In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 10 décembre 2017

R. Casas - Portrait de femme

Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre et affichiste Ramón Casas I Carbó (1866-1932), acteur majeur avec Santiago Rusiñol du modernisme catalan, ce courant de l'Art Nouveau soutenu par une bourgeoisie catalane cultivée soucieuse d'exprimer son identité, sa richesse et sa distinction. Issu d'une famille fortunée de Barcelone, il quitte l'école à l'âge de onze ans pour se former auprès du portraitiste Joan Vicenç à l'École de la Llotja. Très tôt, il publie déjà des dessins dans la revue L’Avenç qu’il contribue à fonder en 1881.

R.C. - La paresse (1898)
L’année suivante, il rejoint Paris pour étudier à l’académie de Carolus-Duran puis chez Henri Gervex, tout en exposant déjà à la Sala Parés de Barcelone. Rapidement admis à la Société des artistes français, il partage alors son temps entre Paris, Madrid et Barcelone, peignant aussi bien des portraits intimes que de vastes scènes de foule. Sa santé fragile le ramène quelques temps en Catalogne, où il se rapproche de Rusiñol avec qui il collabore étroitement.
De retour à Montmartre en 1890, au Moulin de la Galette, il fréquente Miquel Utrillo et d’autres artistes catalans, tout en développant un style à mi-chemin entre l’académisme et l’impressionnisme, qui deviendra bientôt sa signature moderniste. Exposé à Berlin, Madrid ou Chicago, il acquiert une notoriété européenne. En 1897, il finance avec Rusiñol, Utrillo et Pere Romeu le célèbre cabaret Els Quatre Gats, lieu de rencontre incontournable de l’avant-garde barcelonaise où Picasso exposera pour la première fois. Reconnu comme peintre de la haute société, Casas fut aussi un pionnier du graphisme moderniste : ses affiches et illustrations pour Codorníu ou Anís del Mono comptent parmi les images les plus iconiques du modernisme catalan. Son œuvre, entre élégance mondaine et modernité audacieuse, incarne l’esprit d’une époque où Barcelone cherchait à se hisser au rang des grandes capitales culturelles européennes.

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dimanche 3 décembre 2017

K.T. - Parc Maruyama, Kyoto
(1936)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre japonais Koitsu Tsuchiya (1870-1949), représentant de l'école Shin-hanga.
Né dans une famille d’agriculteurs, il entre à quinze ans en apprentissage chez un graveur travaillant pour Kobayashi Kiyochika, maître de l'Ukiyo-e, , dont il sera l’élève près de vingt ans.

K.T. - Parc Hibiya, Tokyo (1933)
Après des débuts consacrés à des thèmes militaires - la première guerre sino-japonaise -, son œuvre s’oriente vers une vision plus personnelle : paysages et temples inspirés des racines traditionnelles de la culture japonaise. Reflets de lune, scintillement de la neige, lueurs de lampes ou brumes matinales confèrent à ses estampes une atmosphère à la fois réaliste et poétique. Aux côtés de Kawase Hasui (voir août 2012 et avril 2017), il est aujourd’hui reconnu comme l’un des grands maîtres de la “nouvelle gravure”.

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samedi 2 décembre 2017

A. Star Reese - Jamaica & Zoe (2007)
Une image et des mots. Une photo tirée de The Urban Cave, une série documentaire entreprise en 2007 par la photographe américaine Andrea Star Reese, sur qui je reviendrai.

Pour accompagner ce cliché, quelques lignes de Julien Gracq, extraites de Liberté grande, publié chez Corti en 1946.
" ... c'est quand elle descend dans mes rêves par les cheminées calmes de décembre, s'assied près de mon lit et prend timidement ma main entre ses petits doigts pour le difficile passage à travers les paysages solennels de la nuit, et ses yeux transparents à toutes les comètes ouverts au-dessus de mes yeux jusqu'au matin."
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dimanche 26 novembre 2017

Ph. de Mazerolles - Bains publics
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre et enlumineur français Philippe de Mazerolles (c.1420-1479), actif à Paris puis à Bruges au service de Charles le Téméraire pour qui il devient peintre de cour en 1467. Formé à Paris, son style s'inspire directement du Maître de Bedford (voir mai 2015), un enlumineur anonyme actif dans la capitale française au début du XVe siècle.

Ph. de M - Le bal des Ardents
Environ soixante manuscrits sont attribués à Philippe de Mazerolles, souvent identifié comme le Maître du Froissart Harley, un manuscrit des Chroniques de Froissart d'où la deuxième illustration est extraite. Elle représente le Bal des Ardents, cette fête destinée à distraire le roi Charles VI - le bien-aimé cinglé -, en janvier 1393 et qui tourna au drame avec l'incendie qui allait coûter la vie à quatre aristocrates de son entourage ; à la suite de quoi le roi déjà débile devint définitivement fou.
La première illustration (ci-dessus), conservée à la Bibliothèque de Berlin, donne à voir des bains publics. Une douzaine de baigneurs dans des cuveaux de bois, mixtes, qui collationnent en lutinant.
Le travail de Philippe de Mazerolles illustre l'évolution de l'enluminure française vers les styles flamands, reflétant les échanges culturels entre la France et les Pays-Bas bourguignons au XVe siècle.

GI7 ICI