In girum imus nocte et consumimur igni

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samedi 23 avril 2022

Christ died for our Donuts
Une image et des mots.
Le Christ est mort pour nos Donuts. Pour accompagner cette image, dont j'ignore la provenance et dont j'apprécie la malice, voici quelques lignes d'un ouvrage passionnant de l'historienne Maguelonne Toussaint-Samat : Histoire naturelle et morale de la nourriture (2013).

Née du seul désir de s'enrichir, la colonisation, toujours évidemment accompagnée de violences, ne s'embarrassait pas du désir de "civiliser". Alors, afin de remplacer les populations amérindiennes rapidement décimées, on videra l'Afrique noire de sa "substance humaine" et, au nom de la civilisation et par la grâce de ces nouvelles habitudes alimentaires venues d'ailleurs, de ces superflus devenus indispensables, du sucre, du chocolat, du café, du thé et de bien d'autres gourmandises, commencera un véritable roman d'aventures en autant d'épisodes qu'il y avait de rayons chez l'épicier, un roman haut en goût, en couleur, mais aussi en jouissances et en effrois. Un roman dont le prologue avait, du reste, été écrit depuis des siècles...

AV4
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dimanche 17 avril 2022

J. Avati - Tobacco Road (1951)

La veillée du dimanche. Deux œuvres de James Avati (1912–2005), illustrateur et peintre américain surtout connu pour ses couvertures de romans de poche, qui ont largement marqué le style des éditions populaires américaines des années 1950.
Surnommé le « roi des livres de poche » (King of the Paperbacks), il travaille principalement pour la New American Library et sa collection Signet, et illustre notamment les livres de William Faulkner, Erskine Caldwell, J. D. Salinger, Tennessee Williams ou encore Theodore Dreiser. Il lit les livres avant de travailler sur leur couverture, non seulement pour en connaître l'histoire bien sûr, mais surtout pour en saisir l'atmosphère.

J. A. - Down all your streets
(1953)
Pour ses personnages, il photographie des modèles qu'il met soigneusement en situation, mais aussi ses proches, ses amis ou des gens rencontrés dans la rue.
Il cherche ainsi des attitudes et des visages qui correspondent à l'univers du livre et aux personnages qu'il souhaite représenter.
À une époque où les premières couvertures de paperback jouent volontiers sur le sensationnel, son réalisme tranche par cette attention aux personnages et aux situations qu'il choisit de mettre en scène.
Dans ces deux illustrations, il n'y a pourtant rien de spectaculaire : pas de gestuelle dramatique, pas d'expressions théâtrales. Tout est dans les attitudes, les regards, les rapports entre les personnages.
J'aime aussi énormément ses dessins pour eux-mêmes : le trait, les couleurs, leur beauté tout simplement. J'ai déjà eu l'occasion, dans ce blog, de dire mon goût prononcé pour le monde de l'illustration et pour le travail de certains illustrateurs ; Avati est au nombre de ceux que j'aime le plus. Autant pour ce qu'il raconte que pour la manière dont il le dessine.
Ses couvertures ont contribué à faire reconnaître le paperback comme un véritable domaine de création, et ses images restent aujourd'hui associées à toute une mémoire visuelle de l'Amérique des années 1950 et 1960.
 © Veilleur de Nuit – 2022

LR1

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dimanche 10 avril 2022

H.P. - Under the El, NYC (1949)

La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe documentaire américain Homer Page (1918–1985). Après des études d’art et de psychologie sociale à l’UCLA puis à Berkeley, il devient photographe professionnel en 1944.
Il enseigne ensuite la photographie au San Francisco Art Institute, où il travaille notamment aux côtés d’Ansel Adams (voir avril 2010 et mai 2019), et de Minor White (voir août 2013 et sept. 2019).
H. Page - New York (1949)

Par l’intermédiaire de Dorothea Lange, Page rencontre également Edward Steichen, alors responsable du département de photographie du Museum of Modern Art de New York, qui l’invite à participer à plusieurs expositions du musée.
Son travail porte principalement sur la vie urbaine américaine de l’après-guerre, à New York comme à San Francisco. Il photographie les rues, les passants, les lieux ordinaires, avec une empathie discrète et – il me semble – une grande sensibilité à la solitude moderne.
Ses photographies sont très ordinaires, au fond. Rien de manifeste dans ses clichés, aucun regard social appuyé, aucune prétention poétique. Beaucoup de photographes de rue affichent davantage l’un ou l’autre ; chez Page, s'ils sont là, ils restent discrets. J'aime beaucoup son travail. Longtemps sous-estimée – peut-être pour ces raisons –, l’œuvre subtile et lucide d’Homer Page demeure aujourd’hui encore trop peu connue.
 © Veilleur de Nuit – 2022

JP1

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E.L. - Les travaux aux champs (1918) La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre belge Eugène Laermans (1864-1940). J’ai eu plusieurs fo...