In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 7 juillet 2013

Alexander Deïneka - Donbass (1947)
Le vide-grenier du dimanche. Deux toiles du  peintre et illustrateur soviétique Alexander Deïneka (1899-1969), vaillant représentant du réalisme socialiste.
Il étudie au Lycée d'Art de Kharkov (aujourd'hui Kharkiv en Ukraine) et, soutenant la révolution russe, il s'engage en 1919 dans l'Armée Rouge. Par la suite il part étudier aux Vkhoutemas où il rencontre le poète Vladimir Maïakovski.

A. Deïneka - Femme lisant (1943)





Il réalise sa première grande oeuvre historico-révolutionnaire en 1929, La défense de Pétrograd, et devient en 1931 membre de l'Association des artistes prolétariens.
"L’artiste doit parler de son temps", affirmait-il.
Sa peinture enthousiaste de sportifs vigoureux et d'ouvriers ardents à la tâche exprime toute sa ferveur révolutionnaire et sa foi en des lendemains qui chantent, même si certaines de ses peintures s'éloignent du discours idéologique pour laisser place à des scènes plus touchantes.
DG2

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samedi 6 juillet 2013

Los Angeles
Une image et des mots. Cette vue de Los Angeles la nuit, prise depuis le Griffith Observatory, elle n'a rien d'extraordinaire... Mais elle me rappelle tant de scènes de cinéma.
Et les mots pour l'accompagner sont de Jean Baudrillard, extraits de Amérique (1986).

"Rien n'égale le survol de Los Angeles la nuit. Une sorte d'immensité lumineuse, géométrique, incandescente, à perte de vue, qui éclate dans l'interstice des nuages. Seul l'enfer de Jérôme Bosch donne cette impression de brasier. Fluorescence voilée de toutes les diagonales, Wilshire, Lincoln, Sunset, Santa Monica. En survolant San Fernando Valley, c'est déjà l'infini horizontal, dans toutes les directions. Mais, passé la montagne, c'est une ville dix fois plus immense qui saute aux yeux. Jamais le regard n'aura été livré à une telle extension, la mer elle-même ne donne pas cette impression, car elle n'est pas géométriquement divisée. [...] Pour nous les fanatiques de l'esthétique et du sens, de la culture, de la saveur et de la séduction, pour nous pour qui cela seul est beau qui est profondément moral, et seule passionnante la distinction héroïque de la nature et de la culture, pour nous qui sommes indéfectiblement liés aux prestiges du sens critique et de la transcendance, pour nous c'est un choc mental et un dégagement inouï de découvrir la fascination du non-sens, de cette déconnexion vertigineuse également souveraine dans les déserts et dans les villes.  Découvrir qu'on peut jouir de la liquidation de toute culture et du sacre de l'indifférence."
MO1

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dimanche 30 juin 2013

Josef Koudelka - Irlande (1972)

Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe français d'origine tchèque Josef Koudelka  (b.1938). Ingénieur de formation, il se tourne vers la photographie dans les années 1960 en documentant d’abord la vie des communautés roms en Tchécoslovaquie. En août 1968, ses images de l’invasion de Prague par les chars soviétiques font le tour du monde. Publiées anonymement sous les initiales P.P. (Prague Photographer), elles deviennent l’un des témoignages visuels majeurs de cet événement. 

J.K. - France (1980)
Contraint de quitter son pays, Koudelka rejoint Magnum et poursuit un travail en marge des circuits classiques du reportage.
Il développe alors une œuvre plus libre, centrée sur des paysages désertés, des territoires industriels ou agricoles abandonnés.
"J'ai grandi dans un pays où je n'avais pas de liberté. Je connais son prix et veux la garder, j'ai toujours refusé les travaux de promotion ou de publicité, je n'ai jamais travaillé pour la presse. J'ai toujours photographié pour moi-même. Je fais ce que je veux ! Je ne photographie pas ce que je vois, je photographie ce que je ressens."

RL2

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dimanche 23 juin 2013

S. M. - Nature morte fleurs, pêches et ananas
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres de Zygmunt Menkès (1896-1986), peintre d’origine polonaise formé à Lviv, puis à Munich et Paris, avant de s’établir à New York pour fuir le nazismeIssu d’un milieu juif hassidique, Menkès mêle dans son œuvre les influences de la tradition religieuse et celles de la modernité européenne. Installé à Paris dans les années 1920, il rejoint l'École de Paris, ce cercle informel d’artistes venus d’Europe centrale et orientale où il côtoie Soutine, Chagall ou Pascin. Il part aux États-Unis en 1935, où il enseigne pendant de nombreuses années à l’Art Students League de New York, tout en poursuivant une œuvre exposée à Paris, en Europe et en Amérique.
S.M. - Femme en intérieur

Dès ses premières œuvres, Menkès s’oriente vers une peinture figurative construite par la couleur, où les figures restent lisibles mais fortement stylisées. Les intérieurs, les portraits et les scènes de la vie juive constituent l’un de ses répertoires essentiels : « Il faut peindre non seulement ce que l’on voit, mais ce que l’on sent, ce que l’on sait, et parfois aussi ce que l’on regrette. »
Avec le temps, sa peinture devient plus construite. Les formes se simplifient, les contours se marquent davantage. La couleur, souvent vive, joue un rôle essentiel dans l’organisation de l’image ; dans ses scènes américaines, les intérieurs sont remplis d’objets et de lignes qui se croisent. Il constituera, avec trois autres peintres expressionnistes, Aberdam, Weingart et Weissberg, le groupe auquel Gallimard a consacré en 2000 un bel ouvrage intitulé École de Paris, le Groupe des Quatre.

Peter Turnley - New York (2013) Une image et des mots. Un cliché du photographe américain Peter Turnley, et quelques vers d'Emma Lazaru...