In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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samedi 2 octobre 2010

Rose Nadau (1947)
Une image et des mots. Un cliché de la photographe bordelaise Rose Nadau (1910-2007)
Que peut-on chercher dans les livres quand on est confronté à l'absurdité du monde ? Des clés pour le comprendre, ou des ailes pour s'en évader ?
Les mots pour accompagner cette image sont extraits de La mémoire des vaincus (1989), de Michel Ragon.

— A quoi ça sert, tous ces bouquins ? demanda Flora d'un air dégoûté.
— Regardez, les enfants, dit Valet. A droite, vous avez les romans et la poésie. A gauche, le social, la politique. D'un côté le rêve, de l'autre côté l'action. Quand vous posséderez les deux, vous pourrez conquérir le monde.
— Allons, Valet, ne t'emballe pas, dit le libraire, Les choses sont plus complexes, Les romans, c'est aussi de l'action sociale et la politique, c'est aussi du rêve.
Quant à conquérir le monde, qu'en ferais-tu ? C'est la conquête de soi-même, qui importe.

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dimanche 26 septembre 2010

R. Doisneau - Prévert devant Mérode (1953)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés de Robert Doisneau (1912-1994), considéré avec Henri Cartier-Bresson et Willy Ronis comme l'un des fondateurs de ce que l'on appelle la photographie humaniste - un courant à l'origine français et qui le restera majoritairement.
Jeune homme, Doisneau fréquente à Paris l’École Estienne pour y apprendre les métiers du livre, mais il dira toujours que sa véritable éducation s’est faite dans les rues populaires de Gentilly.
En 1929, pour améliorer son dessin, il commence à prendre des photos, au moment où les idées modernistes imposent peu à peu ce nouveau langage visuel dans la publicité et le reportage. Il travaille alors pour le photographe publicitaire André Vigneau, dont le studio est fréquenté par de nombreux artistes d’avant-garde ; c’est aussi à cette époque qu’il commence à arpenter les rues de Paris avec son appareil. Pendant la guerre, il rejoint la Résistance et met son savoir-faire au service de la fabrication de faux papiers.
R. D. - Marguerite Duras (1952)

Après 1945, il revient à la publicité tout en poursuivant une œuvre personnelle marquée par une poésie du quotidien, un humour discret et une attention constante aux êtres ordinaires.
Son premier livre, La Banlieue de Paris, paraît en 1949.
Dans les années 1950, il participe au Groupe des XV, qui défend la photographie comme forme artistique à part entière.
Il est des jours où l'on ressent le simple fait de voir comme un véritable bonheur [...] On se sent si riche qu'il vous vient l'envie de partager avec les autres une trop grande jubilation. Le souvenir de ces moments est ce que je possède de plus précieux.
La trogne de Prévert devant Mérode, et le beau portrait de Marguerite Duras seule à la terrasse du Petit Saint-Benoît, à Paris ; aucun amour au monde ne peut-il tenir lieu d'amour ?
BO1

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dimanche 19 septembre 2010

Paul Émile Chabas - Matinée de septembre (1912)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre et illustrateur Paul Émile Chabas (1869-1937), associé à l’académisme fin-de-siècle. Frère de Maurice et élève de Bouguereau à l'École des beaux-arts de Paris, il s’illustre d'abord dans la peinture de genre. Mais ce sont surtout ses nus féminins, baignés d’une lumière délicate et souvent placés dans des décors naturels, qui lui valent la célébrité.

P.E.Chabas - Femme au bord de la mer
(1890)


Son tableau le plus célèbre, Matinée de septembre (1912), ci-dessus, lui apporte une renommée internationale, mais provoque aussi un scandale aux États-Unis lors de sa présentation en mai 1913, son naturalisme étant alors jugé trop audacieux.
L'oeuvre est aujourd'hui conservée au Metropolitan de New York. Chabas disait y avoir mis tout ce qu'il savait de la peinture.
AH4

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