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In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0
samedi 24 mai 2008
dimanche 18 mai 2008
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| G.T. - Femme jouant du théorbe (1658) |
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre de genre néerlandais Gerard ter Borch (1617-1681), dit le Jeune, parfois orthographié Terburgh. Originaire de Zwolle, il est formé par son père, lui-même artiste, avant de voyager très jeune à travers l'Europe – en Italie, en Espagne et en Angleterre. Rattaché à l'âge d’or de la peinture hollandaise, il occupe cependant une place à part, plus discrète que celle d’un Rembrandt ou d’un Vermeer.
Il peint les intérieurs bourgeois, les scènes tranquilles de la vie quotidienne, mais avec une retenue particulière : des instants où quelque chose affleure et peut-être ne se dit pas – doute, attente, désir, renoncement...
J'aime beaucoup ces deux tableaux qui nous conduisent dans deux directions différentes : l'un vers une histoire personnelle, intime, l'autre vers un épisode majeur de l'histoire européenne.
Le premier nous donne à voir une jeune femme qui joue du luth pour son soupirant ; devant elle, un cahier de chansons, un cadeau courant à cette époque entre deux amoureux.
Le second, par sa valeur documentaire, a une tout autre portée. Il montre l'arrivée à Münster, en 1646, de l'envoyé néerlandais Adriaan Pauw, venu participer aux négociations qui conduiront, deux ans plus tard, au traité de Münster.
Celui-ci mettra fin à la guerre de Quatre-Vingts Ans entre l'Espagne et les Provinces-Unies, ainsi qu'à la participation néerlandaise à la guerre de Trente Ans.
L'Histoire, petite ou grande, se joue toujours à hauteur d'homme.
dimanche 11 mai 2008
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| R.S. - Le balayeur de la rue Visconti (1935) |
La veillée du dimanche. Deux clichés du français Roger Schall (1904–1995). Je ne connaissais de lui qu'un nom, vaguement associé à la photographie de mode.
C'est un livre publié en 2005, consacré à ses photographies de Paris sous l'Occupation, qui me l'a véritablement fait découvrir. Actif dès l’entre-deux-guerres, Schall est pourtant l’un des photographes les plus prolifiques de son temps. En 1931, il fonde avec son frère, à Montmartre, un atelier qui devient rapidement une agence de presse.
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| Roger Schall Le marché aux timbres, av. Matignon (1940) |
Son œuvre se situe à la croisée de deux courants qui marquent l'entre-deux-guerres : la modernité de la Nouvelle Vision et de la Nouvelle Objectivité, , avec leurs cadrages audacieux et leur goût de la photographie "pure", mais aussi un regard plus simple, plus direct, attentif aux gens et à la vie quotidienne, qui annonce parfois la photographie humaniste. Même lorsqu'il répond à des commandes, il conserve cette manière discrète de regarder.
Il est aussi l'un des rares à avoir photographié Paris sous l'Occupation. Il cache alors ses négatifs, qui ne seront redécouverts que plusieurs décennies plus tard – notamment dans ce livre grâce auquel je l'ai découvert à mon tour.
dimanche 4 mai 2008
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| Ch. Levier - Vase à la fenêtre |
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre franco-américain Charles Levier (1920-2003). Il entre à dix-sept ans à l’École nationale des Arts décoratifs à Paris, mais la guerre interrompt ses études.
Engagé en Afrique du Nord, il sert comme agent de liaison entre l’armée française et les services américains, sa maîtrise de l’anglais jouant alors un rôle décisif.
Après le conflit, il ne reprend pas le chemin de l’école.
Il s’installe aux États-Unis tout en conservant des liens étroits avec la France. Sa première exposition personnelle a lieu en 1949, à la galerie Constantine de Lyon ; l’année suivante, une exposition à Los Angeles rencontre un succès immédiat.
En 1955, il est remarqué par le galeriste new-yorkais Dr Lilienfeld, qui contribue largement à faire connaître son travail auprès des collectionneurs américains. Il expose également à Paris, mais c’est surtout aux États-Unis qu’il connaît la reconnaissance, porté par l’intérêt du public et des collectionneurs.
En France, l’accueil est plus réservé. Son style figuratif, qui emprunte au cubisme tout en restant lisible,et son optimisme discret nourri par l’imaginaire du cinéma hollywoodien, trouvent moins d’écho dans une époque où l’abstraction occupe une place centrale dans la vie artistique.
J'aime beaucoup sa peinture, sa façon d'épurer les formes tout en gardant intact leur pouvoir d'évocation : ses personnages, ses cafés, ses scènes urbaines semblent appartenir à une mémoire heureuse, entre réalité et souvenir.
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