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| N.S. - Bateaux rouges (1954) |
Formé à Bruxelles à l’Académie royale des beaux-arts, il s’installe en France à la fin des années 1930, traverse la guerre dans la misère et commence à exposer dès les années 1940.
Influencé par Cézanne, Braque et le cubisme, mais aussi par la peinture byzantine et les maîtres du clair-obscur, il s’éloigne rapidement de la figuration stricte pour développer une manière très personnelle : des formes compactes, souvent travaillées au couteau, et une matière dense appliquée en aplats puissants (impasto).
La carrière de celui que Godard appelait "le peintre inégalé" ne dure qu'une quinzaine d'années, jusqu'à sa mort tragique en 1955.
Dans ses lettres et ses notes, Staël défend une peinture qui échappe aux catégories : « Les raisons pour lesquelles on aime ou l'on n'aime pas ma peinture m'importent peu parce que je fais quelque chose qui ne s'épluche pas, qui ne se démonte pas, qui vaut par ses accidents, que l'on accepte ou pas. [....] Ma peinture, je sais ce qu'elle est sous ses apparences, sa violence, ses perpétuels jeux de force, c'est une chose fragile, dans le sens du bon, du sublime.» (Lettres et dessins).
Sa peinture échappe en effet aux classifications trop nettes. Ni tout à fait abstraite ni tout à fait figurative, elle se situe dans cet entre-deux fait de matière, de lumière et d’espace.
Staël lui-même le disait ainsi : « Je n'oppose pas la peinture abstraite à la peinture figurative.
Une peinture doit être à la fois abstraite et figurative. Abstraite en tant que mur, figurative en tant que représentation d'un espace.»






