In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 5 novembre 2017

R. Rubin - Oliviers par la fenêtre
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre  Reuven Rubin (1893-1974), personnalité de premier plan de la peinture israélienne moderne. Né à Galați, en Roumanie, dans une famille juive hassidique, il rejoint en 1912 la Palestine ottomane, dans le sillage de la première aliyah (1881-1903), mouvement d’immigration juive venu d'Europe orientale. Installé à Jérusalem, il entre à l’école d’art Bezalel, mais, déçu par son académisme, il la quitte rapidement pour poursuivre sa formation à l’École des Beaux-Arts de Paris. La guerre le ramène un temps en Roumanie, puis, en 1921, il gagne les États-Unis où Alfred Stieglitz (voir 6/11/2011) organise sa première exposition.
R.R. - Paysage de Galilée (1928)

Sa peinture se développe entre plusieurs influences européennes – postimpressionnisme, primitivisme de Rousseau – et une observation directe de la vie en Palestine mandataire. Paysages de Galilée baignés de lumière, portraits d’ouvriers, de musiciens, scènes de villages arabes et juifs : Rubin cherche à représenter une terre encore en formation, à la fois concrète et chargée d’imaginaire.
Son style, moderne mais volontairement simple, presque naïf parfois, participe ainsi à l’émergence d’une peinture propre à cette terre nouvelle, connue sous le nom de style Eretz Yisraël.
 © Veilleur de Nuit – 2017
KK1

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samedi 4 novembre 2017

Tom Bob
Une image et des mots. Une oeuvre du street-artist américain Tom Bob, que j'ai récemment découvert et dont je ne sais pas encore grand chose mais dont on peut voir davantage ICI.
Depuis quelques mois, les passants découvrent dans les rues de New York ses détournements pleins d’humour et de poésie d’éléments triviaux de l’espace urbain – bouches d’égout, compteurs électriques, tuyaux en tous genres.
De quelle nature est cette poésie ? Est-elle une manière de regarder autrement la réalité, comme Francis Ponge dans Le Parti pris des choses ?
Pas tout à fait : Ponge s’attache aux choses elles-mêmes, tandis que Tom Bob les transforme pour nous les faire voir autrement. Mais peu importe...
En regardant cette image, j’ai pensé aux lignes que Ponge consacre aux montres, « dont le principe est fait de roues qui tournent à des très inégales vitesses, quoiqu’elles soient agies par un unique moteur ».
CC2

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dimanche 29 octobre 2017

Wols - Portrait de Nina Engel (1932)
La veillée du dimanche. Un beau portrait, et une aquarelle rehaussée d'encre de Chine : deux oeuvres de l'Allemand Wols, pseudonyme d'Alfred Otto Wolfgang Schulze (1913-1951). 
Exilé à Paris dans les années 1930 pour fuir le nazisme, il y rencontre Fernand Léger, Calder, Giacometti, et la nébuleuse surréaliste. Il commence par la photographie, où s'affirme déjà son goût du détail, du fragment et des jeux de texture. Interné dans plusieurs camps durant la guerre, il survit dans des conditions précaires et se tourne alors vers la peinture et l’aquarelle.
Wols - L'inaccessible rocher (1940)

Après 1945, ses œuvres – faites de signes nerveux, de matières organiques et d’écritures indéchiffrables – comptent parmi celles qui contribueront à l’émergence de ce que l'on appellera bientôt l’art informel.
Jean-Paul Sartre voyait dans sa peinture une création de l'immédiat, sans projet préalable ni transcendance, simple surgissement de l'instant. Wols lui-même disait : « L'image peut avoir une relation avec la nature comme une fugue de Bach avec le Christ. Alors ce n'est pas une imitation, mais une création analogue. »
Sa vie chaotique, marquée par l’errance et l’alcool, s’achève en 1951, à seulement trente-huit ans, après l’ingestion d’une viande avariée. Une disparition qui met un terme à une œuvre brève mais d'une influence considérable sur la peinture abstraite européenne de l'après-guerre.
Pour en savoir plus, c'est [ICI].
 © Veilleur de Nuit – 2017
RA1

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dimanche 22 octobre 2017

Lee Acaster - Breakthrough (2015)
La veillée du dimanche. Deux clichés de l’Anglais Lee Acaster (b.1972), photographe amateur passionné – selon ses propres mots – par le paysage. Je l’ai découvert avec une photographie nocturne de Londres, en noir et blanc : au centre, la silhouette du Tower Bridge sur le ruban argenté de la Tamise.
J'ai voulu en voir davantage. J’ai pourtant hésité avant d’en parler ici. La photographie « artistique » n’occupe qu’une place très modeste dans ce blog, consacré surtout à la photo documentaire, à la photographie de rue. J’admire bien sûr les très beaux portraits ou les paysages spectaculaires qui abondent dans les grands magazines de voyage ou de géographie : c’est splendide, mais le plus souvent ça s'arrête là. Je suis souvent émerveillé, mais rarement touché… Ou peut-être si, mais d’une autre manière.
L.A. - Tempest (2015)

Dans les images de Lee Acaster, je trouve autre chose... au-delà du simple pittoresque. C’est bien sûr une impression subjective – il ne peut pas en être autrement – mais c’est ce sentiment qui a dicté mon choix de le présenter aujourd’hui. Ses paysages ont presque toujours quelque chose de mélancolique, parfois même de sombre, qui les éloigne de la simple image de carte postale.
« In photography terms, I think I often see the landscape with a slightly darker view than some… I'm naturally drawn to those elements that have a sense of disquiet and tension about them, and often make them the subject of my images. »
« Chaque paysage est un état d’âme », écrivait Amiel dans son Journal.
 © Veilleur de Nuit – 2017

E.L. - Les travaux aux champs (1918) La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre belge Eugène Laermans (1864-1940). J’ai eu plusieurs fo...