In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 12 juillet 2015

J.M. - Young dancer, NYC (1978)
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe de rue américain, d'origine suisse, Joel Meyerowitz (b.1938), l'un des pionniers de la photo couleur avec Stephen Shore et William Eggleston. En 1962, alors qu'il travaille dans une agence de publicité il assiste à une séance de Robert Frank : c'est... le déclic.
Pendant une dizaine d’années, il arpente les rues de New York, de Paris ou d’ailleurs avec deux boîtiers – un pour le noir et blanc, un pour la couleur –, et prend parfois deux clichés du même sujet.

J.M. - New York (1962)
En 1972, il opte définitivement pour la couleur, qu’il sera l’un des premiers à défendre comme véritable moyen d’expression artistique, à une époque où elle reste encore largement associée à la photographie commerciale. Sillonnant les rues de New York avec son Leica, Meyerowitz photographie à la volée scènes urbaines, gestes anonymes, rencontres fortuites et lumières inattendues. Il aime cette photographie qui ne se contente pas de produire de belles images, mais qui permet d’éprouver plus intensément le monde :
« We think of photography as pictures. And it is. But I think of photography as ideas. And do the pictures sustain your ideas or are they just good pictures? I want to have an experience in the world that is a deepening experience, that makes me feel alive and awake and conscious ».
Les deux clichés présentés ici ont été pris à New York, le premier à l’angle de la 34e Rue et de la 9e Avenue ; tous deux ont pour toile de fond l’Empire State Building.
SZ3
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dimanche 5 juillet 2015

A.S. - Invading new market
La veillée du dimanche. Deux œuvres du dessinateur américain Andy Singer (b.1965).
Diplômé de la Cornell University, à New York, en beaux-arts et en histoire de l’art, il publie ses premiers dessins dans le journal étudiant de l’Université de Berkeley, en Californie, avant de les voir paraître dans de nombreux journaux américains et internationaux, parmi lesquels The New Yorker, The New York Times, Forbes, The Washington Post ou The Boston Globe.

A.S. - A corporate revolution (2015)
Auteur de dessins qui portent un regard critique sur le monde moderne et ses dérives, il a, comme beaucoup de dessinateurs satiriques, été influencé par le grand Robert Crumb. Avec un humour froid, incisif, sans pathos, Andy Singer nous tend un miroir à peine déformant de notre monde, de ses absurdités et de ses contradictions.
Il vit aujourd'hui à Saint Paul, Minnesota, et certains de ses ouvrages sont disponibles en France, comme Ils m'énervent (mais je garde mon calme), publié en 2006 chez Berg International.
PM3

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samedi 4 juillet 2015

Shirin Neshat - Série Fervor (2000)
Une image et des mots, ou l'apport de l'Islam dans la géométrie (et l'ensemble des mathématiques).
Le cliché est de la photographe iranienne Shirin Neshat, et il fait partie de sa série "Fervor."
Bienfaits de l'interculturalité. Cette "intéressante" composition géométrique, je l'associerai à un extrait de la contribution que le mathématicien et historien des sciences Ahmed Djebbar vient de publier dans  Pluralités culturelles et universalité des mathématiques - Actes du colloque (2015).
Cette étude, intitulée Les mathématiques arabes du VIIIe au XVe siècle, passerelles entre les cultures, porte sur le rôle du monde arabe, par la traduction des auteurs indiens et grecs, dans la diffusion des sciences et en particulier du savoir mathématique.

"Cette phase (l'auteur parle ici de la phase d'appropriation par le monde musulman des mathématiques savantes), qui a duré plus d'un siècle et demi, a connu une première impulsion officielle à la fin du VIIIe siècle lorsque le calife al-Mansûr (754-775) a pris la décision de financer la traduction d'un ouvrage astronomique écrit en sanskrit.
Il est intéressant de constater qu'à partir de ce fait avéré, et dans le but de magnifier la dynastie abbasside à travers certains de ses représentants, d'autres faits, en partie imaginaires ceux-là, ont été "fabriqués" par certains membres de l'élite bagdadienne pour promouvoir l'interculturalité et son rôle dans l'appropriation des sciences "étrangères".

À titre d'exemple, on peut évoquer ici le fameux rêve au cours duquel le calife al-Ma'mûn (786-833) aurait eu un échange avec Aristote (388-322 av. J.-C) sur la notion de bien. À l'issu de cet échange, le calife aurait pris la décision de financer toute action permettant de récupérer le savoir grec en vue de le redynamiser dans le contexte culturel arabe de l'empire musulman. Et, de fait, on assiste à partir de la fin du VIIIe siècle, à une dynamique nouvelle au cours de laquelle, transcendant les conflits latents, les obstacles culturels et linguistiques, des citoyens de toute confession et de toute origine culturelle se sont transformés en passeurs de savoirs et, en particulier, de savoirs mathématiques.
[.....]
La traduction des Coniques d'Apollonius a également été l'occasion d'une collaboration qui a transcendé les particularismes culturels et confessionnels. Ce sont les trois frères Banû Mûsâ (IXe s.), musulmans d'origine probablement persane par leur père mais un pur produit du milieu culturel arabe de Bagdad, qui ont financé la recherche, l'achat, puis la traduction d'ouvrages grecs qui intéressaient directement leurs recherches en géométrie."
TM1

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E.L. - Les travaux aux champs (1918) La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre belge Eugène Laermans (1864-1940). J’ai eu plusieurs fo...