In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 3 août 2014

K. Yamamoto - Untitled (1955)
 Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du photographe et poète japonais Kansuke Yamamoto (1914-1987), profondément marqué par le Surréalisme - même si les deux clichés que j’ai choisis n’en témoignent pas directement. Il écrivait dans son journal :
"Artwork comes out of some disobedient spirit against readymade things of society...".
Issu d’un milieu intellectuel ouvert aux influences occidentales, Yamamoto découvre très jeune les écrits d’André Breton et les photographies de Man Ray.
Ces rencontres l'accompagnent durablement.

K.Y. - In Kobe (1953)
À une époque où le Japon s'oriente vers l'autoritarisme, il explore au contraire les voies de l'imaginaire, du rêve et de l'expérimentation visuelle, dans une œuvre singulière où se croisent influences européennes et sensibilité japonaise.
En 1938 puis en 1939, il publie la revue Yoru no funsui (The Night's Fountain), où il rassemble textes, dessins et photographies. L'aventure est brève. Les autorités voient d'un mauvais œil cette liberté d'expression et la publication disparaît rapidement. Yamamoto poursuivra pourtant, tout au long de sa vie, cette exploration poétique et indépendante qui fait aujourd'hui de lui l'une des figures les plus originales de la photographie japonaise du XXe siècle.
EE2

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samedi 2 août 2014

Duane Hanson - Supermarket lady (1969).

Une image et des mots. L'image, c'est celle de la célébrissime sculpture hyperréaliste de Duane Hanson (1925-1996), Supermarket lady (1969).
Pour aller avec, voici quelques lignes des Mémoires d'Hadrien (1958), de Marguerite Yourcenar.

Je doute que toute la philosophie du monde parvienne à supprimer l'esclavage : on en changera tout au plus le nom. Je suis capable d'imaginer des formes de servitude pires que les nôtres, parce que plus insidieuses : soit qu'on réussisse à transformer les hommes en machines stupides et satisfaites, qui se croient libres alors qu'elles sont asservies, soit qu'on développe chez eux, à l'exclusion des loisirs et des plaisirs humains, un goût du travail aussi forcené que la passion de la guerre chez les races barbares.

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dimanche 27 juillet 2014

A. d'Agata - Pto San José, Guatemala (1998)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du français Antoine d'Agata (b.1961), dont le travail explore les zones extrêmes de l’expérience humaine, entre errance, dépendance et marginalité.
Il quitte la France en 1983 et suit à New York l’enseignement de Larry Clark et Nan Goldin, dont l’influence sera décisive.

A. d'Agata - Mala noche
(1998)
Son travail, profondément lié à son propre vécu, s’ancre dans une approche documentaire sans distance, au plus près du monde de la drogue, de la prostitution et des existences en rupture.
Ce n'est pas comment le photographe regarde le monde qui est important ; c'est sa relation intime avec lui.
Chez lui, l’obscurité ne tient pas seulement à l’absence de lumière : elle devient une matière, une densité, une façon de faire surgir le réel dans ce qu’il a de plus brut.
L’obscurité dans ses images ne se limite pas à l’absence de lumière : elle devient une métaphore puissante des recoins de l’âme humaine. Membre de Magnum Photos depuis 2004, Antoine d’Agata a publié récemment Antibodies, série de portraits où les corps, dans leur violence contenue, peuvent évoquer certaines figures peintes de Francis Bacon.
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dimanche 20 juillet 2014

A. Guillou - Jeune fille du Finistère
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre Alfred Guillou (1844-1926), figure de la peinture réaliste bretonne du XIXe siècle.
Né à Concarneau, il se tourne très tôt vers les scènes de la vie maritime et paysanne de sa région natale. Formé à l’École des Beaux-Arts de Paris dans l’atelier d’Alexandre Cabanel, il croise Jules Bastien-Lepage, dont le naturalisme marquera durablement son regard, attentif aux gestes simples et aux scènes quotidiennes.
A.G. - Arrivée du pardon (1887)

Mais Guillou choisit de revenir vivre en Bretagne, à Concarneau, où il joue un rôle actif dans la présence d’artistes venus de Paris et de l’étranger. Autour de lui se constitue une véritable communauté de peintres attirés par la lumière et la vie du port. Certains y feront bâtir villas et ateliers, dans la ville close ou près des plages. C’est grâce à eux que, en 1905, les remparts de la ville seront classés, alors qu’on envisageait de les abattre.
Parmi ses sujets privilégiés, les scènes portuaires et les traditions locales, comme ici cette Arrivée du pardon de Sainte-Anne de Fouesnant à Concarneau.
La peinture académique de Guillou ne lui a jamais permis d'atteindre une renommée internationale, mais comment rester insensible à l'humanité de son regard sur les gens ordinaires de sa région - les travailleurs de la mer - et sur leur culture ?

NS2 ICI