In girum imus nocte et consumimur igni

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samedi 16 novembre 2019

John Schlesinger - Macadam cowboy (1969)
Une image et des mots. Jon Voight et Dustin Hoffman dans Macadam Cowboy (1969) de John Schlesinger.
J'ai pensé pour accompagner cette capture d'écran à ce poème de George-Emmanuel Clancier pour Guillevic.

"Alors vieux camarade,
Le vent du nord rigolait dur dans la forêt,
Les saisons somnolaient dans la grange
Où parfois le chien hiver aboyait.
Nous respirions sans toi le passé qui mijote
Autour des lits campagnards et de la table.
L'air, le pain de l'amitié on croirait les partager
Avec ce soupir du noroît et le quignon mâchonné devant le poêle.
C'est comme si le vif de nos jours
Bien calés au creux, au chaud du temps,
Demeurait là, plus fort que toi,
Vieux camarade, plus fort que nous."
RH4
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dimanche 10 novembre 2019

G. Dou - Femme au clavicorde (1665)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du néerlandais Gerrit Dou (1613-1675), peintre de Leyde, fils et élève d'un graveur sur verre. En 1628, à l'âge de 15 ans il devient l'élève de Rembrandt qui lui-même n'en a que 21. Mais là où son maître cherche la profondeur psychologique et les grands effets de lumière, Dou préfère les atmosphères feutrées, les gestes quotidiens, les figures absorbées dans leurs tâches : ménagères, artisans, musiciens. Ses compositions, souvent cadrées par une fenêtre ou une arcade, ont quelque chose d’intime et de théâtral à la fois.

G.D. - Chien assoupi (1650)
Après le départ de Rembrandt pour Amsterdam en 1631, Dou reste à Leyde et y affirme un style qui lui est propre, fondé sur une exécution d’une précision extrême. Il réalise principalement des œuvres de petit format, dont il soigne chaque détail avec une minutie presque obsessionnelle : son Chien assoupi, par exemple, ne mesure que 16,3 sur 21,6 cm, ce qui rend encore plus impressionnante la finesse de son observation.
Dou est considéré comme le fondateur de l’école de Leyde des fijnschilders (les "peintres fins"), évoqués en octobre dernier avec Willem van Mieris. Ces artistes privilégient une peinture d’une grande précision et d’un raffinement extrême. En 1648, Gerrit Dou est l’un des fondateurs et premiers membres de la guilde des peintres de Leyde. Il a exercé une influence considérable sur la peinture néerlandaise du Siècle d'or et formé plusieurs peintres de premier plan, dont Frans van Mieris l'Ancien et Gabriel Metsu.
 © Veilleur de Nuit – 2019
DA1
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dimanche 3 novembre 2019

J.C. - Perry County, KY (1959)
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe et documentariste américain John Cohen (1932-2019), disparu en septembre. Également musicien, il a joué un rôle central dans la préservation et la redécouverte de la musique folk traditionnelle américaine. En 1958, Cohen cofonde les New Lost City Ramblers, avec Mike Seeger et Tom Paley, un groupe consacré aux répertoires old-time des Appalaches. Aux côtés de ses deux compagnons, il s’attache à restituer fidèlement les styles musicaux des années 1920 et 1930, influençant ainsi de nombreux artistes et contribuant au renouveau folk des années 1960.

J.C. - Leatherwood, KY (1959)
Photographe, John Cohen réalise des portraits devenus emblématiques de la scène artistique new-yorkaise, notamment du jeune Bob Dylan, mais aussi de Jack Kerouac ou d'Allen Ginsberg.
Son regard ne se limite cependant pas à l'effervescence urbaine : il se tourne aussi vers l'Amérique rurale des Appalaches, où il documente la vie quotidienne et la musique de figures comme Roscoe Holcomb (voir Roscoe Holcomb's hands) avec une profonde empathie.
En 1959, il rencontre Holcomb dans le Kentucky ; ils deviennent proches, Cohen le photographie, enregistre ses chansons et réalise sur lui le film The High Lonesome Sound.
John Cohen s'est éteint le 16 septembre à l'âge de 87 ans, en laissant derrière lui une œuvre très personnelle, au croisement de la photographie, de la musique et du documentaire, qui demeure l'un des plus beaux témoignages sur les traditions populaires américaines.
 © Veilleur de Nuit – 2019
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E.L. - Les travaux aux champs (1918) La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre belge Eugène Laermans (1864-1940). J’ai eu plusieurs fo...