In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 18 mai 2008

G.T. - Femme jouant du théorbe (1658)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre de genre néerlandais Gerard Terburgh (1617-1681), dit le Jeune, parfois orthographié Gerard ter Boch. Originaire de Zwolle, il est formé par son père, lui-même artiste, avant de voyager très jeune à travers l'Europe, notamment en Italie, en Espagne et en Angleterre. Terburgh est souvent associé à l'âge d’or de la peinture hollandaise, mais il occupe une place à part, plus discrète que celle d’un Rembrandt ou d’un Vermeer, et pourtant tout aussi subtile.
Il peint les intérieurs bourgeois, les scènes tranquilles de la vie quotidienne, mais avec une retenue particulière : des instants où quelque chose affleure - doute, attente, désir, renoncement...

Gerard Terburgh
Adriaan Pauw arrivant à Munster (1646)

Évidemment j'aime beaucoup ces deux tableaux.
Le premier nous donne à voir une jeune femme qui joue du luth pour son soupirant ; devant elle, un cahier de chansons, un cadeau courant à cette époque entre deux amoureux.
Le second a valeur documentaire : il nous montre l'arrivée à Munster, en 1646, de l'envoyé néerlandais Adriaan Pauw en 1646, dans le cadre des négociations commencées en 1641 et qui aboutiront en janvier 1648, avec le Traité de Münster, à la fin de la guerre de Trente Ans et à la guerre de Quatre-Vingts Ans (aussi appelée Révolte des Pays-Bas).
JK1

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dimanche 11 mai 2008

R.S. - Le balayeur de la rue Visconti (1935)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe français Roger Schall (1904–1995). De lui je ne connaissais pas grand-chose ; juste un nom vaguement lié à la photographie de mode. Actif pendant l’entre-deux-guerres, Schall est pourtant l’un des photographes les plus prolifiques de son époque. C’est un ouvrage publié en 2005 au Cherche-Midi, consacré à ses images de Paris sous l’Occupation, qui me l’a vraiment fait découvrir.
En 1931, il fonde avec son frère, à Montmartre, un atelier qui devient rapidement une véritable agence de presse.

Roger Schall
Le marché aux timbres, av. Matignon
(1940)



Il photographie Paris sous tous les angles, de jour comme de nuit, les rues comme les figures célèbres : Colette, Chanel, Matisse, Marlène Dietrich, Cendrars dont il partage la cabine lors du voyage inaugural du Normandie.
C’est aussi lui qui révèle pour la première fois le modèle Assia, devenue un emblème du nu artistique des années 30.
En 1934, la direction de Vogue l’introduit dans le milieu de la mode.
Son œuvre reflète la coexistence de deux tendances qui marquent l’entre-deux-guerres : d’un côté, la modernité de la Nouvelle Vision et de la Nouvelle Objectivité (photographie pure, cadrages audacieux, échos du surréalisme), de l’autre, un certain retour à l’ordre que l’on retrouve dans la photographie humaniste. Bien que souvent réalisé dans un cadre de commande pour la mode, la publicité, ou la presse, son travail porte un regard à la fois attentif et sobre sur son époque. Il est aussi l’un des rares à avoir documenté Paris sous l’Occupation, et à avoir pris soin de dissimuler ses négatifs pour qu’ils traversent la guerre ; des images longtemps restées dans l’ombre jusqu’à la publication de ce livre qui, comme je le disais, m’a permis de le découvrir.

TW1
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dimanche 4 mai 2008

Charles Levier - Vase à la fenêtre
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre franco-américain Charles Levier (1920-2003). Il a dix-sept ans lorsqu'il intègre à Paris l'École nationale des Arts Décoratifs, mais ses études sont interrompues par la Seconde Guerre mondiale. Engagé en Afrique du Nord, il met à profit sa maîtrise de l’anglais pour devenir agent de liaison entre l’Armée française et l’OSS américain. À la fin du conflit, il choisit de ne pas reprendre ses études et installe son atelier aux États-Unis, tout en conservant des liens étroits avec la France. Sa première exposition personnelle a lieu en 1949 à la galerie Constantine de Lyon, suivie d'une deuxième l’année suivante, à Los Angeles, qui aura un succès retentissant.
Charles Levier - Sans titre

En 1955, il se fait remarquer par un prestigieux galeriste newyorkais, le Dr. Lilienfeld, qui va jouer un rôle clé dans l’établissement de sa renommée auprès de nombreux collectionneurs. Levier expose aussi à Paris, mais c’est principalement aux États-Unis qu’il connaît la célébrité, porté par l’enthousiasme du public et des élites. Cette popularité outre-Atlantique contraste avec l’accueil plus réservé en France, où son style figuratif - qui emprunte au cubisme sans perdre de sa lisibilité -, et empreint d’un optimisme délicat influencé par le cinéma hollywoodien, se heurte à l’avant-gardisme abstrait prôné par la critique officielle.

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