In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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samedi 29 novembre 2014

Oronce Fine - Le monde dans une tête de fou
(16e s.)
Une image et des mots.
L'image est de l'astronome, cartographe et mathématicien français Oronce Fine (1494-1555).
Les mots pour l'accompagner sont extraits de La Nef des Fous, un ouvrage satirique du poète strasbourgeois de langue allemande Sebastian Brant, publié pour la première fois à Bâle en 1494 ; il y dresse, en 112 chapitres versifiés, un catalogue quasi exhaustif de la folie du monde.

Sagesse n'est plus honorée
L'honnête est le dernier servi
Est mis à la portion congrue,
Il ne faut plus parler de lui ;
Et qui n'aspire qu'aux richesses,
Habile à s'enrichir bien tôt,
Fait l'usurier, nuit, tue, se damne,
Est félon contre son pays.
Il en va ainsi par le monde :
L'argent fait de méchantes gens.
Justice au plus riche est vendue
Et l'argent, il vous ferait pendre
S'il n'aidait pas à vous dépendre ;
Pour lui reste impuni le crime.
Te le dis tel que je le pense :
Au gibet pend menu fretin.
(§ Du mépris de la pauvreté)

LD1
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dimanche 23 novembre 2014

Lucien Clergue - New York (1961)

Le vide-grenier du dimanche. New York le jour, New York la nuit, deux clichés de Lucien Clergue (1934-2014), qui vient de s'éteindre le 15 dernier.
Né à Arles, il y fait la connaissance de Picasso à l'occasion d'une corrida, et il restera son ami jusqu'à la disparition du peintre.
Cette rencontre, et celle de Cocteau, va éveiller son goût pour la poésie et le surréalisme.

L.C. - Night in NY (1977)
Il est le premier photographe élu à l'Académie des Beaux-Arts de l'Institut de France, en 2006. Auparavant, en 1979, il aura été le premier autodidacte à être reçu docteur ès lettres avec option "photographie" ; sa thèse n'est pas écrite avec des mots, elle ne comporte que des photographies, elle est écrite avec la lumière.
Faute d'antithèse, c'est un commentaire de Roland Barthes - membre du juty - qui en fait office :
« Saint-John Perse m'a dit une chose formidable : ne pas faire un album d'images fortuitement assemblées mais faire "oeuvre d'auteur"; cet aspect de classification est capital et c'est ce que m'a confirmé plus tard Roland Barthes en me rappelant ce que nous avons appris de Claude Lévi-Strauss, que tout classement est un discours.»

BP1

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dimanche 16 novembre 2014

Julius von Klever - Fin d'automne (1912)
 Le vide-grenier du dimanche. Deux toiles du peintre paysagiste russe, d'origine allemande, Julius (ou Yuri) von Klever (1850-1924).

J.K. - Village de pêcheurs (1892)
Après ses études secondaires, il entre en 1867 à l'Académie impériale des Beaux-Arts de Saint-Pétersbourg en classe d'architecture puis de dessin, où il sera l'élève de Mikhaïl Klodt, un des membres fondateurs des Ambulants (les Peredvijniki) auquel il faudra bien un jour que je consacre une publication.
L’œuvre de von Klever se distingue par ses paysages de forêts, de rivières et de campagnes, peints avec une attention très précise aux arbres, aux reflets et aux lumières du ciel. Il s’en dégage une impression de calme profond, comme si la nature y existait loin du bruit des hommes.

PH2
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dimanche 9 novembre 2014

David Seymour - Lodz (1938)
Le vide-grenier du dimanche. Deux œuvres de David Seymour, dit Chim (1911–1956), cofondateur de l’agence Magnum et grande figure de la photographie du XXe siècle. Né Dawid Szymin à Varsovie dans une famille juive d’éditeurs, il étudie à Leipzig puis à la Sorbonne, où il découvre la photographie.
Il débute comme photojournaliste pour Regards en 1934 et couvre bientôt la guerre d’Espagne, souvent aux côtés de Robert Capa.
Il photographie les réfugiés loyalistes à bord du S.S. Sinaia en route pour le Mexique, puis s’installe aux États-Unis à l’aube de la Seconde Guerre mondiale. Il devient citoyen américain en 1942, l'année où ses parents sont assassinés par les nazis.
D. Seymour - Essen (1947)

L’exil, la guerre et la disparition de ses parents assassinés par les nazis marqueront profondément son regard. Après 1945, Chim photographie l’Europe blessée avec une attention particulière aux visages, aux enfants, aux déplacés, à tous ceux que l’Histoire laisse derrière elle. Membre actif de Magnum, qu’il fonde en 1947 avec Capa, Cartier-Bresson et George Rodger, il multiplie ensuite les reportages en Europe et au Moyen-Orient.
« Nous essayons seulement de raconter une histoire. Laissons les effets aux peintres du XVIIe siècle. Nous devons montrer les visages qui ont faim et les terres meurtries… »
En 1955, Edward Steichen retient plusieurs de ses images pour la mythique exposition The Family of Man au MoMAL’année suivante, alors qu’il couvre la crise de Suez, Chim est tué en Égypte. Il laisse une œuvre marquée par la douceur, la dignité et l’attention portée à la condition humaine.

NS2 ICI