| TA1 |
In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0
dimanche 24 février 2019
samedi 23 février 2019
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| Malcolm T. Liepke |
Les mots sont extraits de Les habitants, une collection de conversations recueillies par Raymond Depardon et restituées, telles qu'il les a enregistrées, dans un ouvrage paru au Seuil en 2016.
- Je t'ai jamais empêché, non plus, tu m'as jamais demandé...
- Ouais mais bon.. À chaque fois que j'essaie d'y aller, tu me dis non... Tu vois...
- Oui, mais c'est la jalousie ça...
- Tu fais la gueule et tout. Moi, tu me demandes d'aller avec tes copines, voilà, t'y vas et puis c'est tout. Tu vois..
- Oui mais t'es aussi jaloux que moi dans ton sens, donc...
- Ouais, mais...
- C'est ça qu'il faut que tu comprennes. Faut que ce soit réciproque.
- Non mais regarde, genre, quand on sort au café, t'es toujours en train de m'espionner. Tu vois...
- Oui mais c'est la jalousie, c'est...
- Moi je peux faire pareil avec mes potes, quand mes potes ils sont là et que t'es la seule fille, tu vois, je peux être jaloux aussi, tu vois..
- Ouais, je sais, ouais, je me doute. Bref, on va pas...
- Si, ça saoule un peu, tu vois...
- Ouais mais moi j'y peux rien, c'est..... c'est dans ma nature, c'est mon tempérament, je suis comme ça. Tu le sais à force. Ça fait quand même trois ans qu'on est ensemble.
- Ouais, je sais, ouais, mais bon, laisser un peu de distance ça serait bien quand même..
- Quand t'avais encore ton boulot c'était bien parce que ça nous faisait des petites coupures entre nous, on était contents de se retrouver le soir mais bon, on n'a plus la même situation..
- Ouais, je sais, ouais..
- C'est un peu compliqué. Après je t'empêche pas non plus, si tu veux sortir avec tes copains, tu peux sortir, fais-toi plaisir, amuse-toi. Je vais pas non plus tout casser entre nous pour... pour une sortie entre amis.
- J'espère. Bon, faudra faire ça, puis essayer quoi...
- Ouais.
- Ok?
- Ouais
- Je t'aime.
- Moi aussi je t'aime. Ce soir tu vas à la pêche?
- Ouais.
- Avec qui?
- Avec des potes, deux trois potes et puis on verra bien ce qu'on fait là-bas.
- Ok.
- Je vais rentrer vers trois quatre heures du matin.
- Ok. T'as tout ton matériel, t'as tout ce qui te faut?
- Ouais.
- Tant mieux alors. J'espère que tu vas pêcher du poisson.
- J'espère aussi, ouais.
- J'espère.
dimanche 17 février 2019
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| Jacob Riis - Bandit's Roost (1888) |
Arrivé sans un sou à New York en 1870, il connaît lui-même pendant plusieurs années la précarité qu’il décrira plus tard : emplois occasionnels, logements misérables, difficultés des nouveaux arrivants pour survivre.
Engagé comme journaliste au New York Tribune en 1877, il est rapidement confronté à la réalité des quartiers pauvres de Manhattan. Ce qu’il découvre, il l’a vécu : la détresse des plus démunis, les conditions de vie des familles entassées dans les tenements.
Il commence par écrire, puis utilise la photographie pour montrer ce que ses articles ne suffisent pas toujours à faire comprendre. « Le bidonville est la mesure d’une civilisation », écrit-il.
En 1890 paraît How the Other Half Lives, ouvrage qui révèle les conditions de vie effroyables des habitants des quartiers pauvres de New York. Ses photographies montrent des intérieurs exigus, des dortoirs saturés, des enfants malnutris et des familles vivant dans des conditions auxquelles la bonne société new-yorkaise préfère ne pas penser. Remarquées notamment par Theodore Roosevelt, alors figure montante de la politique new-yorkaise, elles contribueront à attirer l’attention sur les conditions de logement et joueront un rôle dans les réformes sociales de l'ère progressiste.
« Je savais que mon appareil photo allait parler plus fort que mes mots », écrivait Riis.
© Veilleur de Nuit – 2019
dimanche 10 février 2019
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| William Fenech - Sans titre |
La veillée du dimanche. Deux œuvres de William Fenech (b.1946). D’origine maltaise, il naît en Algérie et arrive en France après la guerre d’Algérie, dans les Pyrénées-Orientales, où il vit et travaille encore aujourd’hui, dans son atelier de Céret.
Artiste autodidacte, il revendique son inscription dans une tradition française de la peinture de la danse et de la fête. Ses tableaux puisent leur inspiration dans l’univers des cabarets, des pianos-bars, des bals populaires et des cafés-concerts.
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| W.F. - Bd Lafayette |
Admirateur de Renoir et de Toulouse-Lautrec, Fenech peint les danseurs, les musiciens, les chanteuses et les fêtards. On croit presque entendre la musique, les voix et le brouhaha des dancings. Sa peinture revendique une fonction optimiste, presque sociale : « embellir la vie », selon la formule de Fernand Léger qu’il aime à citer.
« Je m'attache à conserver dans ma peinture la tradition artistique française de la danse et de la fête. Je peins les cabarets dansants, les piano-bars, les cafés-concerts, les chanteuses de cabaret. Je me situe dans la tradition des bals populaires. »
© Veilleur de Nuit – 2019
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