| HP1 |
In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0
samedi 2 mars 2019
dimanche 24 février 2019
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| Alec Soth - Ute's books (2018) |
Le travail de cet admirateur de Diane Arbus a été comparé, pour son approche, à celui de Walker Evans (voir juillet 2012) ou de Stephen Shore (voir mai 2010).
Soth photographie souvent les États-Unis du Midwest ou les espaces frontaliers entre nature et ville. Ce qui me plait, ce sont ses images de l'Amérique ordinaire - routes silencieuses, personnes isolées, intérieurs délaissés - qui paraissent à la fois familières et légèrement décalées. Cette transformation de l'ordinaire, il n'en fait pas de la grandeur ; mais il montre ce qu’il y a de vivant et de fragile dans ce que l’on croit connaître. Ses photographies semblent chercher ce « quelque chose de plus » : une mélancolie douce, une attente, des histoires que l’on devine.
I'm drown to the quiet moments, the moments in between the moments. It's not about the grand gesture; it's about the small, subtle things that reveal something deeper about who we are.
Alec Soth a intégré la prestigieuse agence Magnum Photo en 2004, et la première photographie figure sur son très beau dernier livre, publié en 2018 et intitulé "I know how furiously your heart is beating".
samedi 23 février 2019
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| Malcolm T. Liepke |
Les mots sont extraits de Les habitants, une collection de conversations recueillies par Raymond Depardon et restituées, telles qu'il les a enregistrées, dans un ouvrage paru au Seuil en 2016.
- Je t'ai jamais empêché, non plus, tu m'as jamais demandé...
- Ouais mais bon.. À chaque fois que j'essaie d'y aller, tu me dis non... Tu vois...
- Oui, mais c'est la jalousie ça...
- Tu fais la gueule et tout. Moi, tu me demandes d'aller avec tes copines, voilà, t'y vas et puis c'est tout. Tu vois..
- Oui mais t'es aussi jaloux que moi dans ton sens, donc...
- Ouais, mais...
- C'est ça qu'il faut que tu comprennes. Faut que ce soit réciproque.
- Non mais regarde, genre, quand on sort au café, t'es toujours en train de m'espionner. Tu vois...
- Oui mais c'est la jalousie, c'est...
- Moi je peux faire pareil avec mes potes, quand mes potes ils sont là et que t'es la seule fille, tu vois, je peux être jaloux aussi, tu vois..
- Ouais, je sais, ouais, je me doute. Bref, on va pas...
- Si, ça saoule un peu, tu vois...
- Ouais mais moi j'y peux rien, c'est..... c'est dans ma nature, c'est mon tempérament, je suis comme ça. Tu le sais à force. Ça fait quand même trois ans qu'on est ensemble.
- Ouais, je sais, ouais, mais bon, laisser un peu de distance ça serait bien quand même..
- Quand t'avais encore ton boulot c'était bien parce que ça nous faisait des petites coupures entre nous, on était contents de se retrouver le soir mais bon, on n'a plus la même situation..
- Ouais, je sais, ouais..
- C'est un peu compliqué. Après je t'empêche pas non plus, si tu veux sortir avec tes copains, tu peux sortir, fais-toi plaisir, amuse-toi. Je vais pas non plus tout casser entre nous pour... pour une sortie entre amis.
- J'espère. Bon, faudra faire ça, puis essayer quoi...
- Ouais.
- Ok?
- Ouais
- Je t'aime.
- Moi aussi je t'aime. Ce soir tu vas à la pêche?
- Ouais.
- Avec qui?
- Avec des potes, deux trois potes et puis on verra bien ce qu'on fait là-bas.
- Ok.
- Je vais rentrer vers trois quatre heures du matin.
- Ok. T'as tout ton matériel, t'as tout ce qui te faut?
- Ouais.
- Tant mieux alors. J'espère que tu vas pêcher du poisson.
- J'espère aussi, ouais.
- J'espère.
dimanche 17 février 2019
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| Jacob Riis - Bandit's Roost (1888) |
Pionnier du photojournalisme d'enquête, il eut avec son travail sur la pauvreté à New York une influence majeure sur l'évolution des mentalités pendant l'ère progressiste de Theodore Roosevelt.
The slum is the measure of civilization.
Les missions qui lui sont confiées le confrontent à la misère des bidonvilles et des taudis newyorkais. C'est une vie qu'il a connue lui-même, la détresse et les difficultés auxquelles les immigrants quotidiennement font face pour survivre, et qu'il va documenter d'abord avec sa plume puis avec la photographie.
Il organise des rassemblements, souvent dans des églises, pour porter témoignage de ce qu'il voit, et c'est à l'occasion d'une de ces manifestations qu'il rencontre celui qui publiera en 1890 le résultat de son travail documentaire sous le titre de How the other half lives. En y révélant les conditions effroyables de vie des immigrés entassés dans les tenements de Manhattan, Riis a contribué à éveiller l’opinion publique et à inspirer les réformes sociales et urbaines qui suivront. Ses images dévoilent sans fard des intérieurs exigus, des dortoirs saturés, des visages d’enfants malnutris.
Theodore Roosevelt, qui n'est pas encore président mais déjà très influent, les découvre et admire son travail qui dès lors aura une influence déterminante sur les mouvements de réforme sociale à New York. On peut, bien sûr, voir dans ces photographies une dimension de témoignage social et militant. Mais ce qui frappe aussi, c’est leur force brute : elles ne cherchent pas l’effet esthétique, elles imposent la réalité. « Je savais que mon appareil photo allait parler plus fort que mes mots », écrivait-il. Et de fait, c’est par ce mélange de rudesse et de compassion que son œuvre a trouvé sa portée.
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