In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 28 septembre 2025

J.W. Waterhouse - Diogène de Sinope, détail (1882)
Le vide-grenier du dimanche.
Cette lanterne, c'est le détail qu'ont en commun deux toiles du préraphaélite John William Waterhouse (1849-1917), célèbre pour ses représentations féminines des mythologies et légendes grecques et arthuriennes

J.W. - Diogène (1882)
Né à Rome, il arrive à Londres à l'âge de cinq ans lorsque sa famille revient s'y installer, dans le quartier de South Kensington à proximité du Victoria & Albert Museum.

J.W. -  The lady of Shalott (1888)
C'est son père qui va alors lui enseigner la peinture, jusqu'à son entrée en 1870 - il a alors 21 ans - à la Royal Academy dont il deviendra lui-même membre en 1895.
La première des deux oeuvres présentées ici, Diogène, est conservée à Sydney. La seconde, son portrait de l'amoureuse éperdue de Lancelot, est sans doute son oeuvre la plus célèbre. Elle figure parmi les toiles les plus admirées de la Tate de Londres.
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samedi 27 septembre 2025

Christa Merk
Une image et des mots. Un cliché de la photographe néerlandaise Christa Merk.
Et quelques vers de Saint-John Perse, extraits de Vents IV (1946).

Il nous suffit ce soir du front contre la selle, à l’heure brève de la sangle […] Mais quoi ! n’est-il rien d’autre, n’est-il rien d’autre que d’humain ?

Et ce parfum de sellerie lui-même, et cette poudre alezane qu’un songe, chaque nuit,

Sur son visage encore promène la main du Cavalier, ne sauraient-ils en nous éveiller d’autre songe

Que votre fauve image d’amazones, tendres compagnes de nos courses imprégnant de vos corps la laine des jodhpurs ?

dimanche 21 septembre 2025

M.E. - Maison au bord de l'eau
Le vide-grenier du dimanche. Deux toiles du peintre impressionniste grec Michalis Economou (1888-1933).
Né au Pirée, il se forme auprès de Konstantinos Volanakis avant de partir à Paris, où il vit une vingtaine d’années, exposant à Paris et à Londres. De retour en Grèce, il s’impose comme l’un des peintres les plus personnels de l’entre-deux-guerres.
Economou a surtout peint des paysages marins, des rivages paisibles, des maisons au bord de l’eau, comme autant d’évocations nostalgiques de son pays.
Exilé en France, il n’a jamais cessé de peindre cette Grèce intérieure, rêvée, dont il retrouvait la lumière par la couleur. Sa palette est faite de tons terreux - bruns, verts, ocres -, de nuances assourdies où la matière semble retenir la lumière plus qu’elle ne la reflète.

M.E. - Au champ
Ce qui me touche dans son travail, c’est cette atmosphère à la fois familière et distante, où les  paysages ne décrivent pas tant un lieu qu’un sentiment : celui du retour impossible, du souvenir qui se transforme en vision.
Chez Michalis Economou, la mer, le ciel, les murs blanchis ne sont pas seulement des motifs ; ils sont les signes d’une absence, la trace d’un attachement au pays que la peinture seule pouvait retenir.

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dimanche 14 septembre 2025

Nick Hedges - Liverpool (1969)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe anglais Nick Hedges (1943-2025), qui nous a quittés récemment. Formé au Birmingham College of Art, révélé par son travail documentaire engagé dans les années 1960 et 1970, il a été l’un des principaux photographes de la Shelter National Campaign for Homeless People, une organisation créée en 1966 pour dénoncer les conditions de logement en Grande-Bretagne.
Pendant près de dix ans, Hedges a sillonné le pays, photographiant les familles vivant dans des habitats insalubres, des logements précaires ou des cités ouvrières en déshérence.
Nick Hedges

Son regard, pourtant, n’a rien de misérabiliste : il capte la dignité, la tendresse et la solidarité dans des environnements souvent durs. Ses images, en noir et blanc, frappent par leur humanité directe et pudique, leur lumière douce, et cette attention à la vie ordinaire - gestes, visages, intérieurs modestes - qui fait toute la force du documentaire social britannique de cette époque. Ce sont des photographies qui, sans grandiloquence, continuent de parler de justice, de fragilité, et d’endurance.

dimanche 7 septembre 2025

B. Fleetwood-Walker - Amity (1933)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre britannique Bernard Fleetwood-Walker (1893-1965), figure majeure mais aujourd’hui relativement discrète de la peinture britannique du XXᵉ siècle. Né à Birmingham dans une famille d’ingénieurs et d’artistes – il est l’arrière-petit-fils du peintre aquarelliste Cornelius Varley, cofondateur de la Royal Watercolour Society – il reçoit une formation rigoureuse fondée sur le dessin et la maîtrise technique. D’abord formé comme orfèvre, il étudie ensuite à la Birmingham School of Art and Crafts, à Londres et à Paris, notamment auprès de Fleury.

B.F-W. - Repose (1925)
Marqué par la Première Guerre mondiale, durant laquelle il sert comme sniper dans les Artists Rifles et continue à dessiner malgré les blessures et les gaz, Fleetwood-Walker revient à Birmingham où il mène de front une carrière d’enseignant et de peintre.
Professeur influent et exigeant au Birmingham College of Art, il encourage chez ses élèves une discipline du dessin alliée à une grande liberté dans l’usage des techniques et des médiums, tout en les sensibilisant aux courants artistiques contemporains. Fleetwood-Walker est aujourd'hui considéré comme l'un des peintres britanniques les plus accomplis et les plus singuliers de sa génération.

samedi 6 septembre 2025

Anon. - Madrid (c.1960)
Une image et des mots. Un cliché dont j'ignore l'origine, parfois attribué à un certain Elton Boraya, dont je ne sais rien.

En elle-même toute idée est neutre, ou devrait l'être ; mais l'homme l'anime, y projette ses flammes et ses démences ; impure, transformée en croyance, elle s'insère dans le temps, prend figure d'événement : le passage de la logique à l'épilepsie est consommé... Ainsi naissent les idéologies, les doctrines, et les farces sanglantes.
Idolâtres par instinct, nous convertissons en inconditionné les objets de nos songes et de nos intérêts. L'histoire n'est qu'un défilé de faux Absolus, une succession de temples élevés à des prétextes, un avilissement de l'esprit devant l'Improbable. Lors même qu'il s'éloigne de la religion, l'homme y demeure assujetti ; s'épuisant à forger des simulacres de dieux, il les adopte ensuite fiévreusement : son besoin de fiction, de mythologie triomphe de l'évidence et du ridicule. Sa puissance d'adorer est responsable de tous ses crimes...
Emil Cioran, Précis de décomposition (1949)
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