In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 10 mars 2019

Las Trece Rosas
La veillée du dimanche.
À l'occasion de la Journée internationale de la femme, voici prise trois jours avant leur exécution la photo de celles que l'on appelle Les Treize Roses.

Ces jeunes espagnoles ont été assassinées par les soldats de Franco, il y a exactement 80 ans, précisément le 5 août 1939 ; c'étaient des filles du peuple, la plupart étaient des couturières, elles avaient entre 18 et 29 ans. Nombre d'entre elles étaient membres de la JSU (Jeunesse socialiste unifiée), l'organisation du Parti Communiste espagnol pour la jeunesse. Une quatorzième jeune fille sera fusillée un an plus tard, le 19 février 1940.
Mourir en combattant sied mieux qu'être libre dans la fuite, écrivait Cervantés.
Las Trece Rosas incarnent la lutte pour la liberté, la justice, et les droits humains dans un contexte de terreur d’État. Cette photographie est bouleversante parce qu'elle montre treize jeunes femmes qui sourient encore, trois jours avant leur exécution. Depuis, elles sont devenues l'un des symboles de la répression franquiste et de la mémoire de celles et ceux qui en furent les victimes. En 2007, le réalisateur Emilio Martínez Lázaro a fait un film de leur histoire.

JM2
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dimanche 3 mars 2019

Andrea Kowch - Reunion (2018)
La veillée du dimanche. Deux œuvres de l'américaine Andrea Kowch (b.1986), formée au College for Creative Studies de Detroit, d'où elle sort diplômée avec la mention Suma cum laude.
Ses peintures et ses dessins, aux atmosphères évocatrices et souvent allégoriques, puisent autant dans la Renaissance nordique et l'art américain que dans les paysages et l'architecture vernaculaire de son Michigan natal.
A.K. - The Merry Wanderers (2017)

Les plaines du Midwest, balayées par des vents étranges, sont le théâtre d’une dramaturgie silencieuse, à la fois familière et décalée, portée par des femmes hiératiques entourées d'animaux symboliques. En regardant certaines de ses œuvres, je pense parfois au cinéma de Tim Burton ou de Terry Gilliam : le réel y paraît familier, mais il baigne dans une sorte d'étrangeté poétique, comme si quelque chose d'invisible était sur le point d'advenir.
« Le paysage américain, solitaire et désolé, qui entoure les personnages de mes tableaux est une manière d'explorer le caractère sacré de la nature ; il reflète aussi l'âme humaine. »
Certaines toiles d’Andrea Kowch me font aussi penser à l’univers visuel de Kate Bush – celui notamment qu'elle nous propose dans Cloudbusting, une chanson inspirée du Book of Dreams de Peter Reich (le fils de Wilhem). Même climat d’attente suspendue, même tension contenue dans les gestes et les regards, face à une nature puissante, elle aussi porteuse de secrets à révéler.
JB4

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samedi 2 mars 2019

John Fletcher - Pittsburgh
Une image et des mots. L'image, c'est ce cliché par John Fletcher de maisons surplombant les aciéries de Pittsburgh.
Les mots sont de Joseph Ponthus, extraits de son premier livre, À la ligne - Feuillets d'usine, paru il y a quelques semaines à la Table Ronde.
Les voici dans leur mise en page et avec leur absence de ponctuation.

Au fil des heures et des jours le besoin d'écrire
S'incruste tenace comme une arête dans la gorge

Non le glauque de l'usine
Mais sa paradoxale beauté.

Sur ma ligne de production je pense souvent à une
parabole que Claudel je crois a écrite
Sur le chemin de Paris à Chartres un homme fait le
pèlerinage et croise un travailleur affairé à casser
des pierres
Que faites-vous
Mon boulot
Casser des cailloux
De la merde
J'ai plus de dos
Un truc de chien
Devrait pas être permis
Autant crever
Des kilomètres plus loin un deuxième occupé au
même chantier
Même question
Je bosse
J'ai une famille à nourrir
C'est un peu dur
C'est comme ça et c'est déjà bien d'avoir du boulot
C'est le principal
Plus loin
Avant Chartres
Un troisième homme
Visage radieux
Que faites-vous
Je construis une cathédrale

HP1
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G. Little - Black necklace (2014) La veillée du dimanche. Deux œuvres postmodernes, traversées d’un romantisme discret, réalisées à la g...