In girum imus nocte et consumimur igni

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samedi 4 août 2018

Aegidii Albertini Hirnschleiffer
Une image et des mots. Cette illustration, un renard avec un masque, est tirée d'un ouvrage intitulé  Aegidii Albertini Hirnschleiffer et publié pour la première fois en 1618 à Munich.
Aegidius Albertinus (vers 1560-1620) était un écrivain, traducteur et éditeur allemand d'origine flamande qui a joué un rôle clé dans la diffusion des idées catholiques en Allemagne pendant la Contre-Réforme.
Le titre Hirnschleiffer, pourrait être une métaphore ou un terme symbolique en allemand ancien ; Hirn signifiant "cerveau" et Schleiffer (aujourd'hui Schleifer) "aiguisoir" ou "affuteur". Le titre pourrait donc se traduire approximativement par "L’aiguiseur d’esprit", suggérant un texte destiné à affiner ou éveiller l’intellect, potentiellement un ouvrage de nature religieuse, philosophique ou morale. 
Je n'en sais pas plus sur le contenu de cet ouvrage ; mais pour aller avec l'illustration, voici quelques lignes d'Hannah Arendt, extraites de "La crise de la culture" (1954).

Il n'a jamais fait de doute pour personne que la vérité et la politique sont en assez mauvais termes, et nul, autant que je sache, n'a jamais compté la bonne foi au nombre des vertus politiques. Les mensonges ont toujours été considérés comme des outils nécessaires et légitimes du métier de politicien et de démagogue.
NH1

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dimanche 29 juillet 2018

Adelsteen Normann - Ships in the sunset
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre paysager norvégien Adelsteen Normann (1848-1918) grand maître des fjords et des lumières du Nord. Formé de 1869 à 1872 à l’Académie des Beaux-Arts de Düsseldorf, Normann s’inscrit dans la tradition du paysage romantique tout en développant une sensibilité propre à la grandeur des paysages scandinaves. Il est notamment reconnu pour ses vues spectaculaires des fjords norvégiens, leurs eaux profondes et leurs montagnes austères.
Adelsteen Normann - Sunset
« Ce que je cherche à peindre, c’est le silence. »
Installé à Berlin à partir de 1883, il y joue un rôle important sur la scène artistique, allant jusqu’à inviter son compatriote Edvard Munch à y exposer ; c’est d’ailleurs là que sera peint Le Cri.
La peinture de Normann, amoureux des fjords, est une célébration ardente de la beauté naturelle et témoigne d’une profonde communion avec les paysages de son pays natal.
Il meurt en 1918, la même année que Schiele, mais, à l’opposé de ce dernier, son œuvre demeure tournée vers l’harmonie, la contemplation, et l'idée d'une nature immuable. « Dans les rêves d’enfance, les paysages ont ce silence et cette ampleur », écrivait T. E. Lawrence dans Les Sept Piliers de la sagesse.
NM1

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dimanche 22 juillet 2018

Ed Clark - La rue Norvins, Paris (1946)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe américain Edward Clark (1911-2000). Né à Nashville, dans le Tennessee, Ed Clark abandonne le lycée pour travailler au Nashville Tennessean en prétendant être déjà photographe - un coup de bluff qui fonctionne et marque le début d’une longue carrière.
E.C. - Marilyn Monroe
Griffith Park, L.A.
 (1950)

Il rejoint Life comme pigiste dès 1936 et devient membre du personnel en 1944, tout en continuant à vivre à Nashville, une exception acceptée par Life grâce à la qualité de son travail : il est l'auteur du célèbre cliché de l'adjudant-chef Graham Jackson pleurant le défunt président Roosevelt le 13 avril 1945.
Mais de tous les clichés réalisés pour le great American magazine, son portrait d’un jeune peintre dans une rue de Montmartre (ci-dessus) est de son propre aveu celui qu’il préfère..
I didn't know where France was, let alone Paris. It was so beautiful that I just started photographing.
AV3
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dimanche 15 juillet 2018

Titien - L'homme au gant (c.1520)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres de Tiziano Vecellio, plus connu sous le nom de Titien ou Le Titien (c.1488-1576), peintre de l'école vénitienne attachée à la couleur 
- « Le coloris est l’âme de la peinture », disait-on alors dans la Sérénissime -, et l'une des trois grandes figures, avec Véronèse et Le Tintoret, de la Renaissance tardive.
On lui doit aussi bien des retables monumentaux, comme l’Assomption de la Vierge (1518), que des portraits d’une intensité psychologique inédite, ou encore les grandes séries mythologiques destinées aux cours princières d’Europe.

Titien - La Vénus d'Urbin (1538)
Né dans une famille aisée de militaires et de juristes, celui qui deviendra le "portraitiste des princes" est placé à l'âge de 10 ans chez le mosaïste Zucato, à Venise. Cinq ans plus tard, il rejoint l'atelier de Bellini où il fait la connaissance de Giorgione avec qui il se lie d'amitié ; et le reste appartient à l'histoire. Impossible en quelques lignes de résumer la carrière et la vie de celui qui a travaillé pour les plus grands de son temps - Charles Quint, Philippe II d'Espagne, les doges de Venise - tout en sachant garder une liberté d’invention qui fait de son œuvre un sommet de la peinture occidentale. Est-ce exagéré de dire que le Titien, par sa maîtrise de la couleur, surpassait tous les peintres de son temps ? La chaleur illumine sa peinture, ses personnages sont irradiants de vie, son oeuvre est le testament d'un génie qui a laissé une marque ineffaçable dans l'histoire de l'art.

Shellie Garber - Still waters (2025) Une image et des mots. Un tableau de l'artiste américaine Shellie Garber.