| JB1 |
In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0
dimanche 12 octobre 2008
dimanche 5 octobre 2008
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| Kenton Nelson - Mending (2007) |
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres de l'américain Kenton Nelson (b.1954). Natif de Los Angeles, il étudie à la Long Beach State University puis à l’Otis Parsons Art Institute, où il enseignera plus tard, tout comme à la Academy of Art de San Francisco. Son grand-oncle était le muraliste mexicain Roberto Montenegro, proche de Diego Rivera et de Frida Kahlo ; Kenton Nelson voit volontiers dans cette filiation l’une des origines de son intérêt pour la peinture.
À partir des années 1990, il développe une peinture figurative très reconnaissable, entre réalisme stylisé, illustration américaine, et imagerie rétro. Il revendique des influences très diverses : les peintres régionalistes américains des années 1930, les affiches et publicités de l’après-guerre, le classicisme graphique des années 1950, et le pop-art. Ses tableaux mettent souvent en scène des figures héroïsées, des architectures californiennes, des objets du quotidien baignés d’une lumière très construite.
I'm interested in making paintings that evoke some sort of emotion or memory for people.
C’est sans doute ce qui rend ses toiles si immédiatement accessibles : aplats de couleurs franches, contours nets, compositions épurées. Il y a du silence dans ses images, comme dans certains plans de cinéma. À son sujet, certains évoquent Hopper, pour cette tension entre banalité apparente et étrangeté diffuse, et l'atmosphère de mélancolie de ses scènes idéalisées de l'Amérique des 50s. Mais chez Kenton Nelson, même la mélancolie semble polie par l'esthétique californienne, ce n'est pas la solitude qui domine mais une forme d'élégance rétro : une Amérique rêvée, nourrie autant par les souvenirs que par le cinéma, les magazines et les affiches publicitaires des années 1950. Ses peintures ont fait plusieurs fois la couverture du The New Yorker et ont été exposées aussi bien aux États-Unis qu’en Europe.
samedi 4 octobre 2008
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| E. Osterlof - Miss Curiosity (1908) |
Voici un beau portrait de sa fille Sophie par le photographe polonais Edmund Osterloff (1863-1938).
Représentant du courant pictorialiste - il a pu être comparé à Léonard Misonne - il fut l'un des pionniers de la photographie artistique en Pologne.
Ce cliché a été pris à Tbilissi, en Georgie, où il dut s'exiler pendant 25 ans après deux ans d'emprisonnement pour son appartenance aux cercles socialistes.
Les mots pour l'accompagner sont de Clarice Lispector, extraits de Silencio.
Seulement ça : il pleut et je regarde la pluie. Comme c'est simple. Je n'aurais jamais cru que le monde et moi puissions parvenir à un tel accord. La pluie tombe non pas parce qu'elle a besoin de moi, et je la regarde non pas parce que j'ai besoin d'elle. Mais nous sommes aussi indissociables que l'eau de pluie l'est de la pluie. Et je ne remercie rien. [.....]
Je suis une femme, je suis une personne, je suis une attention, je suis un corps qui regarde par la fenêtre. De même la pluie n'est pas reconnaissante de n'être pas une pierre. Elle est la pluie. Peut-être est-ce cela, ce que l'on pourrait appeler "être vivant". Ce n'est pas plus que cela, seulement cela : "être vivant". Et je vis seulement d'une joie paisible.
Seulement ça : il pleut et je regarde la pluie. Comme c'est simple. Je n'aurais jamais cru que le monde et moi puissions parvenir à un tel accord. La pluie tombe non pas parce qu'elle a besoin de moi, et je la regarde non pas parce que j'ai besoin d'elle. Mais nous sommes aussi indissociables que l'eau de pluie l'est de la pluie. Et je ne remercie rien. [.....]
Je suis une femme, je suis une personne, je suis une attention, je suis un corps qui regarde par la fenêtre. De même la pluie n'est pas reconnaissante de n'être pas une pierre. Elle est la pluie. Peut-être est-ce cela, ce que l'on pourrait appeler "être vivant". Ce n'est pas plus que cela, seulement cela : "être vivant". Et je vis seulement d'une joie paisible.
dimanche 28 septembre 2008
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| Achiel van Sassenbrouck Après le travail (1947) |
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre belge Achiel van Sassenbrouck (1886-1979), dont le travail, encore peu connu hors de son pays, privilégiait plutôt des sujets modestes : intérieurs, scènes paysannes, visages familiers... En butte à l'hostilité de sa famille à l'égard de sa vocation d'artiste, il rejoint à l'âge de 12 ans une compagnie de théâtre itinérante, puis essaie de gagner sa vie comme peintre en lettres ; il va prendre alors, jusqu'à l'âge de 23 ans, des cours de dessin à l'Académie des Beaux-Arts de Bruges.
Il part ensuite à l'Académie royale d'Anvers, dont il suivra l'enseignement jusqu'en 1914, date à laquelle il se porte volontaire dans l'armée belge ; il travaille comme peintre de guerre pendant son service dans les tranchées du front, et fera don d'une trentaine de toiles au Musée de la Guerre de Bruges.
Avec une fidélité obstinée à une forme de beauté humble, Achiel van Sassenbrouck peignait les ouvriers, les vagabonds, les paysans et les soldats, des personnages rudes et robustes à l'image de son style aux traits épais, dans des scènes paisibles de la terre flamande à laquelle il était attaché.
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