In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 8 juin 2008

L. de Vinci - La belle ferronnière (c.1490)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres de Léonard de Vinci (1452-1519), le géant de la Renaissance, que je ne vais bien sûr pas présenter en détail : sa vie, son génie et son œuvre pourraient justifier qu'on leur consacre un blog tout entier... Donc, pour en savoir davantage, c'est ICI.
Tout d’abord, un portrait fascinant du maître, réalisé dans les dernières années du XVe siècle et récemment restauré. Appelé La belle ferronnière, il s'agit d'une erreur d'attribution faite par Ingres et l'identité de la mystérieuse dame reste sujette à débat. L’hypothèse d’Anne Boleyn a été écartée, mais il reste possible qu’il s’agisse de l'épouse ou d'une maîtresse du duc Ludovico Sforza, mécène de Léonard.
Leonard de Vinci
Étude de drapé pour ange agenouillé
(1472)

En complément, une "simple" étude de drapé, également conservée au Louvre, qui témoigne de la maîtrise incomparable du Maître.
Et pour clore ce billet, parmi les nombreuses réflexions lumineuses de Léonard, une citation qui semble particulièrement pertinente aujourd'hui : « Savoir écouter, c’est posséder, outre le sien, le cerveau des autres. »
AN1

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samedi 7 juin 2008

Guy Le Querrec - Palais des Congrès (1979)
Une image et des mots.
Aristote, dans La Métaphysique, aborde la distinction entre l'audible et l'inaudible.

Le son est ce qui tombe sur l'oreille.
Le sonore est donc audible. Ce qui n'a pas cette qualité est inaudible. Mais le son est sensible à l'ouïe, et l'ouïe est la faculté de percevoir le son. Il en est de même pour l'odorat, le goût, le toucher. Le sensible, c'est ce qui peut être perçu par les sens, et le sens est la faculté qui le perçoit.
Ainsi l'audible et l'inaudible sont déterminés par notre faculté à percevoir le son.

Dans cet extrait, Aristote souligne la relation étroite qui existe entre les sens et le monde qui nous entoure, ainsi que l'importance de nos facultés sensorielles dans notre compréhension de la réalité. Ce qui est inaudible ne peut être perçu par notre ouïe, mais cela ne signifie pas que cela n'existe pas. Cette réflexion peut s'étendre à d'autres aspects de la réalité qui échappent à notre perception, et souligne l'importance de reconnaître les limites de notre connaissance.
Maurice Merleau-Ponty, dans sa Phénoménologie de la perception (1945), traite aussi de cette distinction entre l'audible et l'inaudible, et souligne le rôle crucial de la perception subjective dans notre compréhension et notre interprétation du monde.
RB1

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dimanche 1 juin 2008

George Tooker - Jukebox (1953)

Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre américain George Tooker (b.1920). Né à Brooklyn, il suit à la Art Students League de New York l'enseignement de Reginald Marsh et Kenneth Hayes Miller, figures du réalisme social américain ; mais Tooker revendique aussi l’influence des maîtres de la Renaissance et de certains courants modernistes.
Dès les années 1940, il s’oriente vers une peinture figurative singulière, intime, à rebours de l’abstraction alors dominante. Il travaille lentement, avec exigence, en utilisant la tempera sur bois, une technique ancienne héritée des primitifs italiens, qui confère à ses tableaux une surface mate, dense, presque minérale, baignée d'une lumière douce et éthérée.

G.T. - Government Bureau (1956)
Les thèmes abordés par Tooker oscillent entre aliénation urbaine, angoisse existentielle et questionnements sociaux. Il met en scène des figures humaines enfermées dans des environnements froids, administratifs, labyrinthiques : guichets, couloirs, cages d’escalier aux lignes rigides et aux teintes sourdes.
Mais si des tableaux comme The Subway (1950) ou Government Bureau (1956) traduisent un malaise collectif, d’autres, comme The Waiting Room, laissent percevoir une dimension plus intérieure : fragilité, désir, espérance. Catholique assumé, Tooker laisse affleurer dans son œuvre une spiritualité discrète, une forme de compassion retenue.
My art is an attempt to transform a reality that I consider tragic into an image of beauty.

DR1

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