In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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samedi 19 avril 2014

Jean Poyer - Livre d'heures d'Henry VIII (c.1500)
Une image et des mots. Une illustration du peintre et enlumineur tourangeau Jean Poyer (1445-1503) et, pour aller avec, le Sonnet 116 de William Shakespeare.

Let me not to the marriage of true minds
Admit impediments; love is not love 
Which alters when it alteration finds, 
Or bends with the remover to remove. 
O no, it is an ever-fixèd mark 
That looks on tempests and is never shaken;
It is the star to every wand'ring bark 
Whose worth's unknown, although his height be taken. 
Love's not time's fool, though rosy lips and cheeks 
Within his bending sickle's compass come.
Love alters not with his brief hours and weeks,
But bears it out even to the edge of doom:
If this be error and upon me proved,
I never writ, nor no man ever loved.

***
Qu’aucun obstacle ne vienne troubler
L’union de deux esprits fidèles ;
L’amour n’est pas l’amour
S’il change lorsque l’autre change,
Ou s’il fléchit quand on veut l’en détourner.

Non ! L’amour est un phare immuable,
Qui voit la tempête sans jamais trembler ;
C’est l’étoile de tout vaisseau errant,
Dont on mesure la hauteur, non la valeur.

L’amour n’est point le jouet du temps,
Bien que lèvres et joues roses
Tombent sous sa faucille courbée ;
L’amour ne change pas avec les jours qui passent,
Mais il résiste jusqu’à la fin des temps.

Si je me trompe et qu’on me le prouve,
Alors je n’ai jamais écrit,
Et nul homme n’a jamais aimé.
JM3

ICI

dimanche 13 avril 2014

Bruno Réquillart - Seascape 1 (1970s)
Le vide-grenier du dimanche.
Deux clichés du français Bruno Réquillart (b.1947), photographe du silence, du retrait et des formes discrètes du vivant.
« J’essaie de photographier ce qui n’attire pas le regard », disait-il dans un entretien.
Issu d’une formation scientifique, Bruno Réquillart s’est tourné vers la photographie au tournant des années 1980. 
Son travail, souvent en noir et blanc, s’inscrit dans une veine rigoureuse, minimaliste, presque contemplative.

B. Réquillart - Paris (1970s)
Il photographie des paysages, des visages, des fragments d’objets ou d’architectures, mais toujours avec cette attention portée à la lumière, à la matière, à ce qui, dans l’ombre ou le détail, raconte plus que ce qui s’impose d’emblée au regard.
Après avoir documenté l'atmosphère libertaire soixante-huitarde, il se tourne vers la photographie plus conceptuelle d'objets du quotidien urbain. Ce sera le cas, par exemple, avec sa série Constats : poteaux, panneaux publicitaires, rideaux métalliques, troncs d'arbres.....; c’est peut-être là que réside sa force : faire surgir une beauté muette des choses ordinaires, nous rappeler que le visible n’épuise jamais tout ce qu’il y a à voir.
Il s'adonne ensuite à la peinture et en 1992 fait don à l'État de tous ses négatifs et tirages, comme l'avait fait avant lui, en 1979, Jacques-Henri Lartigue.
Il revient à la photographie au début des années 2000 en se consacrant principalement aux paysages parisiens.
"Certaines photographies, je ne sais plus lesquelles mais je me souviens de la sensation, sont nées d'un brusque retournement. Comme si une présence, dans mon dos, m'appelait : c'était une photo."
WD1

ICI

dimanche 6 avril 2014

A. Bloemaert - Le joueur de flûte (1621)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre et graveur néerlandais Abraham Bloemaert (1564-1651), figure majeure de la peinture néerlandaise à la transition entre maniérisme et baroque.
A.B. - Les disciples d'Emmaüs (1622)

Considéré comme le père de l' École d'Utrecht. il fut également, en 1611, l’un des fondateurs de la Guilde de Saint-Luc.
Après une brève période "caravagesque" - courant majeur de l’École d’Utrecht, ICI, illustrée par ces deux toiles -Blomaert revient au classicisme, puisant toujours son inspiration dans la mythologie, les scènes pastorales et bibliques.

samedi 5 avril 2014

Les enfants d'Izieu
Une image et des mots. Ces enfants juifs, de différentes nationalités, avaient pendant la Seconde Guerre mondiale trouvé refuge dans une grande bâtisse sur la commune d'Izieu, dans l'Ain. 
Il y a aujourd'hui 70 ans jour pour jour, le 6 avril 1944, la Gestapo a raflé les 44 enfants de la colonie pour les envoyer à Drancy puis à Auschwitz où ils ont été assassinés. Le plus jeune avait 4 ans.

Les mots qui suivent sont un poème de Jean-Pierre Siméon (b.1950), extrait de Ici (2009)

À l'impossible on est tenu

Oui je sais que
la réalité a des dents
pour mordre
que s'il gèle il fait froid
et que un et un font deux

je sais je sais
qu'une main levée
n'arrête pas le vent
et qu'on ne désarme pas
d'un sourire
l'homme de guerre

mais je continuerai à croire
à tout ce que j'ai aimé
à chérir l'impossible
buvant à la coupe du poème
une lumière sans preuves

car il faut très jeune
avoir choisi un songe
et s'y tenir
comme à sa fleur tient la tige

contre toute raison
.
GM2

ICI

Shellie Garber - Still waters (2025) Une image et des mots. Un tableau de l'artiste américaine Shellie Garber.