In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 13 octobre 2013

H. Backer - Intérieur bleu (1883)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres de l'artiste norvégienne Harriet Backer (1845-1932), figure importante de la peinture scandinave, connue pour ses intérieurs et son attention à la lumière.
Elle commence sa formation à Oslo auprès de Johan Fredrik Eckersberg, puis séjourne à Berlin et à Weimar avant de partir en Italie en 1870, où elle s’initie à la copie des maîtres anciens. Elle poursuit ensuite son parcours à Munich, où elle découvre les scènes d’intérieur, avant de s’installer à Paris pendant une dizaine d’années.

H.B. - Chez moi (1887)

Elle se rapproche alors des courants picturaux contemporains, de Gérôme à Bastien-Lepage, et sa peinture évolue progressivement vers une attention plus sensible aux effets de lumière et aux atmosphères intérieures. De retour en Norvège, elle peint des scènes domestiques simples, baignées d’une lumière douce et discrète, comme en témoignent les deux tableaux que j’ai choisi de présenter.
Parallèlement à sa carrière de peintre, Harriet Backer a joué un rôle important dans la formation de nombreuses femmes artistes en Norvège.

MK1
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dimanche 6 octobre 2013

Claude Renaud - Paris (1963)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe Claude Renaud, , auteur de deux beaux ouvrages consacrés à la capitale, Paris en mémoire (2004) et Paris murmures (2007). Formé à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, puis aux sciences sociales à l’Université de Californie à Berkeley, Claude Renaud découvre très tôt la photographie et la peinture. Des rencontres avec Brassaï, Jacques-Henri Lartigue ou encore Janine Nièpce jouent un rôle important dans son choix de la photographie comme moyen d’expression.
C R. - Porte de Clignancourt (1963)

À partir des années 1950, il parcourt les rues de Paris dans l’esprit de la photographie humaniste, travaillant le plus souvent en petit format..
Mais son parcours ne se limite pas à la pratique photographique : il s’intéresse également très tôt aux usages de l’image, à son rôle dans les médias, l’édition et la communication visuelle. Aux côtés d'Albert Plécy et des Gens d’Images, il participe notamment à plusieurs projets autour de la diffusion de la photographie.
Toutefois, même lorsqu’il se tourne vers le conseil et la réflexion sur l’image, Claude Renaud ne cesse jamais de se considérer comme photographe – avec, selon une belle formule employée à son sujet, une approche d’« écrivain de l’image ».
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samedi 5 octobre 2013

Bruno Catalano - Les voyageurs
Une image et des mots. L'image, c'est celle de ces sculptures de Bruno Catalano, exposées le mois dernier à Marseille. Nées accidentellement d'un démoulage raté, elle deviennent par ce même fait de belles métaphores de l'incomplétude, et ce à double titre : celle de l'oeuvre d'art (quelle qu'elle soit ?), et celle de l'homme déraciné, en lambeaux.
Les mots pour accompagner l'image sont de Roberto Juarroz, extraits de sa Poésie verticale.

"Cada uno se va como puede, unos con el pecho entreabierto, otros con una sola mano, unos con la cédula de identidad en el bolsillo, otros en el alma [...] Pero todos se van con los pies atados, unos por el camino que hicieron, otros por el que no hicieron, y todos por el que nunca harán."
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"Chacun s'en va comme il peut, les uns avec la poitrine entrouverte, d'autres avec une seule main, les uns avec la carte d'identité dans la poche, d'autres dans l'âme.. [...] Mais tous s'en vont les pieds attachés, les uns par le chemin qu'ils ont fait, d'autres par celui qu'ils n'ont pas fait, et tous par celui qu'ils ne feront jamais".
BS1

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dimanche 29 septembre 2013

Ch.Strömholm - La Méthode (1960)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du Suédois Christer Strömholm (1918–2002), pris au bar La Méthode, à Paris, au début des années 60.
Peintre de formation, il découvre la photographie à l’École des beaux-arts de Paris. Formé en Allemagne puis à Paris après la guerre, il construit très tôt une manière de regarder qui lui est propre : attentive aux marges, aux visages isolés, aux scènes nocturnes..

C.S. - Couple à La Méthode (c.1960)
On connaît surtout de lui le portrait d’une jeune Japonaise devenue aveugle à Hiroshima, tiré d’une série de vingt-deux photos prises entre 1961 et 1963.
Une oeuvre bouleversante restée pourtant dans l’ombre d’autres séries plus célèbres, comme Poste restante ou Les amies de la place Blanche, où il photographie les travestis de la nuit parisienne, dans une forme de proximité simple, sans mise en scène, au plus près de leurs vies.
Ses images, souvent en noir et blanc, prises la nuit ou dans des lumières faibles, reposent sur cette présence directe, à la fois proche et pudique, sans effet. « Il ne s’agit pas de prendre des photos. Il s’agit de vivre une vie. »

Peter Turnley - New York (2013) Une image et des mots. Un cliché du photographe américain Peter Turnley, et quelques vers d'Emma Lazaru...