In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 13 mars 2022

J. Dieuzaide - Berger, Bigorre (1953)
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe Jean Dieuzaide (1921-2003). Né à Toulouse, il se forme au dessin et à la photographie avant la Seconde Guerre mondiale. Après 1945, il développe une œuvre très diverse, allant du portrait au reportage, mais aussi de l’architecture au paysage. Figure importante de la photographie humaniste française, il contribue également à faire reconnaître la photographie comme un art à part entière en France, tout en restant profondément attaché à son territoire du Sud-Ouest, qu’il photographie avec constance.

J.D. - Matin, pl. du Capitole, Toulouse
(1961)
Chez Dieuzaide, la lumière est toujours centrale – « écrire avec la lumière », comme le suggère le mot même de photographie. Ses images reposent sur une grande attention aux gestes, aux postures et aux détails du quotidien.
« On a longtemps présenté Jean Dieuzaide comme un photographe de la réalité, le témoin d’instants de bonheur fugaces, l’artisan de photographies incarnant l’harmonie du monde et le passeur de la noblesse des œuvres humaines. (…) » écrit Françoise Denoyelle dans le beau livre Jean Dieuzaide, Soixante ans de photographie, publié aux éditions de Juillet.
KA3

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dimanche 6 mars 2022

Ivan Marchuk - Tendresse (1984)

La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre ukrainien Ivan Marchuk (b.1936), figure majeure de l'avant-garde ukrainienne contemporaine. De 1951 à 1956 il étudie à l’École d’Arts Appliqués de Lviv, où des enseignants progressistes l'encouragent à dépasser les limites imposées par le réalisme socialiste. En 1959, il rejoint un groupe clandestin dirigé par son professeur Karl Zvirynskyi, qui l’initie à l’art non autorisé, mais aussi à l’histoire, la musique, la littérature et la religion.
Après son service militaire, Marchuk subsiste en réalisant des affiches pour des usines et des théâtres, puis travaille à l’Académie des sciences d’Ukraine.

I.M. - Nuit dans la steppe (1984)
Mais son indépendance d’esprit attire l’attention du KGB : ses toiles, jugées trop sombres, s’écartent de l’optimisme officiel du réalisme socialiste. Exclu de l’Union des artistes de l’URSS, il ne peut ni exposer ni vendre ses œuvres jusqu’en 1980, lorsqu’il bénéficie du soutien d’écrivains ukrainiens pour organiser sa première exposition à Kyiv.
En 1985, la perestroïka de Gorbatchev met fin à la surveillance dont il faisait l’objet ; à partir de 1989 il quitte l’URSS et vit successivement en Australie, à Toronto puis à New York, avant de revenir s’établir à Kyiv en 2001.
Malgré l’exil, il n’a jamais perdu son lien à sa terre natale : fils de tisserands, il a mis au point une technique singulière, le pliontanisme (du dialectisme ukrainien occidental пльонтати : tisser, entrelacer), qui donne à ses toiles un aspect de réseau organique, comme un tissu de lumière et de matière. Aujourd’hui reconnu comme l’un des grands artistes ukrainiens contemporains, Ivan Marchuk résume avec poésie l’ambition de son œuvre : « Donnez-moi mille ans, et je peindrai le ciel. »

DG7
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samedi 5 mars 2022

Anonyme - Inna Shevshenko, Paris
Une image et des mots. La femme est un démon pour les religieux.
J'ai choisi, à quelques jours de la Journée internationale de la femme - et deux semaines après le début de l'agression de l'Ukraine par la Russie -, de rappeler ces mots de l'activiste et militante ukrainienne Inna Shevshenko.
La voici en 2013 dans un quartier de Paris, au moment où elle se vit accusée d'islamophophie pour un tweet où elle interrogeait :
Qu'est-ce qui peut être plus stupide que le Ramadan ? 
Qu'est-ce qui peut être plus laid que cette religion ?
Que l'on adhère ou pas à ses positions et à ses méthodes, il faut saluer le courage de cette femme qui face à Loukachenko (qui l'a faite enlever et torturer), et face à Poutine encore, incarne aussi aujourd'hui toute la bravoure des femmes ukrainiennes.
On ne sait rien de l'admirable activité des femmes, et même les féministes ignorent les trois-quarts de ce qu'ont fait, dans tous les ordres de préoccupations humaines, leurs aïeules, leurs mères, ... ou leurs contemporaines.
Marguerite Durand (1932), fondatrice en 1897 du journal La Fronde.
MO2

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dimanche 27 février 2022

M.D. - Culture de la confrontation (2014)

La veillée du dimanche. Deux clichés du photojournaliste ukrainien Maxim Dondyuk (b.1983). Connu pour son approche documentaire et son attention aux destins humains, Dondyuk s’est imposé sur la scène internationale en témoignant de grands bouleversements contemporains : la révolution de Maïdan (2013-2014), la guerre en Ukraine, ou encore des crises de santé publique comme la tuberculose.

M.D. - Sans titre
Son approche associe la rigueur du reportage à une sensibilité profondément esthétique ; comme ici au cœur du chaos, il compose des images d’une beauté sombre, où la lumière devient presque un langage de résistance.
Son projet Culture of the Confrontation, consacré aux affrontements de Maïdan, a été salué dans le monde entier et exposé dans de grandes institutions.
Ses photographies ont paru dans TIME, Der Spiegel, Le Monde, entre autres, et lui ont valu plusieurs distinctions internationales, dont le Prix Pictet. Aujourd’hui, Maxim Dondyuk poursuit son travail en Ukraine, documentant la guerre et les cicatrices qu’elle laisse sur les paysages et les visages de son pays.

C.C. - All on a summer's day (1888) La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre anglais Charles Conder (1868-1909), qui fut, avec To...