In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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samedi 4 janvier 2020

Anon.
Une image et des mots. "Mignonne allons voir si la rose...". J'ignore de qui est ce portrait sans titre d'un couple amoureux que l'on imagine survivants dans un monde post-apocalyptique. Veut-il nous dire que le plus beau des sentiments prévaudra toujours et que, quel que soit le monde où nous vivrons, c'est l'amour toujours qui le rendra respirable? Pour les accompagner j'ai choisi un des plus beaux poèmes d'amour en langue anglaise de l'ère victorienne, le sonnet 43 des Sonnets portugais d'Elizabeth Barrett Browning (1806-1861).

How do I love thee? Let me count the ways.
I love you to the depth and breadth and height
My soul can reach, when feeling out of sight
For the ends of being and ideal grace.
I love thee to the level of everyday's
Most quiet need, by sun and candle-light.
I love thee freely, as men strive for right.
I love thee purely, as they turn from praise.
I love thee with the passion put to use
In my old griefs, and with my childhood's faith.
I love thee with a love I seemed to lose
With my lost saints. I love thee with the breath,
Smiles, tears, of all my life; and, if God choose,
I shall but love thee better after death
.
CP2

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dimanche 29 décembre 2019

Ragnar Axelsson - Faces of the North

La veillée du dimanche. Deux clichés du photojournaliste islandais Ragnar 'Rax' Axelsson (b.1958), dont l'œuvre, presque entièrement en noir et blanc, est consacrée aux paysages de l'Arctique et à ceux qui y vivent.
Depuis près de quarante ans, il parcourt le Grand Nord. Il y partage le quotidien de chasseurs inuits au Groenland, de fermiers isolés dans les campagnes islandaises ou d'éleveurs de rennes en Sibérie, tout en témoignant des bouleversements qui touchent ces régions fragiles.
R.A. - Faces of the North

Il vit avec ceux qu'il photographie, partage leurs silences, leurs trajets, leurs gestes quotidiens. Ses images, toujours en noir et blanc, sont à la fois rudes et profondément humaines. Elles tiennent autant du documentaire que de la poésie.
Au fil de ces portraits habités, de ces images du froid, de la solitude, mais aussi de la fierté tranquille de ces vies liées à la terre, à la glace et aux bêtes, se dessine peu à peu la mémoire d'un monde arctique qui, lentement, bascule.
« After accompanying Arctic hunters for almost 40 years, witnessing the changes in Greenland's sea ice, and sensing friends' and hunters' worries about their future, one cannot look away.
There is no doubt in their minds that something is happening. When passing a house in Thule some thirty years ago, an old hunter said, "There is something wrong. It should not be like this. The big ice is sick." »
 © Veilleur de Nuit – 2019

DD1
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dimanche 22 décembre 2019

Q.B. - L'atelier du tailleur (1661)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre du siècle d'or néerlandais Quiringh (ou Quirijn) van Brekelenkam (1622-1668), évoqué en octobre dernier. Influencé par Gerrit Dou (voir 10 novembre), son aîné et maître présumé, il se spécialise dans la scène de genre intimiste : intérieurs modestes baignés d'une lumière douce et feutrée, ateliers, cuisines, échoppes, où s’affairent des artisans et des femmes occupées aux travaux domestiques.
Avec une attention infinie aux détails, Van Brekelenkam restitue le grain des étoffes, les reflets sur le cuivre ou la lumière qui glisse sur une surface de bois. Membre de la guilde de Saint-Luc de Leyde dès 1648, il est associé au courant des fijnschilders. Mais rien de spectaculaire dans cet univers : aucune allégorie grandiloquente, juste la beauté simple des gestes ordinaires et la dignité du quotidien.

Q.B. - Une famille au foyer (1665)
Après ses premières séries consacrées aux artisans au travail – notamment treize versions d’un tailleur dans son atelier –, Van Brekelenkam s'ouvre aussi à des scènes de compagnie plus narratives, inspirées par Gabriel Metsu (sa Conversation sentimentale par exemple, qui rappelle La femme assise en compagnie d'un joueur de violon) ou par Pieter de Hooch.
Moins célèbre que certains de ses contemporains, il reste pourtant l’un de ces peintres qui, par de petits formats et des sujets simples, ont su conserver la trace d’une époque.
 © Veilleur de Nuit – 2019

E.L. - Les travaux aux champs (1918) La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre belge Eugène Laermans (1864-1940). J’ai eu plusieurs fo...