In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 29 octobre 2023

Bunny Yeager - Self-portrait (1950s)
La veillée du dimanche. Deux clichés de la photographe américaine Bunny Yeager (1929-2014). Ancienne mannequin devenue photographe, elle fut l’une des grandes figures de l’âge d’or de la pin-up américaine, notamment pour ses photographies de Bettie Page. J’ai toujours aimé l’univers des illustrateurs américains de cette époque, d'Art Frahm (voir juil. 2016) à Gil Elvgren (voir fév.2018) et aux artistes des pulps : un univers de couleurs, d'humour et d'imaginaire populaire auquel je reste très attaché, et qui appartient à l'histoire visuelle du XXᵉ siècle.

B.Y. - Eleanor Lucky
Mais le parcours de Bunny Yeager ajoute une dimension particulière à cet univers. Après avoir été elle-même modèle, elle passe derrière l’objectif et devient celle qui construit l’image. Dans ses photographies, les femmes ne sont pas seulement des figures regardées : elles jouent avec leur apparence, leur assurance et leur propre pouvoir de séduction.
Longtemps associée à la culture pin-up, son œuvre mérite aujourd’hui d’être considérée autrement : non comme une simple célébration du regard masculin, mais aussi comme l’expression d’une époque où les femmes commencent à investir davantage la maîtrise de leur propre image.
EP6

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samedi 28 octobre 2023

Alfred Siefert - Hypathia (av.1892)
Une image et des mots. L'œuvre du peintre germano-bohémien Alfred Siefert (1850-1901) se distingue par la délicatesse et la beauté idéalisée de ses sujets féminins.
De ses portraits de femmes, souvent représentées dans des décors bucoliques, émane une atmosphère de sérénité et de grâce, et ce beau portrait imaginaire de la philosophe-martyre Hypatie d'Alexandrie en est l'illustration.
Pour l'accompagner j'ai choisi ce court poème de Charles Kingsley, qui en 1853 écrit un récit romancé inspiré de sa vie.

J'entendis mille notes mélangées,
Tandis que dans un bosquet je m'assois allongé,
Dans cette douce humeur quand des pensées agréables
Apportent des pensées tristes à l'esprit.

À ses belles oeuvres, la nature a lié
L'âme humaine qui à travers moi a couru ;
Et j'ai beaucoup de peine à penser
À ce que l'homme a fait de l'homme.
WM8
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dimanche 22 octobre 2023

Carel Willink - La maison jaune (1934)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du néerlandais Carel Willink (1900-1983), déjà présenté en octobre 2010. Souvent associé au "réalisme magique", il peint un monde où tout semble réel... et pourtant profondément inquiétant. Les architectures monumentales, les places désertes, les ciels d'orage ou les ruines donnent à ses tableaux une atmosphère de silence et de tension, comme si quelque chose allait se produire sans que l'on sache quoi.

C.W. - Nouvelles de l'emploi (1952)
Au fil de sa carrière, Willink s'éloigne du cubisme et de l'abstraction pour retrouver une peinture figurative d'une précision presque photographique, mais qu'il charge d'un sentiment d'étrangeté. Ses œuvres semblent suspendues entre la réalité et le rêve, entre beauté classique et pressentiment de catastrophe. Réflexion sur la fragilité de la civilisation, reflétée dans ses décors monumentaux et vides ? Par son style unique qui mêle réalité et fantastique, Willink reste l'une des figures majeures de l'art moderne néerlandais.

ML12

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dimanche 15 octobre 2023

L.Goldsmith - Patti Smith (1976)
La veillée du dimanche. Deux clichés de la photographe américaine Lynn Goldsmith (b.1948). Diplômée de l’Université du Michigan en littérature anglaise et en psychologie, elle s’est fait connaître par ses portraits de figures de la musique, du cinéma et des arts, qu’elle cherche moins à figer dans leur image publique qu’à révéler dans une forme d’intimité.

L.G. - Bob Dylan, NYC (1983)
En 1976, elle fonde LGI, la première agence consacrée à la diffusion de portraits de célébrités destinés à un usage éditorial, notamment dans les domaines du divertissement et du sport. Sous sa direction, l’agence connaît un essor considérable, jusqu'à fédérer un réseau international de plus de 300 photographes. En 1997, elle la vend à Corbis, société fondée par Bill Gates, afin de se consacrer pleinement à sa carrière artistique et à ses projets personnels.
À l'occasion d'une publication sur Jim Marshall de novembre 2017, j'avais confié qu'elle était l'auteure d'un de mes portraits favoris de Dylan ; le voici.

C.C. - All on a summer's day (1888) La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre anglais Charles Conder (1868-1909), qui fut, avec To...