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In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0
dimanche 22 novembre 2009
samedi 21 novembre 2009
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| Käthe Kollwitz - Les survivants (1923) |
Plus l’horreur est abyssale, plus les mots semblent dérisoires face à l’ampleur de ce qu’ils tentent d'exprimer, la douleur humaine et la lutte pour la survie en temps de guerre. Il faudrait une profusion infinie de paroles pour espérer en rendre compte, même si aucune ne saurait véritablement l’épuiser. Alors, face à l’indicible, c'est peut-être la sobriété qui s’impose comme la forme d’expression la plus juste.
La phrase d’Etty Hillesum, à la fois simple et bouleversante, ne cherche pas à tout dire, mais à toucher l’essentiel : un élan de compassion, fragile et immense, face à l’irréparable : "on voudrait être un baume versé sur tant de plaies". Il s'agit de la dernière ligne de Une vie bouleversée, le journal d'Etty Hillesum, gazée à Auschwitz le 30 novembre 1943.
Un chapitre lui est consacré dans le livre de Michel Terestchenko, Un si fragile vernis d'humanité.
dimanche 15 novembre 2009
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| Arman - Home sweet home (1960) |
J’ai souvent quelques réserves devant l’art conceptuel, ou plus largement devant certaines formes d’art contemporain, tant elles compliquent la vieille question : qu’est-ce qu’une œuvre d’art ?.
Si l’on compare, par exemple, la production de Piero Manzoni à celle de ses illustres compatriotes de la Renaissance, on ne peut que s'émerveiller de la formidable élasticité du mot « artiste ».
Si l'on répond à cette question en disant que l'art, c'est ce qui rend la vie plus belle que l'art, alors l’art conceptuel pousse peut-être cette idée jusqu’à l’absurde : non pas parce qu'il sublime ou magnifie la vie, mais parce que ce qu'il propose est parfois si laid et absurde que, par contraste, même la vie dans ce qu'elle a de plus grotesque pourrait sembler plus belle.
Cela dit, ces deux compositions d’Arman me plaisent assez pour figurer ici. Après tout, ses accumulations ne sont pas seulement des « idées » : elles possèdent une véritable présence plastique. Les montres, les violons cassés, les pinceaux ou les objets enfermés dans la matière ont une dimension presque baroque. Je pourrais même dire qu'il y a chez lui quelque chose qui rejoint mon intérêt pour la matière, les traces, les objets porteurs d'une histoire.
À moins que je ne bluffe et que leur publication ne soit pour moi qu'un prétexte bien commode pour exprimer, mine de rien, ce que je pense de certains courants de la création contemporaine ?
dimanche 8 novembre 2009
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| Anon. (1961) |
Sur la première image, un soldat est-allemand désobéit aux consignes pour aider un enfant à rejoindre les siens.
La scène se déroule probablement en août 1961, dans les jours qui suivent le début de la construction du mur de Berlin. À ce moment-là, les premières séparations sont encore faites de simples barbelés et beaucoup de Berlinois tentent de passer d’un côté à l’autre.
Je ne connais pas l’auteur de cette photographie, mais je la trouve très émouvante : elle montre moins un événement historique qu’un instant de conscience individuelle au coeur d’un dispositif absurde.
Le second cliché, d'une femme qui passée à l'Ouest fait des signes à sa famille, a été pris la même année.
On le doit au photographe américain Dan Budnik (b.1933) qui a par ailleurs largement documenté le mouvement américain des droits civiques ainsi que la vie des nations autochtones des États-Unis.
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