In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 21 septembre 2008

W.N. - Lady in grey (1918)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres de l'anglais William Nicholson (1872-1949) qui se forme d'abord auprès du paysagiste William Cubley avant de poursuivre ses études à la prestigieuse école d’art fondée par Hubert von Herkomer. À l’automne 1891, il part pour Paris suivre les cours de l’Académie Julian, mais revient s’installer peu après à Newark pour y fonder, en 1894, un atelier avec son beau-frère James Pryde.
Ensemble, ils produisent pendant plusieurs années des œuvres graphiques, notamment des affiches, marquées par l’esthétique de l’Art nouveau en utilisant des techniques comme le bois gravé ; ils les signent sous le pseudonyme commun de « J. W. Beggarstaffs ».

W.N. - Boys on a pier (1909)
C’est au tournant du siècle, encouragé par James Abbott Whistler, que Nicholson se consacre pleinement à la peinture, pour produire désormais portraits, paysages et natures mortes, dans un style sobre et raffiné qui deviendra sa signature.
"Simplicity is the key to all true beauty".
Le portrait ci-dessus, avec cet étonnant parti pris du haut du corps plongé dans la pénombre, est sous-intitulé Madame X as 'Megan' in Tân-y-Bryn.

dimanche 14 septembre 2008

O.W. Link - Solitude Siding, Virginia (1957)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe américain Ogle Winston Link (1914-2001), aujourd'hui reconnu pour son œuvre emblématique qui aura documenté les derniers jours de l’ère de la locomotive à vapeur aux États-Unis.
Né à Brooklyn, et formé au Polytechnic Institute, il s’intéresse dès son jeune âge à la photographie et à l’ingénierie, deux passions qu’il combinera de manière unique dans sa vie artistique et professionnelle.

O.L. - Hot Shot, Eastbound (1956)
Peu remarqué de son vivant, le travail de Link est aujourd’hui célébré comme une contribution majeure à la photographie documentaire.
Ses images, méticuleusement composées, témoignent d’un mode de vie et d’une technologie disparus, elles préservent la mémoire d’une époque révolue. Le musée qui porte son nom en Virginie conserve et honore cet héritage unique.

BH1

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dimanche 7 septembre 2008

P.J. - Le charmeur de serpents (1887)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres de Paja Jovanovic (1859-1957), figure majeure - avec Uros Predic - du réalisme et de la période académique serbe, et auteur d'une œuvre qui a profondément marqué l'histoire de l'art dans les Balkans.
Formé à l'Académie des beaux-arts de Vienne, il est influencé par le réalisme académique européen et par l'orientalisme, ce mouvement artistique qui idéalisait et exotisait les scènes de l’Orient, en vogue au XIXe siècle.
P.J. - La proposition

C'est un genre que j'ai toujours regardé avec un mélange de fascination et de réserve. D’un côté, cette esthétique souvent très appuyée, presque décorative et parfois même un peu kitsch, me laisse plutôt dubitatif ; elle évoque pour moi ces bibelots d’un exotisme un peu daté, voire de mauvais goût...
Mais d’un autre, impossible de ne pas être happé par ces visions d’ailleurs, par cette évocation d’un monde de voyages et de découvertes, à une époque où le mot “tourisme” n’existait pas encore. Ces toiles font rêver à un Orient fantasmé - celui des routes lointaines, des couleurs et des mystères, celui de Salammbô, des Lettres persanes et des Mille et une nuits - un Orient de papier, peut-être, mais qui continue d’attiser le désir de départ.
On ignore à quelle date fut réalisée la deuxième de ces toiles, qui fait partie d'une collection privée. Aux fleurs apparemment jetées au sol, on peut penser que la jeune femme d'abord assise à côté de son soupirant s'est brusquement levée. S'est-il montré trop entreprenant ?
Pour les femmes, vulnérables au murmure de l'âme, l'art de la séduction est fait de délicatesse, disait Romain Gary.
BV1

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samedi 6 septembre 2008

M. B-W. - American Woolen Co (1935)
Une image et des mots. Des ouvriers de la filature American Woolen Co., photographiés en 1935 par Margaret Bourke-White.
Les mots pour accompagner cette image sont extraits du pamphlet d'Alain Fleig, Lutte de con et piège à classe, publié chez Stock (1977).

Le discours de la révolution n'est rien d'autre que le discours du système. C'est avec les mots du maître que l'esclave nomme sa situation, sa révolte et ses espoirs et toutes les tentatives de prise de parole de ces dernières années, même si elles n'ont pas le profil de la lutte des classes traditionnelle, ne font qu'en réalité suivre le système, suivre ses lignes de faille.
Le système évolue et les petits révolutionnaires cavalent derrière, s'efforçant au fur et à mesure de retisser, comme de petites ouvrières leurs dentelles, tout ce qui craque dans la trame de leur théorie, sur le terrain que le système a précisément choisi de dévoiler, c'est-à-dire le terrain qu'il a déjà virtuellement abandonné.

AV1
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Shellie Garber - Still waters (2025) Une image et des mots. Un tableau de l'artiste américaine Shellie Garber.