In girum imus nocte et consumimur igni

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samedi 4 août 2018

Aegidii Albertini Hirnschleiffer
Une image et des mots. Cette illustration, un renard avec un masque, est tirée d'un ouvrage intitulé  Aegidii Albertini Hirnschleiffer et publié pour la première fois en 1618 à Munich.
Aegidius Albertinus (vers 1560-1620) était un écrivain, traducteur et éditeur allemand d'origine flamande qui a joué un rôle clé dans la diffusion des idées catholiques en Allemagne pendant la Contre-Réforme.
Le titre Hirnschleiffer, pourrait être une métaphore ou un terme symbolique en allemand ancien ; Hirn signifiant "cerveau" et Schleiffer (aujourd'hui Schleifer) "aiguisoir" ou "affuteur". Le titre pourrait donc se traduire approximativement par "L’aiguiseur d’esprit", suggérant un texte destiné à affiner ou éveiller l’intellect, potentiellement un ouvrage de nature religieuse, philosophique ou morale. 
Je n'en sais pas plus sur le contenu de cet ouvrage ; mais pour aller avec l'illustration, voici quelques lignes d'Hannah Arendt, extraites de "La crise de la culture" (1954).

Il n'a jamais fait de doute pour personne que la vérité et la politique sont en assez mauvais termes, et nul, autant que je sache, n'a jamais compté la bonne foi au nombre des vertus politiques. Les mensonges ont toujours été considérés comme des outils nécessaires et légitimes du métier de politicien et de démagogue.
NH1

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dimanche 29 juillet 2018

J. Ternoff - One and one
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres de l’artiste américaine Janet Ternoff (b.1985). Autodidacte, elle se consacre à la peinture réaliste de paysages urbains, principalement à New York, où elle est née et vit toujours.
Je connais assez peu son parcours, ses influences ou ses références, mais j’apprécie beaucoup son travail.
Au-delà de la précision de l’observation et du soin apporté à la restitution des détails, ce que j’aime surtout, c’est l’atmosphère de ses toiles – une atmosphère née de la composition, du choix de l'angle de vue, des nuances de couleur et de la place qu'occupent les personnages lorsqu'ils apparaissent.

J.T. - Verrazano Bridge
J’ai un faible pour ses représentations de lieux emblématiques comme le JG Melon, l'un des plus iconiques et anciens restos de burgers de New York,  ou la pizzeria Lombardi’s, dans le quartier de Little Italy, même si ce ne sont pas ceux que j’ai retenus pour cette publication… Une prochaine fois, peut-être, quand j'en saurai davantage sur elle et sur son œuvre. En attendant : son blog, et son site.
LD1

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dimanche 22 juillet 2018

Ed Clark - La rue Norvins, Paris (1946)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe américain Edward Clark (1911-2000). Né à Nashville, dans le Tennessee, Edward Clark abandonne le lycée pour travailler au Nashville Tennessean en prétendant être déjà photographe – un pari audacieux qui fonctionne et marque le début d’une longue carrière.

E.C. - Marilyn Monroe
Griffith Park, L.A.
 (1950)
Il rejoint Life comme pigiste dès 1936 et devient photographe permanent en 1944, tout en continuant à vivre à Nashville, un privilège concédé par le journal en raison de la qualité de son travail : il est l'auteur du célèbre cliché de l'adjudant-chef Graham Jackson pleurant le président Roosevelt le 13 avril 1945. Mais, de toutes les photographies qu'il réalisa pour le great American magazine, son portrait d'un jeune peintre dans une rue de Montmartre (ci-dessus) est, de son propre aveu, celle qu'il préférait.
« I didn't know where France was, let alone Paris. It was so beautiful that I just started photographing. » Une phrase qui dit mieux qu'un discours ce qu'était, chez Edward Clark, le bonheur très simple de voir.
AV3
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dimanche 15 juillet 2018

Titien - L'homme au gant (c.1520)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres de Tiziano Vecellio, plus connu sous le nom de Titien ou Le Titien (c.1488-1576), peintre de l'école vénitienne, attachée à la couleur — « Le coloris est l’âme de la peinture », disait-on alors dans la Sérénissime —, et l’une des trois grandes figures, avec Véronèse et Le Tintoret, de la Renaissance vénitienne tardive.
On lui doit aussi bien des retables monumentaux, comme l’Assomption de la Vierge (1518), que des portraits d’une intensité psychologique inédite, ou encore les grandes séries mythologiques destinées aux cours princières d’Europe.

Titien - La Vénus d'Urbin (1538)
Né dans une famille aisée de militaires et de juristes, celui qui deviendra le « portraitiste des princes » est placé à l’âge de 10 ans chez le mosaïste Zucato, à Venise. Cinq ans plus tard, il rejoint l’atelier de Bellini où il fait la connaissance de Giorgione, avec qui il se lie d’amitié. Sa carrière est alors lancée. Impossible en quelques lignes de résumer la carrière et la vie de celui qui a travaillé pour les plus grands de son temps – Charles Quint, Philippe II d’Espagne, les doges de Venise – tout en sachant garder une liberté d’invention qui fait de son œuvre un sommet de la peinture occidentale.
Chez le Titien, la couleur semble porter à elle seule toute la chaleur de la vie. Ses personnages ne sont jamais de simples figures peintes : ils ont une présence, une chair, une intensité qui traversent les siècles. C’est sans doute ce qui explique pourquoi son œuvre donne encore aujourd’hui le sentiment que la peinture peut rivaliser avec la réalité. Par sa maîtrise de la couleur, le Titien a compté parmi les plus grands peintres de son temps.

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