| LR2 |
In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0
dimanche 20 décembre 2015
samedi 19 décembre 2015
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| Bruno Bruni |
Une image et des mots. Une sculpture de l'artiste italien Bruno Bruni (b.1935).
Pour aller avec, j'ai pensé à ce passage d'une nouvelle de Thomas Pynchon, Basses-Terres.
Pour aller avec, j'ai pensé à ce passage d'une nouvelle de Thomas Pynchon, Basses-Terres.
Elle fit une petite moue et se mit à pleurer.
- Tu ne veux pas de moi pour femme.
- Le problème, dit Flange, très gêné, c'est que j'en ai déjà une. Enfin, je suis marié.
Elle le regarda, les yeux fixes, comme si elle venait de recevoir un coup de poignard, puis elle éclata en sanglots désordonnés.
- J'ai simplement dit que j'étais marié ; je n'ai pas dit que ça m'était particulièrement agréable.
- Ne sois pas fâché contre moi, Dennis, dit-elle d'une voix plaintive, ne me quitte pas, dis que tu resteras avec moi.
Flange réfléchit un moment.
[.....]
- Oui, c'est entendu, je resterai.
Un petit moment, en tous cas. Elle le regarda avec gravité. Il y avait des vagues couronnées d'écume qui flottaient dans ses yeux. Elle aurait, il le savait, des créatures marines qui croiseraient dans le sous-marin vert de son coeur.
dimanche 13 décembre 2015
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| Tomio Seike - Zoe, Tokyo (1984) |
Je l’ai découvert à travers ses clichés de Prague, où l’avait conduit son admiration pour Jan Saudek.
Une de ses premières séries marquantes fut celle qu’il a consacrée à l’artiste américaine Zoe Leonard - évoquée ici en mai dernier -, qu’il suivit entre Tokyo, Londres, New York et Paris. De cette collaboration est née une série de portraits très sobres, attentive à la lumière naturelle, et qui semble vouloir exprimer un monde en retrait, minimaliste et silencieux. Est-ce qu'il serait abusif, en parlant de son travail, de penser au wabi, non pas comme esthétique revendiquée, mais comme une manière d’habiter le vide et le fragile ?
Entre figuration et abstraction, Seike est resté fidèle à la lumière naturelle et au noir et blanc pour ses séries suivantes, ses nus, ses paysages d’eau (waterscapes), ses scènes urbaines désertées. C’est avec la série Overlook, entamée autour de 2010 depuis son appartement de Brighton (dont voici une image), qu’il s’est aventuré vers la couleur.
dimanche 6 décembre 2015
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| Alice Neel - Harlem nocturne (1952) |
Le vide-grenier du dimanche. Deux tableaux de l'américaine Alice Neel (1900-1984).
Après ses études secondaires et une expérience professionnelle de trois années dans la fonction publique, elle étudie l'art à la Philadelphia School of Design for Women et néglige l'impressionnisme alors en vogue pour s'intéresser au réalisme de l'Ash Can School.
Après une dépression et une tentative de suicide consécutives à la perte d'un enfant et son divorce d'avec le peintre cubain Carlos Enríquez Gómez, elle retourne en 1931 vivre chez ses parents.
De retour à New York elle s'installe à Greenwich Village puis à Spanish Harlem ; elle côtoie des sympathisants du Parti Communiste USA, dont le cinéaste et photographe Sam Brody, qui en est membre. À travers ses portraits de la communauté portoricaine, Alice Neel traduit ses engagements contre les inégalités et pour le féminisme... Art is two things : a search for a road and a search for freedom.
On verra Alice Neel, en 1959, faire une apparition aux côtés d'Allen Ginsberg dans le film beatnik Pull my Daisy, de Robert Frank.
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