In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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samedi 6 janvier 2018

(A/U)
Une image et des mots. Amazonie, indiens yanomamis. Le texte est extrait du petit ouvrage de Patrick Boucheron, "Un été avec Machiavel", aux Éditions des Équateurs.

Souhaitez-vous parvenir au but que vous désirez ? Faites alors comme le bon archer. Il place sa mire plus haut que la cible, non pour la dépasser, mais pour l’atteindre. Autrement dit, visez haut pour viser juste. La métaphore est tirée de la rhétorique classique ; Machiavel en use pour justifier le fait qu’il place dans ses œuvres politiques, et notamment dans Le Prince, les « très grands exemples » d’hommes illustres comme des guides pour l’action. En termes de langage politique, d’éducation, ou simplement dans la manière de conduire sa propre vie, on devrait toujours se souvenir de cette leçon : se donner des exemples élevés n’est pas présumer de ses capacités, c’est au contraire, écrit Machiavel, "savoir jusqu’où va la force de son arc".
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lundi 1 janvier 2018

Dix ans… En survolant toutes ces publications, je constate que l’art qui m’attire est celui auquel je réagis le plus intimement, d’une façon qu'il me prendrait du temps de définir.
Coups de cœur, coups de tête, il n’y a eu ni fil conducteur rigoureux, ni classement méthodique par écoles, genres ou hiérarchies artistiques.
Pas de grandes théories savantes ou d’analyse académique.
Ce blog n’est donc pas une encyclopédie et ne prétend pas à l’érudition. Il suit simplement le fil de mes goûts, évidemment subjectifs et parfois contradictoires.
On pourrait y voir des lacunes : pourquoi tel grand maître manque-t-il à l’appel ? Pourquoi une chronique sur un peintre du dimanche succède-t-elle à une publication consacrée à un génie incontestable ? Pourquoi certaines publications sont-elles brèves et d’autres plus développées ? Simplement parce que ce blog n’a pour ambition que de partager mon regard au moment où je choisis un sujet, en fonction de ma sensibilité, de mon humeur, et parfois, tout simplement, du temps dont je dispose... Il ne s’adresse ni aux historiens ni aux universitaires, mais à des lecteurs comme moi : curieux, amateurs, passionnés, ou simples visiteurs en quête d’une rencontre plutôt que d’une leçon. C’est vrai aussi, de Purcell à Nick Cave, pour la musique qui accompagne ces publications.
Ce que j’aime dans une œuvre d’art, ce n’est pas seulement sa qualité technique ou son originalité. C’est aussi l’histoire qu’elle me raconte, ou mieux encore, celle qu’elle me permet de me raconter. Une œuvre peut être remarquablement exécutée ou magistralement pensée, mais si elle ne m’évoque rien, si elle ne nourrit pas mon imaginaire ou ne m’invite pas à voyager, alors elle m’échappe.
Donc, pas d’exhaustivité ni d’analyse savante… Pour moi, et pour paraphraser Robert Filliou, l’art c’est simplement ce qui rend la vie plus belle que l’art.

D’ailleurs, en parlant de Filliou, je remarque le peu de place que j'ai accordé à l’art contemporain ou conceptuel. Ce n’est pas par rejet ni par snobisme, et non plus – en tous cas j'espère – par ignorance, mais parce que l’art contemporain, avec ses références complexes et ses détours parfois très cérébraux, me déroute beaucoup plus qu'il ne m'émeut. J’ai lu, visité, exploré, et il y a des œuvres modernes qui me touchent vraiment. Pour être honnête, c’est un univers où je ne me sens pas toujours à l’aise. Parfois, je doute de sa sincérité, et je l’aborde toujours avec réserve
Quand je publie Hanson (août 2014), c’est parce que sa sculpture me plaît, qu’elle me touche, ou me stimule intellectuellement. Quand je publie Gursky (oct.2011), je le fais un peu tongue-in-cheek. Alors je pourrais m’y plonger davantage, me documenter davantage, mais mon rapport à l’art reste avant tout instinctif. Et si je parle plus de préraphaélisme que de l’abstraction lyrique de Twombly ou de street photography plus que de photographie conceptuelle, c’est sans doute parce que j’y trouve un terrain plus familier, un ancrage solide dans un monde que je comprends mieux.
Alors ce blog peut sembler désordonné, parfois désinvolte, mais il obéit à une seule règle : laisser parler l’émotion. Merci de suivre ce chemin avec moi, aussi sinueux soit-il.
À l’art, à ses mystères, et à tous ceux qui l’aiment à leur façon, qu’il soit pour eux une source de plaisir ou une forme de consolation.
Meilleurs voeux !

dimanche 31 décembre 2017

G. Wåhlstrand - Langedrag (2004)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres, des encres sur papier, de la suédoise Gunnel Wåhlstrand (b.1974), formée au Royal University College of Fine Arts, à Stockholm, dont elle sort diplômée en 2003.
Son travail touche à la mémoire, à l'identité, et aux relations entre l'homme et la nature.

G. W. - New Year's day (2005)
"My work is about finding who we are and where we come from, and how we relate to the world around us. I'm interested in the relationship between humans and nature, and how we interact with the natural world. I'm also interested in the relationship between memory and space, and how the places we've been to and how the things we've experienced shape who we are."

Gunnel Wåhlstrand travaille à partir de ses propres photographies en employant la technique du lavis, c'est-à-dire l'application au pinceau d'une encre de chine plus ou moins diluée à l'eau.

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dimanche 24 décembre 2017

E. Jolin - Ryddarholmskyrkan (1931)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du suédois Einar Jolin (1890-1976), d'abord formé à Stockholm à l'École d'Art Konstfack puis à celle de l'Association d'artistes, il s'installe ensuite à Parisoù il va résider de 1908 à 1914 pour y suivre l'enseignement de l'Académie Matisse. Il découvre Picasso, et ses premières oeuvres témoignent de l'influence qu'ont eu sur lui le cubisme et le surréalisme. Le folklore suédois est aussi présent dans son oeuvre, avec notamment l'incorporation de motifs décoratifs et ornementaux tels qu'il a pu en voir dans la Suède rurale de son enfance. 

EJ - Stockholm des hauteurs de Söder
  
(1938)
Extrêmement prolifique, Einar Jolin a réalisé plus de 1000 oeuvres ; son univers fascinant, empli de poésie et duquel émane le sentiment que le monde visible n'est qu'une partie d'une plus vaste réalité cachée, a gagné nombre de musées majeurs et de collections privées à travers le monde.

samedi 23 décembre 2017

Anonyme - Los Angeles (2016)

Une image et des mots. Un cliché anonyme pris à Los Angeles en 2016. Et pour aller avec, quelques vers d'Alfred de Vigny extraits des Destinées.

"Ne sens-tu pas le monde et tout le genre humain
Qui souffre avec ma chair et frémit dans ta main ?"
[.....]
S'il est vrai qu'au jardin sacré des Écritures,
Le Fils de l'homme ait dit ce qu'on voit rapporté ;
Muet, aveugle et sourd aux cris des créatures,
Si le Ciel nous laissa comme un monde avorté,
Le juste opposera le dédain à l'absence,
Et ne répondra plus que par un froid silence
Au silence éternel de la Divinité.

M.W. - Something died here (1947) Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés de Minor White, déjà présenté le 11 août 2013.  M.W. - Cabbage ...