In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 4 octobre 2020

A. Patjane - Free Tibet (2011)
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe mexicain Anuar Patjane (b.1981), diplômé en anthropologie et plongeur sous-marin. Deux expériences qui nourrissent un travail situé à la rencontre du monde naturel et des sociétés humaines. Sa photographie la plus connue, Whale Whisperers, qui montre des plongeurs face à une baleine à bosse et son petit, lui a valu une reconnaissance internationale.
A.P. - Antartica (2015)

Mais au-delà des images sous-marines, Patjane développe également un travail documentaire consacré aux communautés autochtones du Mexique, aux cultures et aux paysages qui façonnent notre rapport au monde. Sa formation en anthropologie n'est sans doute pas étrangère à cette attention portée aux liens entre les êtres, les cultures et les territoires.
Le premier cliché appartient à sa série Mahabharat, réalisée en 2011 dans un centre pour réfugiés tibétains à Darjeeling, en Inde. Le second est extrait de sa série Antarctica (2015).
Deux univers très différents, mais une même curiosité pour les êtres et les lieux. Le travail de Anuar Patjane est à découvrir [ICI].
 © Veilleur de Nuit – 2020

CR2

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samedi 3 octobre 2020

A. Allori - Charybde et Scylla (1575)
Une image et des mots. Cette représentation du voyage d'Ulysse, quand six de ses compagnons sont dévorés dans le détroit de Messine par le monstre Scylla, est une des fresques du maniériste italien Alessandro Allori qui ornent les murs du Palazzo Salviati, au coeur historique de Florence. Pour aller avec, voici quelques vers du poète soudanais Abdel Wahab Yousif...

Tu mourras en mer.
La tête ballottée par les vagues rugissantes,
ton corps qui se balance dans l'eau.
comme un bateau crevé.

Tu partiras dans la fleur de ta jeunesse,
à peine la trentaine.
Partir tôt n'est pas une mauvaise idée,
mais c'en est une si tu meurs seul,
sans une femme qui t'ouvre ses bras :
" Laisse-moi te presser contre ma poitrine,
j'ai beaucoup de place.
Laisse-moi laver ton âme de la misère crasse.

Abdel Wahab Yousif est mort noyé en Méditerranée au mois d'août dernier, avec 44 de ses compagnons de voyage, adultes et enfants. Il avait vingt-neuf ans.
AS2

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dimanche 27 septembre 2020

V. Gilbert - Élégante sur les quais

La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre français Victor Gilbert (1847-1933), dont j’aime la manière de peindre le Paris de la Belle Époque : ses marchés, ses rues, ses scènes de la vie quotidienne. Entre réalisme et influence impressionniste, il porte sur la capitale un regard attentif aux détails, aux gestes et aux atmosphères.
Issu d’un milieu modeste, il ne peut intégrer l’École des Beaux-Arts malgré ses dons précoces pour le dessin. Il devient apprenti chez un peintre-décorateur et ne reçoit qu’une formation limitée, complétée par des cours du soir à l’École de la Ville de Paris. C’est donc principalement par l’observation et le travail qu’il développe son art.
V.G. - Marché rue Mouffetard (n.d)

Ses tableaux témoignent d’une grande attention à la vie parisienne de son temps : marchands, enfants, ménagères, promeneurs anonymes composent une ville vivante, où les scènes les plus ordinaires deviennent dignes d’être regardées.
Certains de ses choix pourraient d’ailleurs – quelques décennies plus tard – être ceux d’un photographe de rue : saisir un instant, une attitude, une rencontre fugitive.
J’aime beaucoup ce tableau d’une élégante sur les quais de Seine, ou encore cette scène de marché dans la rue Mouffetard. C’est ce Paris-là, quotidien et vivant, que je trouve si réussi chez Gilbert ; on a envie de s’engager dans cette rue et de regarder ces gens vivre.
 © Veilleur de Nuit – 2020

EP2

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samedi 26 septembre 2020

Depuis La Perdicie, à Jumilhac-le-Grand, Dordogne (2011)
Une image et des mots. L'image, c'est cette vue sur les vallons de la campagne périgourdine prise il y a quelques minutes depuis La Perdicie.
Les mots sont de Stevenson (bien qu'il les signe W.P. Bannatyne), extraits de son Voyages avec un âne dans les Cévennes.

"We travelled in the print of olden wars; yet all the land was green; and love we found, and peace, where fire and war had been. They pass and smile, the children of the sword - No more the sword they wield; and O, how deep the corn, along the battlefield!"

Ce paysage que j'ai chaque jour sous les yeux dit quelque chose de la résilience des hommes et des sols meurtris. Il dit aussi le devoir que nous avons de garder vive la mémoire des sacrifices anciens qui ont façonné le monde dans lequel nous vivons, et fait de nous ce que nous sommes aujourd'hui.

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