n’étais pas reporter de guerre. Il y avait certaines photographies que je pouvais faire, et d’autres que je ne pouvais pas. » (in La nouvelle chambre claire). Photographe indépendant, sac au dos, sans agence ni production, Sluban voyage seul - à l’exception d’un périple dans les Balkans avec François Maspéro -, privilégiant l’expérience à la recherche du sensationnel :
« Ce qui est important pour moi dans la photo, c’est la trace qu’elle laisse en moi. »
En 1995, il anime un atelier au Centre des jeunes détenus de Fleury-Mérogis et invite Henri Cartier-Bresson à l’exposition du travail réalisé ; celui-ci viendra à plusieurs reprises encourager les participants. Cette expérience marque le début d’un long engagement : Sluban mènera par la suite des ateliers photo pour jeunes détenus dans de nombreux pays de l’ex-URSS et en Serbie, mais aussi en Irlande, au Guatemala et au Salvador auprès des gangs de maras.
samedi 2 octobre 2021
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| Maarten van Heemskerck - Geometry (16e) |
Une image et des mots.
En contemplant cette oeuvre du maître hollandais Maarten van Heemskerck (1498-1574), qui nous donne à voir deux hommes prenant la mesure du monde, pourrait nous venir l'image plus prosaïque de deux maquignons qui évaluent d'un bestiau ce qu'il pourra leur rapporter.
Les mots pour l'accompagner sont extraits de l'ouvrage de Riccardo Petrella, Le bien commun - Éloge de la solidarité, traduit et publié en France en 1996.
Selon les Nouvelles Tables de la Loi, le monde est composé d'une série de marchés à conquérir. Le monde n'est pas composé de sociétés, de populations ayant une histoire, une culture, des besoins, des projets. Avant la société, c'est le marché qui compte. [....]
Alors que l'on cherche à éduquer nos sociétés à privilégier un développement durable (sustainable development) sur le plan environnemental et social, l'économie, elle, obéissant à la culture de la conquête, affirme qu'il n'y a pas de durabilité possible : ce qui compte, c'est gagner maintenant.
[....] Le nouveau monde mondialisé est surtout considéré comme un ensemble d'espaces de nouveaux gisements de richesses à exploiter. Le "village global" est ressenti et vécu surtout en tant que nouveau terrain d'affrontement entre les meilleurs candidats au pouvoir mondial. [....] Une nouvelle génération de conquérants est née. (En son sein), les financiers (et les industriels qui poursuivent davantage une stratégie financière) constituent une catégorie à part. Dans leur cas, en général, la culture de la conquête se transforme en une logique de prédation...
[....] La prédation ne crée pas de richesse. Elle ne fait que la prendre là où elle est. Elle a pris l'ampleur qu'on lui connaît suite à la vague de libéralisation des mouvements de capitaux qui a déferlé sur le monde dans les années 80 ; à l'abandon des mécanismes de contrôle public sur les capitaux ; à l'existence de 37 paradis fiscaux dans plusieurs régions du monde, et au maintien du secret bancaire.
[....] La culture d'un peuple est devenue également un marché comme les autres, et donc un marché à conquérir ...
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