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In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0
dimanche 28 avril 2024
samedi 27 avril 2024
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| Antonio Ciseri - L'exilé (1870) |
"Toujours elle me fut chère cette colline solitaire,
et cette haie qui dérobe au regard
tant de pans de l'extrême horizon.
Mais demeurant assis et contemplant,
au-delà d'elle, dans ma pensée j'invente
des espaces illimités, des silences surhumains
et une quiétude profonde; où peu s'en faut
que le coeur ne s'épouvante.
Et comme j'entends le vent
bruire dans ces feuillages, je vais comparant
ce silence infini à cette voix;
en moi reviennent l'éternel,
et les saisons mortes et la présente
qui vit, et sa sonorité.
Ainsi, dans cette immensité se noie ma pensée:
et le naufrage m'est doux dans cette mer."
dimanche 21 avril 2024
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| C.L. - Le clochard et sa femme, Rouen (1956) |
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe français Christian Lemaire (b.1932). Ancien assistant de Jacques Rouchon, il débute comme photographe de reportage dans les années 1950, avant de collaborer avec la presse et la publicité dans les décennies suivantes. Son regard sur la France de l’après-guerre, attentif aux gestes simples et aux scènes de la vie quotidienne, rappelle celui d’Henri Cartier-Bresson ou de Willy Ronis.
Comme le disait Proust, « la photographie, c’est l’art de montrer de quels instants éphémères la vie est faite ». Chez Lemaire, cela donne des images où l’ordinaire devient significatif, presque intime, sans artifice ni pathos ; des images qui arrêtent le mouvement du quotidien pour laisser percevoir la poésie discrète d’instants fugaces.
dimanche 14 avril 2024
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| A.C. - Écoutant la voix d'Écho |
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du français Alexandre Cabanel (1823-1889), figure emblématique du style académique du XIXᵉ siècle. Né à Montpellier, il entre à l’École des Beaux-Arts de Paris à dix-sept ans, dans l’atelier de François-Édouard Picot. Lauréat du Prix de Rome en 1845, il séjourne à la Villa Médicis, où il perfectionne son art au contact des maîtres italiens de la Renaissance..
Cabanel s’illustre par ses sujets historiques, mythologiques ou religieux, portés par un idéalisme raffiné et une technique irréprochable.
La Naissance de Vénus (1863) reste son œuvre la plus célèbre : saluée par Napoléon III, elle fit de lui l’un des peintres les plus en vue du Second Empire.
Sa peinture, qui mêle grâce, sensualité et perfection technique, devient emblématique de l’esthétique académique ; elle sera bien sûr critiquée par les tenants des mouvements émergents comme l'impressionnisme qui la jugent trop rigide et conventionnelle.
Alexandre Cabanel demeure quoiqu'il en soit une figure majeure de l'art du Second Empire, symbolisant l'élégance et la virtuosité technique de son époque ; et ses œuvres peuvent être appréciées pour leur maîtrise et leur capacité à incarner les idéaux esthétiques de son temps.
Ce qui me plaît chez Cabanel, ce n’est pas tant la virtuosité – qui, comme en musique, n'a jamais été mon premier critère – que la retenue : une sensibilité réelle, presque pudique, qui affleure derrière le vernis académique.
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