In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 1 novembre 2015

Henry Moore - Sea (1869)

La veillée du dimanche. Deux œuvres de l'Anglais Henry Moore (1831-1895), peintre de marines et de paysages. D’abord formé par son père, il entre en 1853 à la Royal Academy Schools de Londres, la plus ancienne école d’art de Grande-Bretagne.
En 1867, il rejoint la Society of British Artists, dont il restera membre jusqu’en 1875. Après avoir peint ses premières scènes de campagne anglaise, il se consacre presque exclusivement à la mer, qui devient le grand sujet de son œuvre.

H.M. - The rainbow (1865)
Mais contrairement à beaucoup de peintres de marines de son époque, Moore s’intéresse moins aux batailles navales ou aux ports grouillants de vie qu’à la mer elle-même. Les vagues, la lumière sur la surface de l’eau, les nuages lourds au-dessus d’une étendue vide.
Ou presque.
« Chaque jour, on regardait ça : la mer écrite », écrivait Marguerite Duras.

LR1

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dimanche 25 octobre 2015

John Bulmer - série Black country (1960)
La veillée du dimanche. Deux clichés du photojournaliste anglais John Bulmer (né en 1938), grand admirateur d’Henri Cartier-Bresson et pionnier de la photographie en couleur dans les années 1960.
C’est à cette époque qu’il documente abondamment les régions minières d’Angleterre et du Nord de la France. C’est ce travail en noir et blanc que j’ai choisi d’illustrer aujourd’hui avec ces deux clichés.

J.B. - Lonely pub, Yorkshire (1964)
« I wasn't interested in art photography, I was interested in photography as journalism, the last thing I wanted to do was put my photographs on the walls of galleries; I wanted them in magazines.»
Outre Cartier-Bresson, Bulmer admirait aussi le travail en noir et blanc de Bill Brandt, Larry Burrows, William Klein ou W. Eugene Smith. Mais à une époque où la couleur est encore largement délaissée par les photojournalistes, il va s’imposer comme l’un de ses pionniers, bien avant William Eggleston ou Martin Parr. Cette évolution de sa pratique fera l’objet d’une prochaine publication.
 © Veilleur de Nuit – 2015

JB2

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dimanche 18 octobre 2015

A. Eberling - Tamara Karsavina (1911)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre polonais Alfred Eberling (1872-1951), formé à l’Académie des beaux-arts de Saint-Pétersbourg, peintre de cour et photographe de rue avant l’heure.

A. E. - Tamara Karsavina
Professeur à l’Académie impériale des beaux-arts à partir de 1904, il dirige, après la Révolution de 1917, l’Association des artistes de la Russie révolutionnaire et réalise les portraits officiels de Lénine, puis de Staline.Mais Eberling s’intéresse aussi au monde du théâtre et de la danse, dont il peint plusieurs figures célèbres.
C’est le cas de Tamara Karsavina, formée aux Ballets de Saint-Pétersbourg avant de rejoindre la compagnie de Diaghilev. Sa beauté inspira même quelques vers au poète Mikhaïl Kouzmine.
VM3

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samedi 17 octobre 2015

Balthazar Korab - Florence (1966)

Une image et des mots. Une photo de Balthazar Korab, des statues en attente de restauration après l'inondation de Florence en 1966.
Les mots sont de Stefan Zweig, extraits de "Voyages" un recueil publié en 2002 de récits écrits entre 1902 et 1939.

Regarde-les donc bien ces apatrides, toi qui a la chance de savoir où sont ta maison et ton pays, toi qui à ton retour de voyage retrouve ta chambre et ton lit prêts, qui a autour de toi les livres que tu aimes et les ustensiles auxquels tu es habitué. Regarde-les bien, ces déracinés, toi qui a la chance de savoir de quoi tu vis et pour qui, afin de comprendre avec humilité à quel point le hasard t'a favorisé par rapport aux autres. Regarde-les bien, ces hommes entassés à l'arrière du bateau et va vers eux, parle-leur, car cette simple démarche, aller vers eux, est déjà une consolation ; et tandis que tu leur adresses la parole dans leur langue, ils aspirent inconsciemment une bouffée de l'air de leur pays natal et leurs yeux s'éclairent et deviennent éloquents.
Telle est bien en effet notre nature : tout le mal qui a lieu ici-bas, nous en sommes informés. Chaque matin, le journal nous lance en pleine figure son lot de guerres, de meurtres et de crimes, la folie de la politique encombre nos pensées, mais le bien qui se fait sans bruit, la plupart du temps nous n'en savons rien. Or cela serait particulièrement nécessaire dans une époque comme la nôtre, car toute oeuvre morale éveille en nous par son exemple les énergies véritablement précieuses, et chaque homme devient meilleur quand il est capable d'admirer avec sincérité ce qui est bien.

FM1 ICI