In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 9 février 2020

Franz Kafka - Le penseur (1913)

La veillée du dimanche. « L’art, aurait dit Kafka (1883-1924), est comme une prière : une main tendue dans l’obscurité, qui cherche à saisir une part de grâce pour devenir à son tour une main qui donne. »  
Voici deux de ses œuvres.. Elles font partie de ses dessins – il les appelait "gribouillages" –, réalisés entre 1901 et 1907 et qui ont été exhumés l'an dernier des coffres d'une banque zurichoise.
F. Kafka - Sans titre

Dans une de ses conversations avec Gustav Janouch, traduites et publiées chez Maurice Nadeau en 1998, qui s'étonnait de la réticence de Kafka à montrer ses dessins, ce dernier lui répondit ceci : « Ces dessins ne sont pas aussi innocents qu’ils en ont l’air. Ils sont les vestiges d’une ancienne passion profondément enracinée. C’est pourquoi j’ai essayé de te les cacher… Ce n’est pas sur le papier. La passion est en moi. J’ai toujours voulu savoir dessiner. Je voulais voir, et retenir ce que je voyais. C’était ma passion» 

SO3

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dimanche 2 février 2020

Diane Arbus
Blind couple, Queens, NY (1971)
La veillée du dimanche. Deux clichés de la photographe américaine Diane Arbus (1923-1971), née Diane Nemerov. Elle se forme à la photographie à la prestigieuse New School de New York, auprès de Berenice Abbott (voir août 2012 et juin 2019), puis de Lisette Model (voir août 2013).
Diane Arbus s'intéresse à ceux que la société regarde peu ou regarde mal : personnes handicapées, artistes de cirque, travestis, nudistes, enfants... Elle ne cherche ni à les idéaliser ni à les transformer en curiosités.

D.A. - Taxicab, NYC (1956)
Elle les photographie avec une proximité et une simplicité qui dérangent parfois autant qu'elles fascinent. C'est sans doute ce qui explique que son œuvre continue d'alimenter le débat : regard profondément empathique pour les uns, fascination ambiguë pour les autres. Sans chercher à embellir ni à dramatiser ce qu'elle montre, Diane Arbus a ouvert une voie très personnelle dans l'histoire de la photographie. Son suicide, en 1971, a contribué à nourrir sa légende, mais son influence tient avant tout à cette singularité de son regard.

BD5
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samedi 1 février 2020

Paul Henry - A Connemara village (1930s)
Une image et des mots. L'image, c'est ce tableau du peintre irlandais Paul Henry (1877-1958), Village du Connemara (c.1930).
Les mots, que l'on peut trouver sur YouTube portés par la voix de Liam Neelson, sont du poète irlandais Seamus Heaney (1939-2013), couronné par le Nobel de littérature en 1995.
Voici la traduction du premier de ces poèmes lus :
Creuser (Digging).

Entre mon doigt et mon pouce
Le stylo trapu repose; comme un pistolet.
Sous ma fenêtre, le crissement net
De la bêche qui plonge dans le sol caillouteux:
Mon père qui creuse. Je le regarde.
Jusqu'à ce que ses reins tendus parmi les plates-bandes
Se courbent à terre, remontent vingt ans après
Se voûtent en rythme dans les sillons de pommes de terre
Où il creusait.
[...]
L'odeur froide de la terre remuée, le gargouillis
De la tourbe détrempée, les courtes entailles d'une lame
Au travers de racines vivantes s'éveillent dans ma tête.
Mais je n'ai pas de pelle pour suivre de tels hommes.
Entre mon doigt et mon pouce
Le stylo trapu repose.
Je creuserai avec.


Seamus Heaney
EP1

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dimanche 26 janvier 2020

Pétillon - Jack Palmer
La veillée du dimanche. À quelques jours de la 47ème édition du Festival de la bande-dessinée d'Angoulême, voici comme chaque année deux auteurs qui ont compté pour moi.
René Pétillon (1945-2018), grand nom de la bande dessinée et du dessin de presse. Breton d’origine, il commence à publier dans Pilote au début des années 1970 avant de devenir l’un des piliers du Canard enchaîné où son dessin d'humour va assoir sa réputation.
Ci-contre, son héros Jack Palmer, détective gaffeur et lunaire, personnage à travers lequel il détourne les codes du polar pour mieux brosser une critique du monde contemporain.

E.J. - Blake & Mortimer
Puis Edgard P. Jacobs (1904-1987), figure majeure de la bande dessinée franco-belge et créateur, en 1946, des mythiques Blake et Mortimer. Ancien décorateur d’opéra, il apporte à la bande dessinée un sens unique de la mise en scène, du décor minutieusement construit et du récit au long cours. Ses aventures, à la croisée du roman policier, du récit historique et de la science-fiction, ont profondément marqué le neuvième art et continuent d'influencer de nombreux auteurs.

C.C. - All on a summer's day (1888) La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre anglais Charles Conder (1868-1909), qui fut, avec To...