In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 14 janvier 2018

Goya - Perro semihundido (c.1820)
Le vide-grenier du dimanche. Je n’ai jamais été sensible à la peinture de Goya. Son univers, quand il ne me dérange pas, me laisse plutôt indifférent - à l’exception de ses Caprichos, dont j'apprécie la fantaisie satirique.
Peut-être parce que je ne le connais pas assez ?

(détail)
Mais il y a un tableau que je trouve fascinant : le Perro semihundido (c.1820), une des "peintures noires" qu'il a directement peintes sur les murs de la "Quinta del sordo", la maison qu'il occupait dans le quartier madrilène de Carabanchel avant de s'exiler à Bordeaux. On y voit un chien à demi englouti, le museau levé vers le ciel, dans un espace vide et oppressant.
Difficile de ne pas y voir, aujourd’hui, une métaphore de tous ceux qui luttent en vain contre la noyade, et qui disparaissent dans une quasi indifférence au large de nos côtes.
PS1

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dimanche 7 janvier 2018

H. Sohlberg - Street in Roros (1902)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre et aquarelliste norvégien Harald Sohlberg (1860-1935). Formé à l'École des arts et métiers de Christiania (aujourd'hui Oslo), puis à l'Académie royale des beaux-arts de Stockholm, il occupe une place importante dans l'art norvégien du début du XXème siècle.

H.S. - Winter night in Rondane
(1914)
Son oeuvre, qui s'inscrit dans le courant néoromantique, est marquée par ses représentations presque métaphoriques de la nature, d'une poésie souvent empreinte de symbolisme.
Son tableau Nuit d'hiver à Rondane  en est un exemple : décliné en plusieurs versions avec des techniques différentes - la plus célèbre est celle-ci, peinte en 1914 et conservée à la Nasjonalgalleriet d'Oslo - il montre comment Sohlberg sait mêler précision naturaliste et atmosphère onirique. Chaque nuance crée une sensation de silence et de mystère ; elle révèle l’âme des paysages norvégiens avec cette profondeur poétique qui toujours traverse son œuvre.
EG3

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samedi 6 janvier 2018

(A/U)
Une image et des mots. Amazonie, indiens yanomamis. Le texte est extrait du petit ouvrage de Patrick Boucheron, "Un été avec Machiavel", aux Éditions des Équateurs.

Souhaitez-vous parvenir au but que vous désirez ? Faites alors comme le bon archer. Il place sa mire plus haut que la cible, non pour la dépasser, mais pour l’atteindre. Autrement dit, visez haut pour viser juste. La métaphore est tirée de la rhétorique classique ; Machiavel en use pour justifier le fait qu’il place dans ses œuvres politiques, et notamment dans Le Prince, les « très grands exemples » d’hommes illustres comme des guides pour l’action. En termes de langage politique, d’éducation, ou simplement dans la manière de conduire sa propre vie, on devrait toujours se souvenir de cette leçon : se donner des exemples élevés n’est pas présumer de ses capacités, c’est au contraire, écrit Machiavel, "savoir jusqu’où va la force de son arc".
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