| BC1 |
In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0
dimanche 7 avril 2013
samedi 6 avril 2013
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| Jason deCaires Taylor - Inertia |
"Voyages, coffrets magiques aux promesses rêveuses, vous ne livrerez plus vos trésors intacts. Une civilisation proliférante et surexcitée trouble à jamais le silence des mers. Les parfums des tropiques et la fraîcheur des êtres sont viciés par une fermentation aux relents suspects, qui mortifie nos désirs et nous voue à cueillir des souvenirs à demi corrompus.
Aujourd'hui où des îles polynésiennes noyées de béton sont transformées en porte-avions pesamment ancrés au fond des mers du Sud, où l'Asie tout entière prend le visage d'une zone maladive, où les bidonvilles rongent l'Afrique, où l'aviation commerciale et militaire flétrit la candeur de la forêt américaine ou mélanésienne avant même d'en pouvoir détruire la virginité, comment la prétendue évasion du voyage pourrait-elle réussir autre chose que nous confronter aux formes les plus malheureuses de notre existence historique ? Cette grande civilisation occidentale, créatrice des merveilles dont nous jouissons, elle n'a certes pas réussi à les produire sans contrepartie. Comme son oeuvre la plus fameuse, pile où s'élaborent des architectures d'une complexité inconnue, l'ordre et l'harmonie de l'occident exigent l'élimination d'une masse prodigieuse de sous-produits maléfiques dont la terre est infectée. Ce que d'abord vous nous montrez, voyages, c'est notre ordure lancée au visage de l'humanité.
Je comprends alors la passion, la folie, la duperie des récits de voyage. Ils apportent l'illusion de ce qui n'existe plus et qui devrait être encore, pour que nous échappions à l'accablante évidence que vingt-mille ans d'histoire sont joués.
Il n'y a plus rien à faire : la civilisation n'est plus cette fleur fragile qu'on préservait, qu'on développait à grand peine dans quelques coins abrités d'un terroir riche en espèces rustiques, menaçantes sans doute par leur diversité, mais qui permettaient aussi de varier et de revigorer les semis. L'humanité s'installe dans la monoculture, elle s'apprête à produire la civilisation en masse, comme la betterave. Son ordinaire ne comporte plus que ce plat."
Dans quel océan de laideur et de médiocrité nous sommes-nous plongés ?
mercredi 3 avril 2013
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| Fred - Philémon |
dimanche 31 mars 2013
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| J.R. - Ivor Brock walking up West Lane (1974) |
Il vient à la photographie après avoir découvert une exposition consacrée à Henri Cartier-Bresson, puis s’installe au début des années 1970 dans le nord du Devon, où il entreprend de documenter la vie rurale autour du village de Beaford.
Pendant près de vingt ans, il arpente les chemins, les hameaux, et accumule plus de 80 000 clichés en noir
et blanc sur le quotidien et les habitants de la région.
« What I record is vanishing ». Conscient de voir disparaître un mode de vie il en saisit les gestes, les paysages et les habitudes. L'oeuvre de James Ravilious compose un portrait à la fois intime et universel d’un monde façonné par le labeur et par le temps ; il sait au moment où il regarde qu'il ne sera bien tôt plus tout à fait le même.
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