In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 9 juin 2019

J.G.M. - Petits mendiants (1880)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre allemand Johann Georg Meyer (1813-1886), déjà présenté ici en février 2010 et dont j’avais envie de reparler. Formé à l'Académie de Düsseldorf, il commence par peindre des sujets bibliques avant de s’orienter vers un univers plus intime : l’enfance, les intérieurs paysans de la Hesse, la vie quotidienne des familles modestes.
Enfants absorbés dans leurs jeux ou leurs leçons, jeunes mères attentives, artisans et paysans au travail : Meyer von Bremen met en scène un quotidien familier, avec une grande attention aux détails et un vrai sens de la narration.
J.G. Meyer von Bremen 
Jeune mère et son enfant (1880)


Ce qui me séduit dans ses tableaux, ce n’est pas tant leur virtuosité technique que leur pouvoir d’évocation et leur valeur documentaire, une question que j’évoquais déjà dans une publication du 26 juillet 2015.
J’aime la manière dont ils fixent les gestes, les intérieurs et les habitudes d’un monde qui n’existe plus. On y découvre une société encore très attachée à ses rythmes ruraux, mais où apparaissent déjà d’autres façons de vivre et de penser. Ses toiles se regardent ainsi autant avec émotion qu’avec curiosité, comme les témoignages très précis d’une époque révolue.
 © Veilleur de Nuit – 2019

GH3
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dimanche 2 juin 2019

Constant Puyo - Sans titre (1903)
La veillée du dimanche. Deux clichés de Constant Puyo (1857-1933). Officier de carrière, il se passionne très tôt pour la photographie et et devient l'un des principaux représentants du pictorialisme français, ce courant qui, à la fin du XIXᵉ siècle, cherche à faire reconnaître la photographie comme un art à part entière.
À contre-courant de la netteté documentaire qui s’imposera ensuite, Puyo revendique le flou, les atmosphères vaporeuses, l’harmonie des lignes et des tonalités. Ses images évoquent parfois des pastels ou des estampes. Pour obtenir ces effets, il expérimente notamment des lentilles spéciales et différents procédés pigmentaires.
C.P. - Sommeil (1897)

Mais ce qui me touche dans ces clichés, ce n’est pas tant l’expérimentation technique que cette volonté de moins montrer le monde tel qu’il est que d’en révéler une part plus intime et plus poétique.
La photographie est alors encore une technique nouvelle, associée à la précision et à la reproduction fidèle du réel. Puyo montre qu’elle peut aussi chercher autre chose : une atmosphère, une émotion, presque une sensation.
 © Veilleur de Nuit – 2019


BC1

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samedi 1 juin 2019

Sorrowing Adam, ivoire, art byzantin 10-11e siècle
Une image et des mots. "Sorrowing Adam", plaque d'ivoire byzantine du 10ème-11ème siècle (7 x 8 x 0,8 cm), conservée au Walters Art Museum de Baltimore,

"…. Je peux reconnaître que la mer et le vent ne manqueront pas de me survivre et que l’éternité se soucie peu de moi.
Mais qui me demande de me soucier de l’éternité ? Ma vie n’est courte que si je la place sur le billot du temps.
[…..] tout ce qui m’arrive d’important et tout ce qui donne à ma vie son merveilleux contenu :
la rencontre avec un être aimé, une caresse sur la peau, une aide au moment critique, le spectacle du clair de lune, une promenade en mer à la voile, la joie que l’on donne à un enfant, le frisson devant la beauté, tout cela se déroule totalement en dehors du temps. Car peu importe que je rencontre la beauté l’espace d’une seconde ou l’espace de cent ans. Non seulement la félicité se situe en marge du temps mais elle nie toute relation entre celui-ci et la vie
."
Stig Dagerman, Notre besoin de consolation est impossible à rassasier (1952)

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